« BlackBerry 10 ne va pas sauver RIM »

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Malgré ses innovations indéniables, BlackBerry 10 arrive trop tard sur le marché pour permettre à RIM de reprendre l’initiative sur le marché. Selon les analystes.

Une nouvelle interface, plus intuitive et ergonomique que par le passé, la gestion des contacts optimisée, le support de la séparation des usages professionnels et personnels, des terminaux avec clavier physique, l’ouverture de la plate-forme pour les développeurs…

BlackBerry 10 (BB10), le nouvel OS mobile que Research In Motion (RIM) lance ce mercredi 30 janvier, dispose de nombreux atouts techniques face à la concurrence. Mais malgré ses avantages potentiels, nombre d’analystes pensent que la page est tournée pour RIM.

« Le nouvel OS de BlackBerry est innovant et permettra de limiter le passage des 80 millions d’utilisateurs [79 millions plus précisément, NDLR] vers les smartphones d’Apple et d’Android en 2013, avance Thomas Husson chez Forrester. Mais ce ne sera pas suffisant pour sauver BlackBerry sur le long terme. »

Les entreprises ne commandent plus

À peine plus optimiste, son collègue Charles Golvin pense que « le marché des smartphones, extrêmement compétitif, ne va leur offrir qu’une éphémère fenêtre de tir pour […] convaincre de nombreuses parties prenantes (utilisateurs passés et actuels, développeurs, opérateurs mobiles et fournisseurs de contenu) d’investir dans BB10. » Selon lui, RIM devra faire ses preuves face à l’assaut marketing de Microsoft et l’offensive ininterrompue d’Apple et Android. « C’est un challenge “gargantuesque” pour une compagnie de la taille de RIM. »

Même son de cloche chez Jan Dawson du cabinet Ovum qui constate que, depuis 2 ans, les entreprises n’achètent plus la majorité des téléphones pour leurs employés qui se tournent plutôt vers la concurrence. Pire, RIM ferait une erreur stratégique en cherchant à séduire avant tout les utilisateurs de la marque plutôt que d’aller chercher à convertir ceux de la concurrence.

Recul des nouveaux utilisateurs

« Nous ne pouvons blâmer RIM de vouloir s’accrocher à ses 80 millions d’abonnés existants, déclare l’analyste d’Ovum. Bien que les chiffres exacts ne soient pas disponibles, notre analyse suggère que RIM a toujours vendu environ la moitié de ses appareils à de nouveaux clients et l’autre moitié aux clients existants. [Mais], ces deux dernières années, la part des achats dus à la mise à niveau des clients a considérablement compensé celle des convertis, ce qui rend d’autant plus important pour RIM de conserver les abonnés existants. »

D’autant que les ventes ont essentiellement progressé au sein de la classe moyenne des pays émergents où les BlackBerry sont vus comme une marque de distinction comme ils ont pu l’être, il y a quelques années, dans les pays occidentaux. « Mais ces terminaux sont peu chers et basés sur BB7 voué à disparaître à moyen terme, poursuit Jan Dawson. BB10, quant à lui, nécessite des spécifications haut de gamme qu’il sera impossible de livrer à des prix semblables dans un avenir proche. Par conséquent, la popularité actuelle de BlackBerry dans les marchés émergents est susceptible d’être de courte durée, d’autant plus que des solutions de rechange basées sur Android commencent à inonder le marché à des prix encore plus bas. »

Il est vrai que les développeurs devraient se concentrer sur BB10 diminuant ainsi d’autant l’attrait de BB OS 7.

Profiter du marché en hausse

Au final, « En dépit d’un boom des ventes propre au lancement de BB10, nous nous attendons à ce que RIM poursuivre son déclin à long terme », conclut-il.

Mais aux yeux d’IHS iSuppli, tout n’est pas perdu. Si le cabinet d’étude ne se prononce pas en soi sur la capacité de RIM à rebondir avec BB10, il constate que le marché des smartphones va considérablement augmenter, passant de 49% des terminaux mobiles aujourd’hui vendu à 75% en 2016. Un marché en progression sur lequel BB10 a sa carte à jouer. À condition de ne pas rater son lancement.

Tout se jouera en 2013

« Face à l’adoption grandissante des smartphones, 2013 représente le dernier espoir pour RIM BlackBerry 10 – aux côtés de Microsoft Windows Phone et Mozilla Firefox – de créer une troisième solution viable sur le marché des smartphones », encourage Ian Fogg.

BB10 en troisième position mondiale ? RIM n’en demande peut-être même pas tant…

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