PME : mesurez-vous aux plus grands !

Les défis IT liés à la société du très haut débit

Les PME accusent un retard significatif en matière de déploiement de réseau très haut débit. Des questions de coût et un manque de concurrence sont à l’origine de ce retard. Pourtant, sans réseau très haut débit les entreprises perdront en compétitivité.

Alors que la Commission européenne positionne la fibre optique comme technologie pour répondre aux futurs enjeux IT au niveau européen, la France s’est engagée à raccorder 80 % des foyers en fibre optique d’ici 2022.

Sergio Trigo, Loumio« Ainsi, le Gouvernement français a décidé le déploiement du très haut débit (THD) sur l’ensemble de la France d’ici à 2022. Depuis fin 2016, 50 % de la population en bénéficie, avec un an d’avance sur le calendrier prévu. Pourtant, malgré les enjeux de la nouvelle économie numérique, en 2015 seules 7 % des entreprises de 0 à 49 salariés étaient équipées de fibre optique et 27 % pour celles comprises entre 50 à 499 salariés (source Orange). Les PME accusent donc un retard significatif en matière de déploiement de réseau très haut débit », souligne Sergio Trigo, Chief Business Officer chez Loumio.

 

Réseau THD : un marché professionnel verrouillé

Pour Sergio Trigo, deux raisons sont à l’origine de ce retard : le nombre trop restreint d’acteurs présents sur le marché et le coût jugé trop excessif par les PME des offres qui leur sont réservées.

Dans ce contexte, il n’est d’ailleurs pas rare de voir certaines entreprises souscrire des abonnements grand public « car si la concurrence des offres fait rage sur le marché grand public, le marché des entreprises reste verrouillé, souligne notre expert. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle depuis des mois les opérateurs réclament l’ouverture du réseau déployé par Orange et que des voix s’élèvent pour réclamer l’ouverture du marché de la fibre à d’autres acteurs qu’Orange ou SFR. C’est ainsi qu’Alternative Télécom demande une “ouverture de la fibre pour entreprises à des acteurs sans large infrastructure”, que l’AOTA (Association des opérateurs télécoms alternatifs, association visant à défendre les intérêts des petits opérateurs indépendants, NDLR) veut “peser davantage auprès du régulateur et des grands acteurs du secteur” ou encore que l’ARCEP souhaite “faire émerger un troisième opérateur d’infrastructure” », insiste notre expert.

Sans THD, toute transformation numérique de l’entreprise est impossible

Or, à l’heure où les entreprises doivent opérer leur transformation numérique, cette situation est préjudiciable. Ainsi sans une accélération significative du déploiement d’un réseau THD, les entreprises françaises risquent de perdre en compétitivité. Le Big Data et l’IoT, par exemple, nécessitent de la puissance de calcul et de traitement, de la capacité de stockage et un excellent fonctionnement du réseau pour transporter tout le flux de données. « Sans un réseau performant, une entreprise ne peut mettre en œuvre sa transformation numérique, pourtant essentielle à sa pérennité et source de nouveaux business », précise Sergio Trigo.

À l’heure où les usages et les applications numériques gourmands en bande passante explosent, les entreprises doivent se doter d’un réseau capable de satisfaire ces demandes. « Sans cela la France n’aura pas les moyens d’être une grande puissance économique dans l’écosystème numérique de demain », conclut Sergio Trigo.