Eric Antibi, NetApp : « le full flash pour des performances extrêmes »

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Directeur technique chez NetApp, Eric Antibi évoque la stratégie full flash du constructeur, tout particulièrement après l’annonce de la baie NetApp EF550, qui peut embarquer jusqu’à 240 To de données sur des disques SSD.

L’annonce des nouvelles baies NetApp E-series (lire notre article) vient consolider l’offre du constructeur dans les solutions de performance et de volume. Et en particulier confirmer son investissement dans le stockage flash avec la baie NetApp EF550 full flash. Eric Antibi, directeur technique chez NetApp, détaille la façon dont le stockage flash s’intègre dans l’offre du constructeur et à quels besoins il répond aujourd’hui.

Silicon.fr : NetApp, comme ses grands concurrents, n’a-t-il pas trop tardé à investir le marché du stockage full flash ?

Eric Antibi : Le stratégie flash de NetApp est un vrai enjeu, pour lequel nous avons besoin d’un portefeuille complet, et qui est le fruit de sept ans de réflexions. Nous proposons le flash sous différentes formes au niveau de la baie de stockage, partagée et consolidée, qui reste la brique essentielle du stockage dans le datacenter. Nous disposons de la capacité de répondre selon le besoin, soit pour accélérer une application mais en stockage partagé, soit sur une application avec flash au niveau du serveur (les cartes Fusion-IO), avec notre logiciel Flash Accel, pour une intégration forte afin de faire le lien entre le cache coté serveur et les fonctionnalités de DataOntap.

Nous constatons de plus en plus de besoins ou d’intérêts pour des architectures dédiées, comme les bases de données ou les environnements SAP, qui ont besoin de performances extrêmes, et qui ont intérêt à être associés à une architecture full flash avec des performances dédiées à l’application en silo. C’est un marché à moins d’un demi milliard de dollars, qui certes fait beaucoup de bruit, mais qui est loin d’être occupé par un acteur unique. Sur un marché du flash en pleine ébullition, le Gartner a évalué le marché du full flash à 1,4 milliard de dollars jusqu’à 2017, et jusqu’à 6 milliards sur flash au niveau des hosts. Et tous les datacenters ne sont pas équipés full flash, le coût au Go entre flash et SAS (Serial Attached SCSI) continue d’afficher un ratio de 5. Et il n’est pas prévu que ce ratio s’amenuise.

Chez vos clients, quels cas d’usages émergent ?

Si vous prenez notre baie EF550, c’est une évolution de la baie EF540, qui peut tenir jusqu’à 450 000 IOPS à moins de 1 milliseconde et sur 2U. Chez un de nos clients, le patch SAP de 28 heures est descendu à 40 minutes. Le full flash est en ébullition, avec des start-up, beaucoup de proof of concept pour accélérer l’existant, mais plus rarement de nouveaux usages. Chez NetApp, nous avons vendu 55 Po de flash, dont 12 sur les baies full flash. Nous avons la capacité de proposer des solutions sans avoir à faire de choix entre les niveaux de performance, et pas au détriment de fonctionnalités professionnelles, comme la réplication ou le snapshot. Le choix en réalité tourne autour de la disponibilité.

Le full flash n’est-il pas l’étape ultime d’une véritable architecture de tiering ?

Le tiering est un hybride entre l’existant en stockage partagé et les environnements virtualisés. Tout est une question d’évolution : soit une intégration full flash, soit une intégration d’une brique de stockage hybride, carte flash cache ou disques SSD, sur l’existant.

Dans le premier cas, d’abord on ajoute un cache au niveau du contrôleur, afin d’accélérer via un cache plus gros, une gestion naturelle de ce cache, des applications et des accès accélérés. Nous y greffons l’accélération des entrées/sorties pour les données dédupliquées. Ou alors nous ajoutons des groupes de disques SSD, qui tiennent soit le rôle de cache en lecture, soit celui du cache en écriture.

Dans le second cas, nous pouvons intégrer jusqu’à 24 nœuds en grille de stockage. Le tiering va permettre de bouger la donnée entre nœuds, avec beaucoup plus de souplesse. Il faut pour cela amener les architectures jusqu’à un certain niveau de performance, par exemple par le choix de nœuds avec des disques flash, afin d’isoler les applications sur ces nœuds et d’organiser une infrastructure en silo – mais sans silo ! -, selon les pics de charge et les besoins du business.


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