Vodafone rassure

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Résultats supérieurs aux attentes et objectifs confirmés pour l’opérateur
britannique

Maître étalon des opérateurs mobiles européen, les résultats de Vodafone sont généralement attendus avec angoisse. Pour le semestre clos au 30 septembre, le groupe britannique fait état d’un bénéfice avant impôt, charges financières, dépréciation et amortissement (Ebitda) de 6,24 milliards de livres sterling (9,26 milliards d’euros) pour un chiffre d’affaires de 15,6 milliards.

“Ces résultats montrent que Vodafone est en passe d’atteindre ses principaux objectifs pour l’exercice en cours. Les pressions concurrentielles et réglementaires en Europe ont été compensées par de bons résultats dans nos marchés en développement et aux Etats-Unis”, a déclaré dans un communiqué le directeur général du groupe, Arun Sarin.

Le groupe a confirmé tabler pour l’exercice sur une croissance organique de 5% à 6,5% du chiffre d’affaires de ses activités de téléphonie mobile et sur une diminution d’un point de sa marge d’Ebitda.

Vodafone a néanmoins annoncé une nouvelle charge de dépréciation de 8,1 milliards de livres liée à ses activités en Allemagne et en Italie, qu’il explique par l’augmentation des taux d’intérêt d’une part, les pressions sur les prix et le durcissement de la réglementation en Allemagne d’autre part.

La question de la ‘montée’ dans SFR a une nouvelle fois été posée. Et Sarin a expliqué une nouvelle fois à la presse que le groupe était satisfait de sa participation de 44% dans le français, jugeant “très improbable” l’hypothèse d’une cession de ses parts à l’autre grand actionnaire de ce dernier, Vivendi.

“Je dirais que nous sommes clairement et fermement en position de maintenir notre position dans SFR. Si nous étions intéressés par une augmentation de notre participation, nous étudierions la question au juste prix. Nous sommes satisfaits de ce que nous avons”, a-t-il dit.

Par contre, il a aussi expliqué que son groupe pourrait envisager de vendre ses 25% de l’opérateur helvétique Swisscom “si une offre en bonne et due forme était mise sur la table”.

Ces résultats constituent un ballon d’oxygène pour Vodafone qui a traversé une passe très difficile. Après avoir publié une perte abyssale (déficit annuel de 31,8 milliards d’euros), le groupe a souffert de la concurrence en Europe et a bu la tasse au Japon (lire nos articles). Une stratégie jugée opaque a également poussé des actionnaires à réclamer en vain la tête d’Arun Sarin, le patron de Vodafone.

Ce dernier a multiplié les signes pour rassurer. En juin, le directeur général s’est engagé à distribuer trois milliards de livres sterling supplémentaires à ses actionnaires et à augmenter ses dividendes. Par ailleurs, une nouvelle organisation a été mise en place avec trois directeurs en charge respectivement de l’Europe, des autres filiales et des technologies. Côté stratégie, Vodafone va étendre son écosystème au haut débit. Il revendra des abonnements DSL en Allemagene et en Italie. Traduction, le groupe va s’attaquer au marché des lignes fixes alors qu’il se concentrait exclusivement sur le mobile. Enfin, le géant entend poursuivre ses investissements dans la 3G (plus de 10 millions d’abonnés) et dans le HSDPA, qui permet des débits plus rapides.


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