[MàJ] Galileo, le GPS européen, est sur le pas de tir. Pas trop tôt ?

Régulations

Avec la mise en orbite des satellites Doresa et Milena, les premiers d’une série « 100% européenne », débute enfin la phase opérationnelle du système européen de navigation par satellite.

Le système européen de navigation par satellite Galileo débute enfin sa phase opérationnelle avec le lancement à Kourou (Guyane française) de deux nouveaux satellites, Doresa et Milena, ce vendredi 22 août à 14h27, heure de Paris. Ce qui portera le nombre de satellites placés en orbite à 6 sur les 30 prévus, dont 22 fabriqués par l’entreprise allemande OHB System. La constellation complète devrait être pleinement opérationnelle d’ici 2020. De quoi attiser les craintes de ceux pour qui l’alternative européenne au GPS américain arrive après la bataille.

Un parcours très laborieux

En 2001, l’Union européenne décide de créer son propre système de géolocalisation par satellite, soit près de 30 ans après que les États-Unis, alors présidés par Richard Nixon, initient leur programme GPS (Global Positioning System) avec un premier satellite lancé dès 1978. Depuis, le GPS américain est devenu la référence mondiale des marchés civil et militaire, devant le Glonass russe et le système chinois Beidou, tous placés sous contrôle militaire. Pour mieux s’affranchir du joug américain, Galileo sera sous contrôle civil.

7 milliards d’euros de déploiement

Pour Galileo, après de longs atermoiements, les deux premiers satellites ont finalement été lancés le 21 octobre 2011 avec le lanceur russe Soyouz. Deux autres l’on été en 2012. La série de tests réalisée depuis a été bouclée en février dernier. Après Doresa et Milena, la mise en orbite de deux satellites supplémentaires est prévue en fin d’année. La disponibilité et la couverture du signal s’améliorant, un service limité sera proposé dans un premier temps. On se rapproche lentement d’un système pleinement opérationnel. Mais le déploiement de satellites et de stations relais doit se poursuivre jusqu’en 2018 au moins. Le coût du déploiement et d’exploitation du programme sur la période est estimé à 7 milliards d’euros par la Commission européenne.

Opérationnel en 2020, si tout va bien

À terme, Galileo devrait fournir 5 services distincts : service ouvert, service commercial, sauvegarde de la vie, service public réglementé, recherche. L’exécutif européen table sur un système entièrement opérationnel à la fin de la décennie. Reste à savoir si la conjoncture économique et le climat politique le permettront. Pour limiter le recours à des parties externes, Russie en tête, l’UE pourra faire appel à un lanceur européen Ariane 5 à partir de 2015. Un nouveau contrat de 500 millions d’euros ayant été signé avec Arianespace.

[MàJ : les satellites Doresa et Milena de la constellation Galileo n’ont pas rejoint l’orbite prévue, a annoncé samedi 23 août 2014 Arianespace dans un communiqué.]

crédit photo : ESA – P. Carril


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Auteur : Ariane Beky
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