Quel avenir pour Apple sans Steve Jobs?

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Si Apple est une firme saine financièrement, son avenir pourrait être remis en question par l’état de santé de son charismatique patron. Même si Tim Cook, le numéro 2 de la firme, a prouvé sa capacité à assurer la relève de Steve Jobs.

Quelle incidence aura l’annonce du nouveau retrait de Steve Jobs pour raison de santé sur le titre d’Apple? Hier, lundi 17 janvier, fermée pour cause de jour férié (Martin Luther King Day), une date probablement pas choisie au hasard dans la stratégie d’Apple, la Bourse de New York devrait « s’exprimer » aujourd’hui mardi 18 (dans l’après-midi à l’heure européenne). Mais l’annonce du dirigeant de Cupertino en personne (qui s’est exprimé en postant un email laconique aux employés de l’entreprise) ne présage rien de bon pour le titre. Celui-ci perdait notamment 6 % de sa valeur à la Bourse de Francfort (Allemagne) où certaines valeurs américaines y sont cotées.

Une réaction brutale des investisseurs (et boursicoteurs) qui réagissent notamment face à l’absence d’informations précises sur l’état de santé du charismatique dirigeant de la firme californienne. Certains pourraient ainsi penser qu’Apple ne survivrait pas longtemps à Steve Jobs si celui-ci venait à ne pouvoir reprendre les commandes d’un vaisseau qu’il mène, il est vrai, d’une main de maître depuis son retour en 1997 et, du coup, en profiter pour toucher leurs plus values.

Pourtant, la situation s’est déjà présentée. En 2009, lorsque Steve Jobs annonçait un congé maladie de 6 mois, l’action perdait 2,3 % avant de rebondir d’environ 75 % dans le semestre. Une période test montrant que le numéro 2 d’Apple, Tim Cook, était capable de diriger la firme, certes sans atteindre la présence scénique de Steve Jobs (mais l’expérience aidant…). Comme la fois précédente, c’est de nouveau le fidèle bras droit du dirigeant qui assurera la gestion quotidienne d’Apple tandis que Steve Jobs entend conserver la fonction stratégique durant son congé médical.

60 millions d’iPhone en 2011

De plus, les bons résultats attendus pour le 1er trimestre fiscal devraient rassurer. Une hausse de 50 % des ventes de la firme portée par les succès de l’iPhone et l’iPad pourrait être confirmée dans la soirée (heure européenne). Avec un chiffre d’affaires attendu de plus de 24 milliards de dollars (entre 24,4 et 24,5 selon les analystes). Pas de quoi paniquer. D’autant que la firme dispose d’un matelas de 50 milliards de dollars et reste la première société technologique du marché avec plus de 300 milliards de dollars de valeur boursière.

D’autant que des projets phares arrivent en renfort. A commencer par l’iPad 2 qui pourrait débarquer dès avril prochain aux Etats-Unis sur un marché où la tablette est en plein essor (Gartner évalue à 55 millions le nombre d’ardoises numériques vendues en 2011). L’iPhone 5, qui devrait se dévoiler en juin prochain, pourrait lui aussi faire un carton. D’autant que les canaux de distribution s’élargissent aux Etats-Unis pour le smartphone d’Apple avec l’accord signé avec l’opérateur Verizon Wireless. Les analystes s’attendent à ce qu’Apple vende 60 millions d’iPhone cette année.

Il n’en reste pas moins que la santé de Steve Jobs reste préoccupante. En 2004, il s’était fait opéré d’une tumeur cancéreuse au pancréas. Début 2009, il s’absentait de nouveau pour subir une greffe du foie, avec succès. Mais, deux ans après, le mal semble aujourd’hui rattraper Steve Jobs. C’est probablement la nature et la gravité de la maladie qui déterminera le comportement des actionnaires. D’où la discrétion du principal intéressé qui préfère « se concentrer sur sa santé », promet de « revenir dès que possible » et demande, d’ici là, qu’on respecte sa vie privée et celle de sa famille. Difficile quand on pèse plusieurs centaines de milliards de dollars…


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