Silver économie : les seniors sont aussi un marché pour la filière IT

Régulations

En 30 ans, le nombre de personnes âgées de plus de 60 ans devrait croître de 80% en France. D’après le rapport du Commissariat général à la stratégie et à la prospective sur la « silver économie », il s’agit là d’une opportunité pour le secteur des technologies avancées (domotique, robotique, m-health…).

Le marché des produits et services à l’attention du troisième âge, des fringants retraités aux personnes dépendantes, offre de nouvelles opportunités à la filière IT. En témoigne le rapport de 112 pages sur la « silver économie » réalisé par le Commissariat général à la stratégie et à la prospective (CGSP) et remis ce jeudi 5 décembre à la ministre Michèle Delaunay.

Entre 2005 et 2035, le nombre de personnes âgées de plus de 60 ans en France devrait croître de 80%. Un Français sur trois ferait alors partie de cette population vieillissante. Cette mutation démographique peut-elle être source de croissance pour l’économie française ? Au-delà des services à domicile, peut-on envisager le développement d’une véritable filière « silver » servant de levier à des secteurs comme les technologies avancées ? D’après le rapport du CGSP, la réponse est positive.

La domotique pèserait 1 milliard d’euros en 2015

Les technologies pour l’autonomie ne sont qu’une porte d’entrée pour la silver économie. Il existe d’autres opportunités de croissance, dans la domotique notamment. Selon le cabinet Xerfi, le marché français de la maison intelligente (domotique traditionnelle, domotique avec box et objets connectés) devrait croître de 35% par an pour atteindre 1 milliard d’euros en 2015. Les opérateurs télécoms et les géants informatiques, de SFR à Bull, plus que les fabricants de matériel, sont en position de force sur ce créneau.

La robotique de service personnelle

La robotique de service est également prometteuse. D’après un rapport PIPAME-DGCIS de 2012, le marché devrait doubler entre 2010 et 2015, et la robotique personnelle atteindre à l’échelle mondiale 8 milliards de dollars (18 milliards pour la robotique professionnelle). Il s’agit pour l’essentiel de marchés de masse tirés par les coûts, pour lesquels l’industrie française ne serait « pas armée ». En revanche, la France est un acteur visible au niveau international sur des marchés de niche, avec des entreprises comme Aldebaran Robotics et Medtech.

L’e-santé et ses applications

L’économie des seniors ne saurait faire l’impasse sur l’e-santé (téléassistance, télémédecine, m-health). Cet écosystème est constitué de jeunes entreprises spécialisées dans les objets connectés et applications dédiées (dont le français Withings et ses concurrents américains Jawbone et Fitbit) et de poids lourds du numérique comme Apple ou Samsung. Mais aussi, d’éditeurs de logiciels (Medisys, Corwin…), de SSII (Atos ou Sopra Group), d’opérateurs (Orange…), de fonds d’investissement et d’assureurs.

Le marché français de la télémédecine a été estimé, en 2010, entre 80 et 140 millions d’euros, celui de la télésanté entre 200 et 300 millions d’euros. Le nombre d’acteurs a été évalué à 200 entreprises et le nombre d’emplois de la filière à 2000, avec des hypothèses de croissance de l’emploi de 13 à 28% dans les 3 à 5 ans (source : Télémédecine 2020 – Syntec Numérique).

On l’aura compris la filière « silver économie » promue par les ministres Arnaud Montebourg (Redressement productif) et Michèle Delaunay (Personnes âgées et autonomie) serait bien porteuse de croissance et d’emplois pour la France ces prochaines années. Mais, son développement n’en est qu’à ses prémisses, alors qu’aux États-Unis, le taux de croissance de ce marché est déjà estimé à 12% par an.


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Auteur : Ariane Beky
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