L’Europe constitue le plus gros marché de Huawei

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Wang Yeming (à gauche), directeur général, François Quentin (milieu), président du conseil d'administration, Philippe Perrin (à droite), directeur général adjoint.

Soutenu par une bonne santé financière et fort d’une puissante innovation, Huawei entend renforcer sa présence en Europe à travers les services aux entreprises et, en France, la montée de débits fixes et mobiles.

Créé en Chine en 1988 « à partir de rien », rappelle François Quentin, président du conseil d’administration en France, Huawei a affiché un chiffre d’affaires de 32,4 milliards de dollars environ en 2011 (203,9 milliards de CNY). Soit une croissance de 11,7 % sur l’année, entraînée par les 39,2 % de progression de la zone Amérique. « Aux États-Unis, notre croissance est de 100 % », assure le porte-parole de Huawei France.

Les résultats se répartissent autour de trois activités principales : l’équipement opérateurs, le cœur de métier de la société, qui génère 75 % de son chiffre d’affaires (23,5 milliards de dollars, +5,2 %) ; l’offre consommateur qui compte pour 22 % (+46,5 % à 7,1 milliards) ; et les services entreprise, division créée en 2011, qui génèrent déjà 5 % du CA (1,8 milliard).

L’entreprise chinoise se garde néanmoins d’afficher ses revenus nets par régions et secteurs. À l’échelle mondiale, ceux-ci s’élèvent à 1,8 milliard de dollars. « Un résultat net honorable », estime François Quentin malgré une baisse de la marge brute de 6,5 points à 37,5 % pour un résultat opérationnel en recul de 39 % (2,9 milliards) que le responsable explique par la hausse des investissements de R&D de 34 % et une année financière chaotique avec un taux de change défavorable qui a poussé l’entreprise présente dans 140 pays à revoir son organisation financière. « La situation s’est traduite en dépenses exceptionnelles, sans cela, la rentabilité aurait été meilleure », assure le responsable.

Se rapprocher des clients

Autant de chiffres audités par le cabinet KPMG et communiqués fin avril à l’occasion d’une conférence donnée à Shenzhen. Une preuve de transparence alors que, non cotée, Huawei n’a aucune obligation de les communiquer. La direction française est revenue sur ces résultats à l’occasion d’une conférence de presse donnée dans la matinée. L’occasion de faire le point sur la stratégie européenne et française du géant chinois.

L’Europe, justement, constitue désormais le plus gros marché de Huawei. Sur la zone EMEA (région Europe, Moyen-Orient, Afrique), l’équipementier réalise 11,6 milliards de dollars (+12,6 %), soit 36 % de son CA. À titre de comparaison son marché local, la Chine, compte désormais pour 32 % de son CA (à 10,4 milliards, +5,5 %). Et 3,75 milliards pour la seule Europe, en hausse de 26 %. « Une croissance plus élevée que la moyenne » fait remarquer François Quentin. Le vieux continent est donc une région stratégique que Huawei bichonne en s’installant au plus près des clients et utilisateurs.

« Plus Huawei se développe et plus nous devons nous rapprocher des clients pour mieux servir les services aux entreprises et adapter les interfaces produits aux consommateurs locaux », explique le président des administrateurs. Ce qui se traduit par la présence de 37 filiales sur les 27 pays de l’Union européenne, où officient 7000 personnes (dont 600 en R&D). En Europe, la société dispose de 3 centres d’assistance technique, 9 centres de formations multilingues, et 6 centres de R&D (sur 23 dans le monde).

La France portée par le très haut débit

La France, où Huawei s’est installé en 2003, réalise pour sa part 216 millions de dollars de CA. Comme pour les autres régions, l’entreprise couvre les activités d’équipementier pour opérateurs de télécommunication, l’offre entreprise (depuis 2011) et les produits consommateurs, smartphones, tablettes et modem sans fil/clé USB principalement. Suite de l’article…


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