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Bull : la fin de 83 années d’informatique à la française (diaporama)

Le rachat annoncé de Bull par Atos clôt ce qui reste, à ce jour, comme la plus longue aventure de l’informatique en France. Certes, la marque survivra à l’absorption programmée par Atos ; elle continuera à porter les offres en matière de supercalculateurs, de Big Data et de sécurité. Mais c’est bien un chapitre de 83 ans d’histoire qui s’achève. Une histoire où se seront entrechoqués les meilleurs espoirs de l’industrie informatique de l’Hexagone, comme ses pires désillusions.

En réalité, l’histoire de Bull démarre en 1921 en Norvège où un ingénieur, Fredrick Rosing Bull, conçoit une machine à base de cartes perforées pour la société d’assurance qui l’emploie. Dix ans plus tard, sur la base des brevets déposés par le Norvégien, est créé la société H.W. Egli-Bull – vite rebaptisée Bull – sous la houlette d’Emile Genon, un Belge qui a installé ses ateliers à Paris. La société, qui conçoit des machines pour les statistiques, devient très vite un concurrent d’IBM.

Sous la coupe de General Electric puis de Honeywell

Après la seconde guerre mondiale, et l’arrivée du premier calculateur électronique – le Gamma 3 -, la croissance décolle. Bull emploie plus de 15 000 personnes en 1964. Mais le début des années 60 marque aussi la première crise de la société, victime de la concurrence d’IBM. En 1964, la société est recapitalisée en partie par des capitaux français et en partie par General Electric. Ce dernier prendra finalement la main, suite à plusieurs exercices déficitaires, avant de céder la société à un autre groupe américain, Honeywell, un constructeur américain de matériel militaire. Bull est alors le second constructeur d’informatique au monde derrière IBM.

Soucieux de son indépendance dans le secteur, le Général de Gaulle lance le « plan calcul » en 1966 et soutient à bout de bras une autre société créée pour l’occasion, la Compagnie internationale pour l’informatique (CII), conçue comme un ‘Airbus de l’informatique’. Sur fond de guerre d’actionnaires au sein de la CII, cette dernière finit par être fusionnée à Bull en 1975. Dans cette seconde moitié des années 70, la société est à l’origine de quelques innovations qui feront date, comme le modèle OSI (un standard de communications) ou le langage ADA.

L’échec dans la micro-informatique

Nationalisée en 1982, Bull se lance dans la révolution de la micro-informatique, en rachetant la société française à l’origine du Micral et, surtout, en mettant la main sur Zenith Data Systems, à l’époque second constructeur mondial d’ordinateurs portables derrière Toshiba. Un gouffre financier qui amène la société au bord de l’abîme. Son Pdg, Francis Lorentz, est débarqué. Jean-Marie Descarpentries est chargé par le gouvernement Balladur de redresser la barre et de préparer la privatisation. Bull abandonne la micro-informatique – qu’elle revend à Packard-Bell – et renoue avec les bénéfices.

Fusionnée avec la société de conseil et de cybersécurité Amesys, Bull s’essaie aux services informatiques. Sans grands succès. Au fil des ans, ses gammes de serveurs se restreignent (pour se limiter aujourd’hui aux appliances Bullion). L’emblème de l’informatique à la française reste en revanche un acteur de premier plan dans les supercalculateurs (il classe 5 systèmes dans le Top 100 des machines les plus puissantes au monde, le Curie du CEA apparaissant ainsi à la 20ème place) et la cybersécurité (avec récemment le lancement d’un smartphone sécurisé, le Hoox, en photo ci-contre).

En complément :

Atos-Bull : les raisons d’un mariage de raison

83 ans d’histoire en 10 images

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