Vente des semi-conducteurs IBM : une menace pour la Défense américaine ?

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La vente de l’activité de fabrication de semi-conducteurs d’IBM à GlobalFoundries soulève des interrogations sur la sécurité nationale au sein du gouvernement américain.

En début de semaine, IBM a annoncé qu’il cédait son activité de fabrication de semi-conducteurs à GlobalFoundries. Big Blue va payer 1,5 milliard de dollars à GlobalFoundries pour que ce dernier accepte de reprendre ses usines. Mais cette opération ne fait pas que des heureux, notamment le gouvernement américain qui s’inquiète des conséquences sur la sécurité nationale. En effet, IBM est un fournisseur important en matière de Défense.

GlobalFoundries est certes basée aux Etats-Unis, mais la firme est détenue par des investisseurs d’Abu Dhabi (membre des Emirats Arabes Unis). IBM a indiqué qu’il gardait la R&D et le design des semi-conducteurs et que l’accord ne concernait que la fabrication. Ce dernier point comprend notamment la réalisation de composants pour les systèmes de défense américains. Interrogé par nos confrères de Computerworld, Jason Gorss, porte-parole de GlobalFoundries a expliqué : « nous sommes en pourparlers avec le gouvernement américain sur les questions liées à la sécurité et nous pensons qu’il existe des solutions pour répondre aux questions de sécurité nationale ». Il rappelle que la société avait passé avec succès un examen lié à ces questions et mené par le gouvernement lors du rachat des actifs d’AMD en 2008 : « nous sommes familiers avec ce processus ».

Inquiétude autour des actionnaires de GlobalFoundries

Selon un militaire haut gradé à la retraite, John Adams, qui a rédigé un rapport sur les vulnérabilités de la chaîne d’approvisionnement en matière de sécurité nationale par les Etats-Unis, cette vente « doit être étudiée de près et analysée ». Il met en avant l’examen de l’origine des actionnaires de GlobalFoundries. « Je ne veux pas dénigrer Abu Dhabi, mais il ne s’agit pas du Canada » et d’ajouter que « la vente d’une partie de nos chaînes de production de semi-conducteurs est en fait une mauvaise nouvelle ». Pour mémoire, ce genre d’inquiétudes a été soulevé en France lors de la cession des activités serveurs x86 d’IBM au chinois Lenovo. L’armée française s’inquiétait de la possible mise en place de backdoor ou logiciels espions au cœur même du silicium.

Pour contrer ces insinuations, Jason Gorss souligne que les Emirats Arabes Unis ont des relations étroites avec l’industrie de la Défense américaine. Ils ont acheté notamment des avions de combats F-16 et des systèmes de défense anti-missile. Par ailleurs, 5 000 militaires américains sont basés dans ces pays pour épauler les efforts de lutte contre l’Etat Islamique.

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