IBM envoie Roland Garros dans le nuage

Réseaux

IBM vient d’ouvrir la version 2011 du site Roland Garros. Données en temps réel, ouverture vers les réseaux sociaux et déportation de l’infrastructure en mode cloud computing constituent les principales nouveautés.

Roland Garros ouvrira ses portes dans onze jours pour deux semaines (22 mai – 5 juin). Mais le site web de l’événement sportif (rolandgarros.com) a, lui, ouvert ses pages aujourd’hui, jeudi 5 mai. Comme les fois précédentes depuis 1996, il est mis en oeuvre par IBM (partenaire du tournoi depuis 1985). Outre les informations pratiques et les contenus multimédia (photos, vidéos…), la plate-forme permettra de suivre les résultats des matches mais aussi les statistiques sur les performances des joueurs. Le tout en temps réel.

Un suivi des rencontres en direct assuré par la fonction ‘PointStream’ qui fait ainsi son apparition dans la version 2011 du site. Balles de break, ace, fautes directes et doubles fautes, montées au filet, vitesse de la balle (qui s’affiche directement sur le court), etc., seront disponibles à travers des graphiques dynamiques. Il suffira de positionner la souris sur une balle jouée pour afficher ces différentes statistiques. A défaut d’en avoir un aperçu sur le site de Roland Garros (faute de matches en cours), on pourra se tourner vers la version encore en bêta dédiée à l’Open d’Australie pour se faire une idée.

Des outils pour les visiteurs et les entraîneurs

Autre fonction innovante du site, le ‘SlamTracker’ (les localisations françaises des termes auraient été bienvenues au passage) qui permet à l’internaute de personnaliser le suivi d’un joueur (ou joueuse) précisément (jusqu’à 5 concurrents peuvent être sélectionnés). Un outil pour les fans mais aussi pour les entraîneurs qui peuvent s’appuyer sur le SlamTracker pour identifier les adversaires potentiels à venir de leur poulain.

Deux outils disponibles pour les visiteurs du site qui serviront donc aux professionnels du secteur, à commencer par les joueurs. « IBM est devenu mon deuxième entraîneur », déclare Fabrice Santoro qui accompagnait IBM à l’occasion de la présentation du site web. Certes, le joueur français ayant mis un terme à sa carrière il y a bientôt deux ans ne bénéficiera pas des derniers outils mis au point par Big Blue. Mais il faisait référence au DVD multimédia que la société d’Armonk remettait aux joueurs dès la fin de leurs matches avec les images de la rencontre et les statistiques qui permettaient au sportif une auto analyse, avec son entraîneur, de ses performances.

IBM intègre les réseaux sociaux

En 2011, IBM ne pouvait pas faire l’impasse sur les réseaux sociaux. Le site s’inscrit ainsi comme l’intégrateur des outils Facebook et Twitter. « Le site est passé d’un modèle statique à une interaction avec les réseaux sociaux pour favoriser les échanges entre passionnés », résume Didier Barbé, directeur marketing communication chez IBM France.

La mobilité n’est pas oubliée non plus. Outre le site mobile (m.rolandgarros.com) accessible depuis tout téléphone équipé d’un navigateur web, des applications dédiées doivent faire leur apparition. IBM reste encore discret sur les partenariat à venir. Mais l’incontournable iPhone devrait être dans la course. Tout comme BlackBerry présent sur le site du tournois australien. La question demeure pour Android.

Le cloud pour partager les informations

« Tout l’enjeu pour IBM est de bâtir le système pour assurer la mise à disposition des ressources en temps réel », justifie Didier Barbé. Pour parvenir à mettre en oeuvre ce smarter computing, l’ensemble des services est assuré par une infrastructure ad hoc placée, cette année, en mode cloud computing privé. IBM laisse quelques serveurs System X sur place pour assurer la collecte des données en local, lesquelles sont traitées dans trois data center(mis à jour en Power 7) situés aux Etats-Unis. Une infrastructure matérielle (et logicielle), qui permet d’assurer l’alimentation des flux informations envoyés aux médias du monde entier (dont plus de 150 chaînes de télévision) qui vont notamment aider les animateurs sportifs à appuyer leurs commentaires. C’est qu’il s’agit de supporter plus de 9 millions de visiteurs uniques et 34 millions de visites, et délivrer 333 millions de pages, selon la fréquentation du site relevée en 2010.

Cette mise en nuage permet d’optimiser l’infrastructure à travers la consolidation des différents équipements (serveurs, commutateurs et pare-feux) nécessaires à la couverture du tournoi. C’est aussi un moyen de partager facilement les services et données avec l’ensemble des tournois du grand chelem dont IBM assure le traitement informatisé (Roland Garros, Wimbledon, l’US Open et l’Open d’Australie). « Les quatre responsables des systèmes d’information des quatre tournois travaillent ensemble », explique Didier Barbé. Ce qui permet de faire évoluer les solutions plus rapidement. « Ce qui s’est passé à l’Open d’Australie nous sert pour Roland Garros. » IBM fait, à sa manière, son grand Chelem.


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