Stockage data: VTL, ou librairies de bandes virtuelles sur disques – utiles ou futiles ?

Réseaux

Trois ans auront suffi à révolutionner les usages de sauvegarde et
d’archivage de données. L’arrivée dans les organisations de nouveaux supports,
comme les disques durs de forte capacité SATA2 ou les bandes LTO-3, a bouleversé
le paysage. Oui, mais…

Tout beaux, tout neufs, ces nouveaux supports, certes. Mais les procédures actuelles s’avèrent souvent complexes par rapport aux opérations manuelles que pratiquaient les exploitants dans les années 90.

Le choix de sauver sur bandes ou sur disques durs est devenu une question stratégique pour les DSI qui doivent ou devront rapidement trancher pour gérer l’explosion du volume des données .

En 1996, les PME-PMI et les grandes entreprises disposaient d’une architecture client?serveur et installaient, pour la plupart, sur chaque serveur , un lecteur de bande du type DLT ou DAT afin de sauver les données sans polluer le réseau local limité à des débits de 10 Mbits/s.

Un technicien était dévolu à ces opérations et devait vérifier chaque matin, cahier à la main, si la sauvegarde de chaque serveur (incrémentale ou totale) s’était bien passée!… et ainsi de suite.

Il semble évident aujourd’hui que la centralisation de ces opérations peut se faire sur un réseau Gigabit-Ethernet à l’aide d’un serveur pourvu d’un stockage RAID 5 sur lequel on installe le logiciel de sauvegarde-restauration choisi pour l’occasion. Cette automatisation peut se faire aujourd’hui sur bande, sur disque ou sur disque + bande. Attention : elle nécessite une expertise bien plus forte car les opérations diffèrent suivant le type de données à sauver et leur niveau de confidentialité: comptabilité, marketing, données commerciales, juridiques, développements logiciels, documents bureautiques, relations avec des tiers…

De même, les rapports de sauvegarde doivent être précis et détaillés afin d’éviter toute erreur qui pourrait être préjudiciable au plan de reprise d’activité engagé dans ces opérations délicates.

Passons au crible ces différentes options afin de dégager leurs avantages et leurs inconvénients:

– La bande a l’avantage du coût par giga-octet et au mètre-carré ; elle est exempte de pièces mécaniques, elle supporte la manipulation, le transport et présente une durée de vie d’une bonne dizaine d’années à condition de limiter le nombre de passages subis (jusqu’à 6.000 possibles avec la technologie VXA) . Elle est imbattable pour délocaliser ou pour l’archivage des données sur étagères: une cartouche LTO-3 contient jusqu’à 300.000 pages A4…

– En utilisant des grappes de disques sécurisées RAID5 comme des librairies de bandes virtuelles, les organisations peuvent réduire fortement leurs fenêtres de sauvegarde, de restauration, de duplication et de migration.

Elles peuvent alors écrire et surtout restaurer des données beaucoup plus rapidement qu’avec des bandes. Toutes les opérations de sauvegarde et de restauration peuvent être recréées à l’identique: complète, incrémentale ou différentielle.

En effet, des outils spécialisés vont créer virtuellement sur des espaces disques NAS et/ou SAN des librairies complètes (lecteurs et cartouches de votre choix, nombre de slots à définir). De tels outils existent, par exemple, chez Bakbone, Symantec/Veritas, CA (Arcserve), Falconstore…

Ces espaces disques, comme déjà dit, apportent un confort : l’administrateur peut déplacer les données virtuellement, depuis sa console.

L’idée force est de se donner un volume disque suffisant pour éviter l’acquisition d’une librairie à grand nombre de slots. On appréciera le choix d’un chargeur automatique (?autoloader’) compact (format 1 ou 2U) à coût réduit pour les entrées -sorties de cartouches, plutôt que d’acquérir et maintenir des librairies coûteuses, volumineuses et mécaniquement plus fragiles.

Il ne fait aujourd’hui aucun doute que les technologies bandes utilisées uniquement pour la sauvegarde sont en fin de vie car les technologies disques de type VTL (Virtual Tape Library) plus sûres et plus simples les remplacent avantageusement, mais leur avenir reste assuré pour les PRA (plans de reprise d’activité) et l’archivage .

Les concentrations industrielles (rachat de StorageTek par Sun, d’Adic par Quantum, d’Exabyte par Tandberg Data) sont la preuve tangible de ce mouvement de fond. Alors, pile ou face ? sortez votre pièce de 50 centimes !

Pile, on sauve sur disque ou VTL. Face, on archive sur bandes… A vous de jouer

PS: Le Musée d’Orsay, IN-LHC (groupe Zodiac), EDF ont retenu l’option… VTL.

(* ) consultant Intellique, chargé de cours.


Lire la biographie de l´auteur  Masquer la biographie de l´auteur