Thomas Jul (Nokia Siemens) : « Il faut monétiser le trafic mobile, sinon… »

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Antenne active, architecture dynamique Liquid Net, micro cellules, LTE… Nokia Siemens entend fournir aux opérateurs les solutions qui permettront de mieux monétiser leurs services.

De notre envoyé spécial à Barcelone « Nous devons continuer à accroître l’efficacité du réseau. Le LTE offre cette capacité, déclare Thomas Jul, responsable de la région Europe de l’Ouest chez Nokia Siemens Network (NSN) dans le cadre du Mobile World Congress de Barcelone (MWC 2012). Particulièrement en Europe qui prend du retard sur les États-Unis et le Japon, même si les déploiements du LTE n’y sont pas si rapides qu’on l’entend. »

Selon lui, il est avant tout nécessaire de trouver les moyens de monétiser le trafic. « La différenciation de qualité de service doit s’imposer, sinon… » Le responsable laisse sa phrase en suspens, mais il est facile de deviner la suite : sinon, les opérateurs risquent de connaître des heures noires. Une tendance partagée unanimement par les opérateurs, les équipementiers et les éditeurs (peut-être moins par les consommateurs). Ce qui nécessite notamment de personnaliser les services selon les profils d’utilisateurs.

Explosion des small cell

Pour autant, « il n’est pas nécessaire d’attendre le LTE pour lancer des services différenciant ». Selon Thomas Jul, l’infrastructure et les services en place permettent déjà de répondre à cette problématique. Notamment chez Nokia Siemens qui propose son système Flexi Multiradio Antenna qui permet de « cibler » un utilisateur ou une zone spécifique, actuellement en test chez Telecom Italia.

Le Flexi Multiradio Antenna System s’appuie sur l’Active Antenna System (AAS), élément clé de l’architecture Liquid Net qui adapte dynamiquement les ressources réseau selon les besoins. Multi fréquences, le nouveau système propose en fait de générer et agréger deux cellules radio depuis la même antenne. Selon l’équipementier, cela permettrait d’accroître la capacité de la station radio de 65 % et d’élargir sa couverture de 30 %, par rapport à des antennes traditionnelles.

Autre élément susceptible d’améliorer le réseau et, donc, la qualité de service : les small cell. Les « micro cellules » (en comparaison aux cellules radio initialement larges) ciblent des zones précises d’un environnement géographique et donc permettent de répondre aux besoins propres aux typologies du terrain (en matière de comportement des usages mobiles). « Les micro cellules vont devenir un élément très important du réseau », estime le responsable. Pour lui donner raison, le nombre de small cell passera de 3,2 millions en 2012 à 62,4 millions en 2016, selon l’analyste Informa Telecom. Elles constitueraient alors 90 % de l’ensemble des stations radio déployées.

À la conquête de l’Amérique

Néanmoins, c’est le LTE qui permet une réelle différenciation des services dans le traitement des données. Et Nokia Siemens présentait une solution pour gérer les services selon leurs protocoles (e-mail, web, P2P, vidéo…) « ce qui n’est pas possible en 3G », nous assure une démonstratrice sur le stand de l’équipementier à Barcelone.

Pour NSN, qui a reconfirmé dans le cadre du salon sa restructuration et réorientation sur l’offre mobile exclusivement, l’heure est néanmoins à la conquête de nouveaux marchés. Et l’équipementier espère bien affirmer sa présence aux États-Unis où il fournit en partie les éléments de réseau pour T-Mobile. « Nous voulons grossir, prendre des parts de marché », annonce Thomas Jul pour qui le territoire américain « est moins pressurisé par les prix qu’en Europe et plus focalisé sur la valeur du réseau, comme en Asie ». L’Amérique, terre d’espoir pour Nokia Siemens ?


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