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Jour J pour le DMA : ce qui change chez Google

Consentements, choix des navigateurs et des services de recherche, portabilité des données… Il y a du changement chez Google ce 6 mars 2024. En cause, l’entrée en vigueur du DMA (Digital Markets Act).

Voilà six mois que le groupe américain se sait officiellement soumis à ce règlement, en tant qu’exploitant de services de plate-forme jugés « essentiels » – c’est-à-dire disposant d’une position forte sur le marché européen.

Les services en question sont Android, Chrome, Maps, Play, Search, Shopping, YouTube et les solutions publicitaires Google. Leur évolution concerne les pays de l’Espace économique européen (UE + Islande, Liechtenstein et Norvège).

Ce qui change sur Google Search

Le format carrousel s’étend aux requêtes de recherche à proximité ou concernant un voyage ou un achat. Chaque bloc peut contenir des images, des notes et des infos de prix relatives aux entités recherchées. Promesse : la mise en avant des agrégateurs et des fournisseurs.

Les sites comparateurs de vols, d’hôtels et de shopping ont désormais des blocs de résultats dédiés. L’utilisateur dispose de filtres pour affiner sa recherche, éventuellement en la focalisant ces comparateurs.

En parallèle, le bloc Google Flights disparaît… tandis qu’en apparaît un autre spécifique aux sites web de compagnies aériennes. Celles-ci doivent se manifester par l’intermédiaire d’un formulaire qui précise que l’intégration « prend généralement 2 à 4 mois ».

Navigateurs et services de recherche

En 2018, la Commission européenne avait sanctionné Google pour abus de la position dominante d’Android. Était alors apparu, entre autres conséquences, un écran de choix du fournisseur de recherche, affiché lors du paramétrage initial.
Sous l’ère DMA, cet écran arrive aussi dans les versions iOS et desktop de Chrome.

Sur Android, le fournisseur sélectionné devient celui par défaut dans Chrome. Son application est installée en parallèle depuis le Play Store. Les recherches éventuellement effectuées sur l’écran d’accueil sont redirigées vers cette application. L’écran ne s’affiche pas sur les appareils où l’application Recherche Google n’est pas préchargée.

Parmi les critères que doivent respecter les fournisseurs :

– Opérer un service de recherche généraliste
– Prendre en charge l’anglais où la langue principale de chaque pays dans lequel on souhaite apparaître sur l’écran de choix
– Fournir une application qui se suffit à elle-même et qui compte au moins 5000 installations
– Prendre en charge la dernière version d’Android sous 90 jours

Le nombre de fournisseurs affichés varie selon la taille et la résolution de l’écran, ainsi que son orientation lors du paramétrage. Google affirme que la plupart du temps, au moins 5 options apparaissent. L’utilisateur doit défiler jusqu’au bout pour valider son choix.
Ce système n’empêche pas les fournisseurs de négocier des préchargements OEM. Ces derniers peuvent, en outre, toujours décider de supprimer la barre de recherche sur l’écran d’accueil.

Le DMA est aussi synonyme d’ajout d’un écran de choix du navigateur sur Android. Les exigences sont similaires à celles qui s’appliquent pour les services de recherche.

Google ouvre une API d’export de données

Le DMA, c’est aussi l’API Data Portability. Un moyen, pour les apps tierces, d’importer des données depuis un compte Google. Un complément à l’outil Google Takeout, qui permet la migration manuelle par l’utilisateur. Services concernés : Chrome, Maps, Play Store, Search, Shopping et YouTube.

Des consentements supplémentaires…

Les comptes Google permettent maintenant de gérer plus finement les partages de données entre Chrome, Maps, Play Store, Search, Shopping, YouTube et les services publicitaires de Google. En l’occurrence, service par service.
Une bannière a pu apparaître ces dernières semaines pour demander à l’utilisateur s’il souhaitait, de façon globale, continuer à autoriser les partages, destinés à personnaliser les contenus… et la pub.
Les services non listés ici sont forcément liés. Ils partagent des données en fonction des autres paramètres de vie privée qu’on aura définis.

Il y a également du changement pour les utilisateurs des produits publicitaires (Ads, Analytics, Marketing Platform). Plus précisément, une mise à jour du mécanisme d’attestation du consentement auprès de Google (paramètres additionnels sur l’API). Elle vaut pour les tags et les SDK qui traitent des données d’utilisateurs basés dans l’EEE. Elle est susceptible de nécessiter des modifications pour qui diffuse de la pub ciblée, en particulier selon la CMP utilisée.

… et des options de paiement alternatives

Le DMA impose une ouverture aux magasins d’applications tiers. Sur Android, c’est déjà effectif.

Google a déjà posé des jalons sur une autre exigence : l’ouverture à des méthodes de paiement alternatives. Sa première initiative remonte à fin 2021 en Corée du Sud, après le vote d’une loi sur place. Le résultat : au moment de régler, l’utilisateur peut choisir sa méthode de paiement, entre celle de Google et celle que lui propose le fournisseur de l’app (lequel bénéficie d’une commission réduite de 4 % si la transaction est conclue par ce biais).

Avec le DMA en ligne de mire (texte initial déposé en décembre 2020), Google avait élargi sa démarche à l’UE à partir de 2022. Spotify fut son premier testeur.
Le règlement désormais entré en vigueur, ce système de « facturation choisie par l’utilisateur » se généralise. Notamment en s’étendant à un public jusque-là non couvert : les développeurs de jeux.
Un autre système, que Google met moins en avant, existe depuis 2022 – et vient également de s’étendre aux développeurs de jeux. Il permet, sous réserve de respecter des exigences de sécurité, de ne proposer aux utilisateurs que la méthode de paiement alternative. Dans ce cadre, Google abaisse sa commission de 3 %.

À lire en complément, ce que le DMA change dans les écosystèmes Apple et Microsoft.

Illustration principale © JuliusKielaitis – Shutterstock

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