Rapport ESCO : le Royaume-Uni sur les traces d’ARM

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Le rapport ESCO commandé par le gouvernement britannique afin de stimuler la croissance du secteur électronique au Royaume-Uni vient de livrer ses conclusions.

Faire croître de 55% le secteur de l’électronique au Royaume-Uni, c’est ce que le gouvernement britannique aimerait réaliser en 7 ans.

Dans cette optique, un rapport baptisé ESCO (pour Electronic Systems : Challenges and Opportunities) a été commandé il y a 18 mois par le ministère du Commerce, de l’Innovation et des Compétences auprès de membres éminents de ce secteur, dont ARM et Imagination Technologies qui, pour l’occasion, se sont assis autour d’une même table pour discuter.

Le secteur de l’électronique, un enjeu global

Jamie Urquhart de Pond Ventures qui a présidé ESCO, explique l’omnipotence du secteur de l’électronique : « Cette technologie est la base de presque toutes les facettes de nos vies, des communications aux soins de santé en passant par le transport et l’éducation. »

Il estime par ailleurs qu’un tel rapport doit permettre de stimuler la croissance du secteur de l’électronique au Royaume-Uni. « En travaillant en étroite collaboration pour mettre en œuvre les recommandations nous pouvons parvenir à une croissance économique significative. »

Le modèle visé est celui de sociétés telles que Samsung et LG basées en Corée du Sud, un pays avec un PIB pourtant plus faible que celui du Royaume-Uni.

ESCO livre un constat, mais surtout des conclusions et des initiatives. Les industriels du secteur se félicitent en particulier des modifications apportées par le gouvernement à l’égard des crédits d’impôt dans le cadre de la R & D et du financement d’amorçage pour les startups. Ces mesures doivent être maintenues afin de porter leurs fruits. Le rapport suggère également des liens plus ténus entre le gouvernement et les industriels.

Pour parvenir à acquérir une masse critique, il faudrait que les ventes générées par l’industrie électronique estimées à 91 milliards d’euros en 2012 atteignent 140 milliards d’euros d’ici 2020. Une telle croissance nécessiterait la création de 150 000 emplois supplémentaires dans ce secteur qui entrerait alors dans le top 5 en termes d’emplois générés avec plus d’un million de postes.

Enfin, le secteur de l’électronique devrait peser à hauteur de 7,1% du PIB en 2020 contre 5,4% actuellement.

Des recommandations clés et un avertissement

Mais le rapport ESCO va plus loin dans son analyse et met en avant plusieurs recommandations clés. Les compétences des jeunes sont un enjeu majeur tandis que la formation d’un groupe de réflexion devrait permettre d’identifier les futurs secteurs de croissance.

Le rapport souligne notamment que de graves pénuries pour certaines compétences de haut niveau font obstacle à la croissance et qu’il y a une nécessité d’attirer davantage les jeunes les plus brillants dans les carrières industrielles, avec un accent particulier mis sur la sensibilisation quant à l’importance de ce secteur, les possibilités de carrière, l’apprentissage et les initiatives de compétences supérieures.

Enfin, ARM, par la voix de son PDG, Warren East, semble montrer le chemin de la réussite : « ARM a démontré que les entreprises britanniques peuvent réussir à atteindre un leadership mondial à partir d’une base britannique. Pour nous assurer que nous pouvons créer plus de sociétés dans la veine d’ARM, les industriels et le gouvernement doivent stimuler le changement. »

Un encouragement en forme d’avertissement, car le rapport ESCO précise bien qu’un échec pour booster le rôle de l’électronique dans la production de richesses aux Royaume-Uni aura un impact négatif sur tous les secteurs industriels et de l’économie britannique dans son ensemble.

L'électronique, un secteur global
L’électronique, un secteur global
Les éléments clés de la croissance
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