Orange Essentiels 2020 : un plan à 15 milliards d’euros dans le réseau

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Accélérer sur le très haut débit, se développer dans l’Internet des objets et les services financiers, revoir son management et améliorer ses services clients constituent les grandes lignes du nouveau plan stratégique d’Orange.

Stéphane Richard a présenté, ce matin, le nouveau plan quinquennal d’Orange. Baptisé Essentiels 2020, il prolonge la stratégie Conquête 2015 initiée en 2011 et qui, dans les grandes lignes, s’est illustrée par le renouvellement du mandat de son PDG, les débuts du très haut débit fixe (fibre) et mobile (4G), l’arrivée du 4e opérateur mobile (Free) et la concurrence violente (qui a entrainé l’arrivée d’offres sans engagement), la montée en puissance des grands acteurs du web (OTT), la consolidation du marché (fusion Numéricable-SFR en France, acquisition de Jazztel en cours, cession d’EE au Royaume-Uni…). Bref, « un monde bouleversé par la révolution digitale (sic) » dont l’opérateur entend tirer profit dans les années à venir et amorcer son retour à la profitabilité. Au niveau monde, Orange prévoit en 2018 un chiffre d’affaires supérieur à celui de 2014 et un retour aux bénéfices (Ebitda retraité). « Avec un point bas attendu en 2015 », prévient Stéphane Richard mais une stabilisation du chiffre d’affaires en France en 2017.

Pour y parvenir, le groupe met en place 5 grands leviers de croissances : la poursuite du développement de l’infrastructure réseau; l’amélioration de la relation client et l’élargissement de ses services de distribution (avec l’ouverture de nouvelles boutiques); la réorganisation de son management interne, notamment en développant de nouvelles compétences (dont la data science); poursuivre le développement de son activité entreprise Orange Business Services (OBS) en accompagnant les clients vers les nouveaux services numériques; et diversifier les revenus avec l’Internet des objets et les services financiers (avec l’objectif de générer 1 milliards d’euros de chiffre d’affaires sur ces deux activités à l’horizon 2020).

20 millions de lignes FTTH en 2022

Nous nous concentreront sur la partie réseau dont l’objectif est simple : « Donner accès à une infrastructure de premier plan et creuser l’écart dans les réseaux très haut débit (THD) », a indiqué Stéphane Richard. Notamment en multipliant les débits par 3 d’ici trois ans. Pour cela, Orange annonce 15 milliards d’euros d’investissements monde entre 2015 et 2018. Des volumes dans la droite ligne des 5,3 milliards d’investissements de 2014 mais qui, en matière de proportion, devraient atteindre des pics en 2016 et 2017 à 16% du chiffre d’affaires (contre 14,3% en 2014). Les investissements seront particulièrement consacrés aux infrastructures fixes (dont 4,5 milliards d’euros dans la fibre) et mobiles (5 milliards d’euros).

Sur le fixe, il s’agit, particulièrement en France, de ne pas se laisser distancer par l’infrastructure THD de Numericable-SFR qui compte 6,4 millions de prises à plus de 30 Mbit/s aujourd’hui et vise les 12 millions en 2017. C’est également l’ambition d’Orange qui va accélérer ses déploiements FTTH (fibre à domicile). Le groupe veut couvrir 12 millions de foyers en fibre dès 2018 et 20 millions pour 2022 (dont 6 millions en zones denses et 14 en zones moyennement denses) contre 3,6 millions aujourd’hui. Dans la droite ligne du plan France Très Haut Débit du gouvernement qui entend couvrir l’ensemble du territoire à cette date en haut et très haut débit. Il restera à voir si la concurrence que se livreront Numericable-SFR et Orange ne se concentreront pas sur leurs marchés communs au risque de délaisser le reste du territoire.

L’accélération du THD fixe se poursuivra à l’international. En Espagne, d’abord, avec la finalisation de l’acquisition de Jazztel en Espagne (quand la Commission européenne aura donné son feu vert) qui ouvrira l’accès à 10 millions de logements raccordables en fibre. En Pologne, ensuite, où Orange déploie depuis cette année son propre réseau de fibre. En Belgique enfin où l’opérateur teste une technologie câble, prédominant sur ce marché, et lancera en 2015 une offre TV. Une maîtrise dans la palette de technologies qui permettra à l’opérateur de mettre en œuvre sa stratégie de convergence fixe-mobile prometteuse de fidélisation de client et de génération de valeur dans l’ensemble de ses territoires en Europe notamment.

Couvrir 95% de la population européenne en 4G

Côté mobile, il s’agit de « garder le leadership sur la 4G en extérieur comme en intérieur ». Sur la communication en intérieur, Orange lancera la voix sur Wifi dans le courant de l’année. Cela permettra aux utilisateurs de téléphoner en Wifi depuis leur smartphone via n’importe quelle box du marché. L’idée étant de « faire disparaître les coupures d’appel ». L’opérateur va renforcer son infrastructure 4G pour couvrir 95% de la population européenne (notamment, en France, 100% des lignes TGV, du métro parisien et des 10 principales autoroutes) en 2018. La 4G sera également lancé dans 7 pays de la zone Afrique-Moyen Orient (AMEA) cette année et généralisé sur la majorité des pays de la zone pour 2018.

Enfin, la modernisation des infrastructures est à l’œuvre avec l’adoption du Cloud et la virtualisation des fonctions réseaux. La souplesse de gestion qu’apporteront la programmation des fonctions réseau et leur automatisation permettra à Orange de se préparer à l’arrivée de la 5G, « une infrastructure radio adaptée à l’Internet mobile et l’Internet des objets avec une économie entièrement numérique qui réduira notre structure de coût et nos émissions de CO2 », avance Stéphane Richard. Une évolution soutenue avec le basculement vers le tout IP. Mais la fin de l’usage de la voix analogiques pour la VoIP ne verra probablement pas le jour avant 2020 du côté des entreprises, nous précise Thierry Bonhomme, directeur exécutif d’Orange Business Services. Si les services data s’appuient aujourd’hui sur les infrastructures IP, la moitié des organisations continuent d’utiliser des services voix analogiques. La généralisation du « All IP » est donc bien parti pour déborder, et de loin, au-delà du plan Essentiels 2020.


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