Les maires s’inquiètent de l’arrivée des antennes de Free Mobile

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Face à la nouvelle fournée d’antennes mobiles promises avec l’arrivée de Free, et de la 4G, les maires de France s’inquiètent des futures réactions de leurs administrés. Et renvoient à l’État ses responsabilités sur la question.

Si, pour les maires des grandes villes de France, l’arrivée de Free Mobile « constitue une bonne nouvelle pour l’économie nationale et pour les Français attachés à une offre mobile compétitive », elle n’en constitue pas moins une problématique face à la perception des citoyens et aux questions, non tranchées à ce jour, sur l’innocuité des ondes générées par la téléphonie mobile.

Dans un communiqué en date du 12 mars, l’AMGVF (Association des maires des grandes villes de France) tente d’anticiper les conflits que risque de générer le déploiement de nouvelles antennes mobiles induites par le développement des services mobiles et notamment l’arrivée de la 4G/LTE. Particulièrement les antennes de Free. Le nouvel opérateur mobile a en effet profité de la présentation de ses résultats, le 8 mars dernier, pour annoncer que son parc mobile comptera 2500 antennes en fin d’année (et 6000 à l’horizon 2018). Soit 1500 de plus qu’actuellement.

Les pouvoirs limités des maires

Or, « le développement des antennes relais n’en constitue pas moins un véritable casse-tête pour les élus locaux qui doivent concilier les demandes des opérateurs sur l’accès aux points haut du domaine public et celles des riverains inquiets de l’impact potentiel des antennes relais », rappelle l’association. Un casse-tête d’autant plus insoluble que « les maires ont des pouvoirs très limités en matière de réglementation, comme l’a confirmé en octobre 2011 le Conseil d’État, même s’ils sont sollicités par les pouvoirs publics pour faciliter la “concertation” entre les opérateurs et les populations ».

C’est pourquoi l’AMGVF renvoie l’État à ses responsabilités : « L’Association souligne que c’est à l’État d’assumer pleinement les conséquences d’un tel développement, et notamment l’introduction d’un quatrième opérateur de téléphonie mobile en privilégiant la concurrence par les infrastructures [plutôt que d’insister sur leur mutualisation, NDLR]. » L’application « dans les plus brefs délais », des préconisations élaborées dans le cadre du « Grenelle des ondes » pourrait ainsi constituer un compromis.

Des capacités d’accueil limitées

Ce qui passera par la présence d’un représentant de l’État « seul à même de rassurer les populations sur l’impact des ondes électromagnétiques sur la santé » à la tête des réunions publiques indispensables organisées par les opérateurs. Par ailleurs, des simulations de l’exposition aux ondes électromagnétiques doivent être réalisées en amont des nouvelles installations d’antennes. Enfin, et c’est probablement la mesure la plus concrète, réfléchir à imposer aux opérateurs la mutualisation des équipements, « les capacités d’accueil des grandes agglomérations étant limitées » rappellent les intéressés.

Autant de questions autour desquelles l’AMGVF invite les acteurs concernés (opérateurs, État, maires) à venir débattre le 4 avril prochain à l’occasion d’un colloque organisé à Valence. Une journée qui permettra aux maires des grandes agglomérations de formuler des propositions. Les antennes mobiles vont-elles entrer dans la campagne présidentielle ?

Crédit photo © swisshippo – Fotolia.com


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