Les processeurs ARM sèment la discorde entre Intel et Microsoft

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Le P-dg d’Intel évoque, devant les analystes, quatre versions de Windows pour plate-forme ARM comme pour souligner les difficultés à venir de l’architecture concurrente. Microsoft dément. Ambiance.

Intel a-t-il levé, par maladresse, un voile sur la stratégie Windows de Microsoft? A l’occasion d’une réunion avec des analystes, mardi 17 mai, le P-dg de Santa Clara, Paul Otellini, n’a pas pu faire l’impasse sur la problématique des processeurs ARM qui, à défaut d’être présents sur le marché du PC, s’installent durablement sur celui des smartphones et tablettes tactiles. Un sujet d’autant plus crucial qu’Intel a repoussé à 2012 la sortie de l’Atom Medfield destiné aux smartphones.

Intel met néanmoins en avant ses avancées technologiques (gravure en 14 nanomètres en 2014, innovation tri-gate, compatibilité des applications actuelles avec l’architecture x86…) pour défendre sa stratégie ainsi que la compétitivité de ses tarifs face à l’offre ARM qui, rappelons-le, se contente de concevoir des design de puces fabriquées par des entreprises tierces (Nvidia, Qualcomm, Samsung, Texas Instruments…).

Paul Otellini s’est ensuite penché sur le cas Windows 8. Au CES 2011, Microsoft a annoncé son intention de porter son OS sur la plate-forme ARM afin de couvrir le marché des tablettes sur lequel Windows 7 a bien du mal à s’installer. Une rupture dans l’alliance tacite du couple Wintel qui a dominé l’industrie informatique ces 20 dernières années et qui pousse Intel a critiquer la stratégie de son partenaire historique face au regain de crédibilité ainsi accordé au concurrent ARM. Une crédibilité renforcée également par le soutien de HP à l’architecture alternative, notamment en portant WebOS sur l’ensemble des terminaux, y compris les notebooks et PC.

Le P-dg du fondeur des Xeon et autres Core i a ainsi évoqué « quatre portages » de Windows sur la plate-forme ARM. « Chaque système d’exploitation doit être développé pour la puce et Microsoft doit écrire quatre versions pour les fabricants de [processeurs] ARM, comme Android écrit de multiples versions pour des puces ARM et Intel, maintenant », déclarait Paul Otellini selon des propos rapportés par PCmag. Faut-il comprendre que Microsoft développe quatre versions différentes de Windows 8, la prochaine version de l’OS attendue fin 2012?

Ce n’est pas tout à fait l’avis de Redmond. Dans un communiqué, Microsoft estime que « les déclarations d’Intel […] étaient inexactes et, malheureusement trompeuses. Depuis le début des démonstrations de Windows sur SoC [évocation de la plate-forme ARM qui comprend un ensemble d’unités de calculs purs et graphiques, NDLR], nous avons été clairs sur nos objectifs et avons souligné que nous en sommes à l’étape de démonstration technologique. En tant que tel, nous n’avons pas de détails ou d’informations [à fournir] pour le moment. »

Si Microsoft ne confirme pas les propos du dirigeant d’Intel, Redmond ne dément pas formellement cette possibilité de développer quatre versions de Windows. Ce qui resterait néanmoins très surprenant et difficile à soutenir. Paul Otellini n’aurait-il pas ‘confondu’ les quatre versions de l’OS avec les déclinaisons sectorielles habituelles entre le grand public, les entreprises et les grands comptes de Windows. Il n’en reste pas moins qu’il y a comme de l’eau dans le gaz entre Microsoft et Intel


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