La fondation Rust prend son envol après un long processus de gestation

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Fondation Rust

Changement de structure et de gouvernance pour Rust, qui a désormais une fondation à son nom. Dans quel contexte cette démarche s’inscrit-elle ?

Top départ pour la fondation Rust. Cette organisation à but non lucratif de droit américain est née en début de semaine. Elle a pris sous son aile le langage de programmation du même nom.

C’est l’aboutissement d’un long processus de réflexion que l’équipe de direction avait officialisé fin 2019. Avec un constat : le projet Rust avait développé des besoins juridiques et financiers que sa structure ne lui permettait plus de satisfaire.

La structure en question s’était établie en 2015, avec la sortie de la première version stable de Rust. Mozilla, qui avait commencé à développer le projet cinq ans plus tôt, en avait ouvert la gouvernance. Tout en conservant la propriété des marques et la gestion de services tels que crates.io, le registre officiel du langage de programmation.

Le fait que l’éditeur de Firefox conserve ces responsabilités a fini par desservir le projet sur certains aspects, affirmait l’équipe principale de direction (Core Team) lors d’un point d’étape effectué à l’été 2020. On nous expliquait notamment que « la perception que Mozilla possède Rust » n’encourageait pas d’autres entités à investir.
« Nous avons atteint un point où il devient difficile de fonctionner sans un nom, une adresse et un compte en banque », ajoutait la Core Team. « On ne peut plus ignorer la question de la signature de contrats », ajoutait-elle. Avec, pour exemple, le dilemme qui s’est posé lorsque la communauté a voulu rejoindre le programme Token Scanning de GitHub.

Fondation Rust : les hyperscalers au rendez-vous

Ce point d’étape était intervenu dans la foulée de l’annonce de la restructuration de Mozilla. Les licenciements qu’impliquerait la démarche allaient toucher certains membres de la communauté Rust.

Mozilla a transféré tous les actifs de marque et d’infrastructure à la nouvelle entité. Elle en est « membre fondateur » aux côtés d’AWS, Google, Huawei et Microsoft. Chacun de ces groupes bénéficie d’un siège au board. Les cinq autres sièges reviennent à des membres de la direction du projet Rust : deux de la Core Team et trois représentant les équipes Fiabilité, Qualité et Collaboration.

On attribue la paternité de Rust à Graydon Hoare. L’intéressé travaillait chez Mozilla quand il a posé, en 2006, les premières briques du langage de programmation. Mozilla Research s’était emparé de l’initiative en 2010. Avec un focus : la sécurité du code généré. Le levier : une syntaxe précise et non équivoque, avec gestion de la concurrence.

De Firefox à Android

Rust est monté en puissance jusqu’à entrer dans le top 5 des langages les plus utilisés sur GitHub. C’était en 2018. L’année suivante, Stack Overflow le plaçait 8e dans son classement des « langages de programmation qui rapportent le plus ». En 2020, il s’est positionné au troisième rang dans le Tiobe Index.

Google l’a adopté pour certains modules d’Android (Bluetooth, Keystore 2.0…), le gestionnaire de VM de Chrome OS ou encore une implémentation de l’authentification FIDO 2.0 pour le système d’exploitation embarqué Tock OS.

AWS en fait usage, entre autres, pour son OS « spécial conteneurs » Bottlerocket et son hyperviseur Nitro. Mozilla en a fait la base de Stylo, le moteur CSS de Firefox.

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