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Nokia France : un plan de licenciements maintenu mais aménagé

La réunion tripartite qui s’est tenue, hier, lundi 2 octobre, au ministère de l’Economie et des Finances va-t-elle suffire à déminer le dossier Nokia en France ?

Réclamée par Bercy, la rencontre entre les représentants du gouvernement, les syndicats et la direction de l’équipementier télécoms finlandais visait à vérifier le respect des engagements de l’entreprise en France, suite à son acquisition d’Alcatel-Lucent finalisée en avril 2015.

Car, début septembre, on apprenait que Nokia entendait dégraisser sa masse salariale de 597 personnes d’ici fin 2019 sur les sites de Lannion et Paris-Saclay dans l’ensemble des fonctions centrales et support pour l’activité réseaux.

Une restructuration qui succédait à la précédente suppression de 400 postes dans le cadre de la fusion avec l’ex-fleuron français des réseaux télécoms.

4 200 salariés en France

« Des progrès notables ont été réalisés en moins de trois semaines », ont noté les services de Bercy au terme du comité de suivi des engagements de Nokia.

L’équipementier « a clairement réitéré son objectif d’atteindre 4200 salariés au début de 2018 et confirmé celui de 2 500 ingénieurs en Recherche et Développement d’ici fin 2018 ». Volume de compétences en R&D qui sera maintenu en 2019, assure la firme finlandaise.

Autrement dit, le plan annoncé de suppression de près de 600 postes est maintenu. Et les départs seront compensés par le recrutement promis en jeunes ingénieurs dédiés à la R&D.

Nokia a également tenu à rassurer autorités et syndicats en promettant de faire de la France le centre mondial pour la R&D en matière de 5G et de cyber-sécurité. Deux secteurs en forte croissance.

« Développer l’innovation et les technologies de pointe, comme la 5G et la cyber-sécurité, est aujourd’hui la meilleure des garanties pour les emplois de demain, partout en France  », selon le secrétaire d’Etat à l’Economie Benjamin Griveaux (photo d’entête).

Nokia doit présenter sa stratégie dans ce sens d’ici trois mois.

Le compte n’y est pas selon les syndicats

Si le secrétaire d’Etat se montre confiant, le discours de Nokia n’a pas varié d’un iota depuis sa prise de contrôle d’Alcatel-Lucent.

Comme le rappelle d’ailleurs Thierry Boisnon, Président de Nokia France : « Nous avons pu, au cours de cette réunion, démontrer que l’ensemble des engagements pris auprès du gouvernement au moment du rachat d’Alcatel-Lucent seraient tenus en présentant un point très complet de l’état d’avancement de chacun de ces engagements. »

A la différence qu’à l’époque, l’équipementier n’avait pas prévu (ou oublié de mentionner) la nouvelle vague de licenciements en perspective visant à dégager 1,2 milliard d’euros d’économies d’ici fin 2018.

Si Nokia s’engage à maintenir 4 200 emplois français (hors filiales Radio Frequency Systems et Alcatel Submarine Networks), et renforcer les équipes locales de R&D, le compte n’y est pas.

Selon l’intersyndicale, 3 941 emplois sont répertoriés aujourd’hui en France. Et seuls 20% des 500 recrutements en R&D précédemment annoncés ont été réalisés.

Prévu pour fin novembre, le prochain Comité de suivi permettra de vérifier l’évolution de la situation et ainsi mesurer la bonne volonté de Nokia.


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