SAP Forum France : levée des doutes sur Ariba, le cloud et le Saas

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SAP Forum Paris mai 2012

Le Forum SAP tenu à Paris, ces 30 et 31 mai, a permis de clarifier certains points, suite au rachat d’Ariba et de Success Factors.

Près d’un millier de visiteurs ont fait le déplacement sur le Forum de SAP France il y a quelques jours au CNIT à la Défense. Ils ont pu écouter Bill McDermott, co-CEO du géant du logiciel, qui a récapitulé les principales orientations de la société, notamment sur les enjeux de la mobilité, des offres on-demand et SaaS – suite au rachat de Success Factors. Le slogan du jour était : “unlike never before !”

Ce forum réunissait une vingtaine de partenaires, dont Atos, Capgemini, HP, Fujitsu, HP, IBM, Micropole, Keyrus, Samsung, T-Systems, Wipro…

Henri van der Vaeren, dg SAP France, Bill McDermott, co CEO SAP
Henri van der Vaeren, DG SAP France, Bill McDermott, co-CEO SAP

Bill McDermott a insisté sur la rupture des modèles économique, en mentionnant notamment l’avènement des accès ‘multi channel’. Selon lui, trois défis interpellent les directions générales : agir plus vite, simplifier l’existant et personnaliser l’offre et les services.

Parmi les exemples de réussite, il a cité Harley Davidson, le célèbre fabricant des motos de légende, qui est parvenu à réduire la consommation de carburant de 40 %.

La complémentarité avec les partenaires

Évoquant le marché français, le co-CEO de SAP a insisté sur les relations avec les partenaires et un réseau de 10.000 consultants. « Avec eux, nous voulons être plus “prédictibles” et complémentaires, surtout pas concurrents. »

Si 80 % d’une solution est rapidement rendue disponible, c’est aux partenaires de travailler sur la personnalisation et le développement de fonctionnalités complémentaires.

Les dirigeants de SAP insistent plus que jamais sur le potentiel de la technologie HANA, désignée comme la technologie ‘in-memory’ la plus rapide au monde, pour des traitements en temps réel ou quasiment. Et de citer l’exemple du Charity Hospital de Berlin où la détermination des protocoles de traitement contre les cancers se fait désormais en quelques jours, contre plusieurs jours précédemment.

Au passage, il a été dit que HANA était déjà ouvert à des applications hors du monde SAP. Mais pas à Sybase, car HANA est exclusivement dédié au ‘in-memory’.

Autour d’HANA et des services connexes, cinq axes stratégiques sont tracés : la finalisation de nouvelles applications, l’analytique (Business Objects), le cloud, la mobilité et les technologies de bases de données. Dans le domaine du cloud, SAP prévoit des revenus à hauteur de 2 milliards, en « incrémental ».

En 2015, 40 % des revenus SAP avec le channel

Dans leurs échanges avec la presse, Bill McDermott et Henri van der Vaeren, nouveau DG de SAP France, sont revenus sur le rôle des partenaires. En 2015, 40 % des revenus globaux de SAP devront provenir du channel.

À propos de l’éventualité d’une pression sur les prix – à la baisse – liée à la consumérisation de l’IT, les dirigeants de SAP ne se disent pas préoccupés. Selon eux, ce n’est pas la démarche actuelle des entreprises. Pas plus que le phénomène du BOYD, car seulement 10 % des entreprises disposeraient d’une plateforme wireless. Autre constat : le choix de l’offre en ligne (SaaS) SAP Business By Design ne découlerait pas du prix.

Les dirigeants de SAP ont rappelé leur mobilisation en faveur de la portabilité des applications sur des terminaux mobiles, en particulier sur des tablettes – ce qui explique l’intégration de Sybase, l’offre de base de données qui place SAP au deuxième rang mondial des SGBD.

Le cloud ? Un mode de consommation

À propos du cloud, le co-CEO de SAP a souligné qu’il s’agit d’abord d’un « modèle de consommation ». Le choix entre offres en ligne ou on-demand (SaaS, en mode locatif) et offres on-premise (avec licences) ne serait pas une question de prix:  « Les entreprises veulent un choix ouvert. C’est pourquoi notre offre associe les deux sans éliminer ni l’une ni l’autre. »

Mais Bill McDermott admet aussi : le mouvement vers des dépenses locatives – par opposition aux investissements en capital – va plus vite que prévu. Au passage, nouvelle confirmation est donnée que l’entité Success Factors tire désormais l’offre cloud, son dirigeant, Lars Dalgaard étant désigné comme “Mr Cloud”. Cela dit, pas question de mettre en concurrence les deux modèles, ni les équipes commerciales, au sein de l’organisation SAP. « Nous veillons à rationaliser tout cela. Car il y a toujours une tendance naturelle au conflit. »

L’acquisition d’Ariba (cf. notre article) est évoquée dans ce contexte.  La base installée des clients Ariba serait à 60 % commune avec celle de SAP. Donc, c’est une offre très complémentaire. Mais peu ou pas de commentaires sur ce rachat en cours, puisque l’acquisition ne sera officielle, finalisée, qu’en juillet. Les discussions avaient été initiées il y a deux ans déjà. Pas de risque de surenchères de la part d’Oracle.


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