Après la fusion SFR-Numericable : Bouygues Télécom se cherche un avenir

Réseaux

Le rachat de SFR manqué, Bouygues Telecom se retrouve à nouveau en position inconfortable sur le marché des télécoms. Envisagé, un rapprochement avec Free ne constitue pas la seule option stratégique sur la table.

L’acquisition de SFR par Numericable bouclée, Bouygues doit aujourd’hui repenser sa stratégie pour sa filiale télécoms. L’acquisition de SFR aurait en effet apporté une taille critique à Bouygues Telecom pour s’installer durablement sur le marché, notamment en se positionnant comme le premier opérateur mobile français devant Orange en nombre d’abonnés. Mais l’échec des négociations avec Vivendi ramène Bouygues Telecom a sa place d’éternel troisième opérateur dont Free vient grignoter clients et marges.

L’option Free

C’est justement à travers Free que le groupe de BTP pourrait trouver son salut. Ennemis hier, les deux entreprises s’étaient rapprochées à l’occasion du dossier SFR-Vivendi en signant, le 8 mars, un accord. Ce dernier prévoyait la revente de 15 000 antennes 3G et 4G et une partie des fréquences du réseau de Bouygues Telecom à Free pour 1,8 milliard d’euros, en cas de succès dans le rachat de SFR. Aujourd’hui, c’est l’ensemble de l’entreprise – réseau, abonnés (et salariés ?) – que Bouygues pourrait revendre à Free afin de sortir du secteur des télécoms. Un secteur dans lequel Bouygues Telecom n’a pas généré de dividendes pour le groupe en 2013 (pour la première fois depuis 2006) alors que la dette nette de la filiale télécom atteint 4,4 milliards d’euros.

Bouygues et Free seraient d’ailleurs en négociations, rapporte Le Parisien. Mais les négociations promettent d’être serrées. Là où Martin Bouygues voudrait céder sa filiale pour 8 milliards d’euros, le patron d’Iliad/Free Xavier Niel n’en mettrait pas plus de 5 milliards, selon le quotidien. Un montant que le cabinet Oddo Securities détaille ainsi : 1,8 milliard d’euros pour le réseau et des fréquences ; 1,5 milliard pour la base clients (11,14 millions d’abonnés mobiles et 2 millions d’utilisateurs fixes) ; 1,7 milliard pour les synergies, rapporte Les Echos.

Autres portes de sortie

Du coup, Bouygues étudie d’autres portes de sortie. A commencer par un maintien de l’activité qui, selon le journal économique, serait soutenue par un accord de mutualisation des réseaux avec Orange. Ce qui élargirait la couverture mobile, notamment 4G (dans les fréquences 800 et 2600 MHz,) pour Bouygues Telecom mais remettrait en cause le contrat signé avec SFR en février dernier. Et Free, en contrat d’itinérance sur la 3G avec Orange, pourrait à son tour tiquer.

Autre possibilité, celle de se revendre à un groupe étranger. Telefónica en premier lieu avec lequel Bouygues Telecom a signé, en 2011, un accord-cadre d’exploitation de réseau mobile récemment renforcé à travers une nouvelle offre en direction des multinationales. Un rapprochement entre Bouygues Telecom et Telefónica avait déjà été évoqué dès 2006. A l’époque, Bouygues Telecom était valorisé 7,5 milliards d’euros…

Le sujet inquiète en tous cas le tout nouveau gouvernement. Après avoir reçu Patrick Drahi (président d’Altice/Numericable) et Eric Denoyer (Pdg de Numericable) ce matin à 8h, Arnaud Montebourg s’est entretenu de 10h à 11h avec Martin Bouygues, Pdg du groupe de BTP. Preuve que le sujet de la recomposition du paysage français des télécoms figure tout en haut de l’agenda du nouveau ministre de l’Economie.


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