Salon 3GSM: Sony Ericsson cherche des parts de marché

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Le fabricant voit ses ventes augmenter mais reste ‘scotché’ au sixième rang mondial, désormais dépassé par LG. La co-entreprise mise sur les téléphones 3G et les ‘photo-phones’ pour recoller au peleton de tête

En direct de Cannes Comme ses petits concurrents, l’année 2004 est un excellent cru pour Sony-Ericsson. Ventes en hausse, combinés appréciés? tout pourrait être parfait. Mais malgré une croissance plus rapide que celle du marché, la co-entreprise nippo-suédoise avance moins vite que la concurrence. Sony-Ericsson reste en effet scotché au sixième rang mondial en termes de parts de marché. Pire, le constructeur s’est fait dépassé par le sud-coréen LG durant 2004. Mais pour le groupe, cette vision globale ne correspond pas aux réalités. Pour Sven Totté, directeur du marketing de Sony Ericsson, ?il est inutile de comparer des chiffres globaux et mondiaux. Nous sommes ainsi les premiers dans de nombreux pays comme la Hongrie?, précise-t-il. Soit. Pour autant, le fabricant a besoin d’une véritable politique d’innovation pour combler son retard. Ainsi, après s’être fortement positionné, avec succès, sur le marché des photo-phones de qualité, le groupe entend désormais se concentrer en priorité sur la 3G tout en continuant à jouer la carte de la photo, carte qui a fait son succès depuis plusieurs trimestres. En France, Sony-Ericsson a lancé deux mobiles 3G présents chez Orange et SFR. ?Un très grand succès?, selon Sven Totté. Mais deux combinés, c’est peu. Deux nouveaux terminaux vont donc être lancés cette année en Europe et en France (chez quel operateur, mystère ?). Le K600 adresse l’entrée de gamme avec un modèle assez simplifié. Il doit permettre aux utilisateurs de migrer doucement entre le GPRS et l’UMTS sans rupture de leurs habitudes. De son côte, le Z800 est un modèle plus haut de gamme. ?De quoi proposer un porte-feuille complet?, souligne Sven Totté. Pour autant, le fabricant ne tire pas de plans sur la comète et ne prévoit pas de démarrage massif de la 3G en Europe. ?Il y a encore du travail à faire, notamment du côté de la pédagogie. Les mobiles doivent être plus simples d’utilisation et les services à la hauteur. Les fabricants doivent encore plus travailler étroitement avec les opérateurs?, explique le directeur marketing. Cette simplification des combinés passera-t-il par un changement de système d’exploitation ? Ce n’est pas à l’ordre du jour. ?Nous restons a 100% Symbian et ce n’est pas prêt de changer?, souligne Sven Totté. Pour autant, le groupe refuse de donner des prévisions de ventes de mobiles 3G par rapport au reste ou d’objectifs chiffrés sur ce segment: ?cela va dépendre de l’offre des opérateurs mais il y a trop de variables à prendre en compte comme le prix, les services”. Qui dit services, dit musique sur mobile. Chacun y va de son annonce: Nokia avec Real, Nokia avec Loudeye et Microsoft, Motorola avec iTunes (voir nos articles). On attend donc au tournant Sony-Ericsson qui devrait profiter des synergies avec Connect, la plate-forme de musique en ligne de Sony. Mais le fabricant prend le temps de réfléchir. Surtout, il ne veut pas proposer de systèmes fermés à l’image d’Apple. ?On ne veut pas se lier avec une seule solution?, prévient Sven Totté. ?Connect ne sera pas le seul à être présent dans nos mobiles. Nous voulons être le plus ouvert possible et cela implique également les systèmes de protection des droits (DRM)?. Pas de DRM exclusif et même du MP3 (!), à l’image de ce qui a été fait sur les nouveaux baladeurs numériques de Sony. ?Les formats propriétaires ne sont pas une bonne chose et nous avons d’ailleurs poussé Sony à ouvrir ses baladeurs au MP3. Encore une fois, il faut simplifier, sinon on avance pas?. Sony-Ericsson devrait présenter une innovation musicale en mars: wait and see!


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