Rachat de SFR : Bouygues ne désarme pas et met 13 milliards sur la table

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Rebondissement. Bouygues a bien l’intention de jouer les trouble-fêtes dans les négociations exclusives entre Vivendi et Numericable pour conquérir SFR. Avec l’appui de la Caisse des dépôts, le groupe de BTP surenchérit.

Le feuilleton du rachat de SFR rebondit. Alors que Vivendi est entré « en négociations exclusives avec Altice pour une période de trois semaines », comme l’indiquait le groupe dans son communiqué du 14 mars, Bouygues aurait fait une nouvelle offre au groupe média pour acquérir SFR, rapporte Le Monde.

Celle-ci s’élèverait à 13,2 milliards d’euros en cash. Une offre sensiblement plus intéressante que les 11,75 milliards d’euros qui ont permis à Numericable d’enlever SFR à la barbe du groupe de BTP (lire Numericable rachète (enfin) SFR).

La porte ouverte de Vivendi

Une information qui, si elle est confirmée, montre la volonté de Bouygues de rester sur le marché des télécoms français. L’acquisition de SFR apparait en effet comme l’option la plus rapide pour constituer un opérateur de taille capable de s’imposer face à Orange sans passer par la case Iliad/Free (qui hériterait au passage et à bon prix – 1,8 milliard d’euros – d’une partie du réseau mobile et des fréquences de Bouygues Telecom). Outre le soutien affiché d’Arnaud Montebourg, le groupe de BTP disposerait également celui de la Caisse des dépôts (CDC) qui pourrait prendre 5% du capital du nouvel ensemble Bouygues-SFR.

On peut néanmoins s’interroger sur l’accueil que fera Vivendi de cette nouvelle offre pour le moins attractive au premier abord. Et il se pourrait qu’à l’issue des trois semaines de négociations que Patrick Drahi tenait encore pour acquises lundi dernier, Vivendi retourne sa veste. « A l’issue de trois semaines, le Conseil de surveillance se réunira à nouveau pour examiner les suites à donner et s’il doit en conséquence mettre un terme aux autres options envisagées », ajoutait le groupe média toujours dans son communiqué du 14 mars. Une porte ouverte dans laquelle Bouygues n’hésite visiblement pas à s’engouffrer.

Mise à jour à 18h25
Bouygues vient de confirmer avoir remis à Vivendi, ce jeudi 20 mars, une offre améliorée à 13,15 milliards d’euros avec 21,5% du capital du nouvel ensemble restant entre les mains du groupe de Jean-René Fourtou (contre 43% précédemment) et portant à 67% la participation de Bouygues (53% précédemment). « Bouygues confirme un montant de 10 milliards d’euros de synergies créées par le rapprochement de Bouygues Telecom et SFR, dont 5 milliards d’euros de synergies relatives au réseau mobile sécurisées par l’accord signé avec Free le 9 mars 2014. La nouvelle offre valorise ainsi SFR à 17,4 milliards d’euros en intégrant la totalité des synergies, dont 16,3 milliards d’euros d’ores et déjà sécurisés par l’accord avec Free », indique Bouygues dans son communiqué. Le groupe confirme également le soutien de la CDC et évoque l’opportunité pour la famille Pinault et JCDecaux Holding, déjà actionnaires, de rentrer ou se renforcer dans le capital du nouvel ensemble. « D’autres investisseurs pourraient également participer pour proposer à Vivendi l’acquisition du solde de sa participation résiduelle », ajoute Bouygues. Une offre solide, donc.

crédit photo © Patrick Tourneboeuf


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