Usages numériques : vers la disparition des frontières professionnelles et privées?

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Depuis les salons, les usages numériques ont migré vers les bureaux. Qui s’introduisent à leur tour dans les salons…. Jusqu’où ira l’hybridation des usages numériques ? Le point avec le 3e baromètre Microsoft, sur les enjeux numériques

En matière d’usages numériques, l’innovation vient du comportement du grand public. Mais les frontières entre le domaine personnel et professionnel sont de plus en plus floues, d’après les conclusions du 3e baromètre Microsoft sur les enjeux numériques. Le sondage a été mené en ligne par Ipsos auprès de deux échantillons, des étudiants de moins de 30 ans, et des actifs 18 à 65 ans. Il a été présenté le 28 avril, au Campus de Microsoft, lors d’une « Matinée Innovation Windows » consacrée à l’hybridation des usages numériques privés et professionnels.

«  Aujourd’hui, le numérique fait partie de la vie privé et de la vie professionnelle, et il existe une imbrication forte entre les deux », constate Brice Teinturier, directeur général délégué d’Ipsos, lors de la présentation de l’étude. Concrètement, c’est un processus d’hybridation auquel on assiste, au niveau de l’appropriation des technologies, de leur utilisation et même, dans une certaine mesure, du matériel. D’après l’enquête en ligne, un actif sur deux considère que le numérique fait partie de sa vie privée autant que de sa vie professionnelle.

« Dans 71 % des cas, les utilisateurs ont commencé à utiliser des technologies d’abord dans leur vie privée, puis dans le travail », rapporte Brice Teinturier. Mieux, « 89 % des Français actifs se sont formés seuls à la maison », dévoile-t-il. Et les effets de cet apprentissage domestique sur la sphère professionnel se mesurent en termes de confort de travail, d’efficacité, et même, pour le tiers des travailleurs indépendants, en créativité accrue.

Curiosité, d’après les sondés, l’apprentissage domestique serait plus efficace que celui en entreprise. Autant pour la formation professionnelle… Toutefois, l’apprentissage des technologies dans la vie professionnelle a également un impact positif dans la vie personnelle : «  On maîtrise mieux les technologies pour ses loisirs, pour gérer son quotidien », note Brice Teinturier.

Un avenir hybride ?

Les passerelles entre la sphère privée et publique ne se limitent pas à Google ou Word. «  Les usages sont de plus en plus transversaux », analyse Brice Teinturier citant des outils comme le PC, pack office, les e-mails… Mieux, il existe « une percée dans l’entreprise, des usages nés dans le grand public, comme les applications qui servent à lire des vidéos ». Toutefois, si les usages fusionnent, les équipements sont encore dédoublés. Le plus souvent, on est équipé deux fois : 2 PC portables, 2 comptes e-mails, 2 abonnements Internet… A l’avant-garde, «  le smartphone est emblématique de la convergence entre les usages professionnels et personnels », note Brice Teinturier.

Au jeu de l’hybridation, la mobilité est un facteur déterminant. Et l’avenir semble bien être celui de l’hybridation à tous les niveaux : un actif sur deux peut imaginer utiliser des outils numériques acquis à titre privé dans le cadre de son travail (contre remboursement), d’après l’étude. Mieux, les étudiants interrogés sont encore plus favorables que les actifs à l’hybridation des usages. Ainsi, si 80 % des actifs n’imaginent pas travailler sans accès Internet, ce taux grimpe à 96 % chez les étudiants. Et si les trois quart des personnes interrogées estiment important que leurs équipements informatiques permettent d’allier usages personnels et professionnels « sans rupture d’expérience », ce taux monte à 87 % chez les étudiants. Les entreprises sont prévenues…

Des limites

Il demeure toutefois quelques « réticences » à l’hybridation, souligne Brice Teinturier. C’est le cas pour certains usages. Sur le réseau social Facebook par exemple, plus de 40 % des actifs préfèrent conserver un usage séparé. « il y a une volonté de protéger la vie privée, dans 34 % des cas. Le décloisonnement ne signifie pas l’abolition », analyse Brice Teinturier. Conséquence : les individus expriment une certaine « tolérance, vis-à-vis des employeurs qui restreignent l’accès à des outils numériques », note t il.

Sélective sur les usages, l’hybridation est également limitée sur le plan matériel, comme le montraient les différents terminaux – eux-mêmes hybridation d’ordinateurs portable et de tablettes – exposées par Microsoft lors de la matinée. La tendance : le PC en forme d’ardoise, doté d’un écran tactile, éventuellement prolongé d’un stylet, et, toujours, d’une connexion en wifi et 3G.

Rapidité de démarrage à froid, pour certains Samsung : 10 secondes. Plus innovant et original, double écran 14 pouces chez Acer Iconia, dont celui du bas fait office de clavier tactile, ou bien d’afficher une page web sur les deux écrans à la fois. Pour un prix plutôt professionnel : près de 1500 euros. Prix mis à part, un facteur déterminant différencie encore les outils pro et personnels, d’après Pierre Lagarde, architecte solution chez Microsoft. Le terminal doté « de processeurs Atom sera lent, si on y fait tourner de grosses applications d’entreprise. Les outils qui en sont dotés ont une grosse autonomie, mais seront réservés à des usages simples », précise t il.

Tablettes : usage pro pour grand public

Un Holiday Inn parisien a développé une application de « concierge virtuel » sur une tablette accessible aux clients, dans le hall de l’établissement. Truffaut, lui, propose un catalogue interactif sur les plantes, consultable dans ses magasins. Dans les deux cas, la tablette est gérée comme un terminal de plus, dans le système d’information de l’entreprise.


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