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Où en est SAP avec l’IA générative ?

Microsoft a Copilot ; Google, Duet AI ; Salesforce, Einstein GPT. SAP aura Joule.

Sous cette marque, l’éditeur allemand entend fournir un assistant numérique intégré de manière transversale dans sa gamme de logiciels.

Le déploiement est censé débuter cette année sur SuccessFactors et SAP Start. Il faudra attendre début 2024 pour retrouver Joule sur l’édition publique de S/4HANA Cloud. Suivront, en théorie, les briques Customer Experience et Ariba, ainsi que la Business Technology Platform.

Joule en vitrine ; Watson et Cie en back-office

Parallèlement à l’annonce de Joule, SAP rappelle avoir investi dans plusieurs entreprises de l’écosystème « IA générative » (Aleph Alpha, Anthropic et Cohere). Il mentionne aussi les deals officialisés au printemps avec IBM, Google Cloud et Microsoft.

L’accord avec IBM porte essentiellement sur l’intégration de Watson dans les logiciels SAP. Avec, comme première surface de contact, le lanceur SAP Start, pour un usage axé questions-réponses.

Le partenariat SAP-Google Cloud touche plus indirectement à l’IA. Il porte la promesse d’une fédération entre le data warehouse du premier (désormais commercialisé sous la marque Datasphere) et les outils d’analytics du second, à commencer par BigQuery.

Dans le cas de Microsoft, SAP a anglé sa communication sur l’usage de l’IA générative dans la gestion des ressources humaines. D’une part, pour le recrutement ; de l’autre, pour la formation.

Sur le premier volet, on nous évoque les passerelles suivantes :

– Utilisation d’Azure OpenAI sur les données de SuccessFactors pour aider à la rédaction de fiches de poste
– Jonction entre SuccessFactors Recruiting et Microsoft 365 pour permettre d’affiner ces fiches de postes dans Word avec Copilot
– Une autre connexion avec Azure OpenAI pour aider les recruteurs à préparer les entretiens d’embauche en leur fournissant, dans Teams, des questions adaptées aux candidats

Sur la partie formation, il s’agit surtout de connecter SuccessFactors avec Viva Learning, pour créer, là encore avec Copilot, des recommandations de parcours.

LLM génériques, RAG, modèles « verticaux »… Vers une approche hybride

Sur le site commercial de SAP, la rubrique « intelligence artificielle » met désormais Joule à l’honneur. À tel point que le lien vers la page de présentation du futur assistant en a remplacé un autre, qui dirigeait vers une section dédiée à l’IA générative.

Cette dernière existe toujours. SAP y met en avant quelques cas d’usage, dont :

– Automatisation du traitement des bons de livraison dans Transportation Management
– Identification de modèles de processus et de KPI dans Signavio Process Transformation Suite
– Génération de fiches produits et d’e-mails dans Customer Experience
– Exploration de données dans Analytics Cloud

Pour ce qui est du cœur fonctionnel de Joule, on semble s’orienter vers une approche hybride, à l’image de celle que Salesforce met en œuvre avec Einstein GPT. SAP compte aussi bien affiner des LLM génériques sur des données anonymisées* que créer ses propres modèles de fondation. Tout en travaillant sur des techniques telles que le RAG (retrieval augmented generation), qui consiste à piocher dans des bases de connaissances pour contextualiser les requêtes faites aux modèles.

© SAP

SAP penche pour des « crédits IA universels »

De la même manière que chez Salesforce, le modèle économique est encore bien flou. On se dirige vers une forme de « crédits universels » (nommés « unités IA ») qu’on pourra consommer sur les SaaS de l’éditeur. Certaines offrent en incluront en standard.

Les blogs communautaires de SAP donnent une vision plus large des travaux menés dans le domaine de l’IA générative. On découvre par exemple un PoC sur la plate-forme d’e-learning Enable Now pour créer des cours.

Un autre post récent revient sur les perspectives dans SuccessFactors, non sans rappeler que du machine learning y est déjà implémenté. Entre autres, avec les fonctionnalités Job Analyzer (analyse de l’historique des candidatures pour améliorer les offres d’emploi) et Career Explorer (recommandation d’opportunités aux employés).

Les équipes de SAP abordent aussi une technologie qui sous-tend le RAG : la recherche vectorielle. Elles soulignent notamment l’intérêt d’y coupler des graphes de connaissances pour gérer les relations tabulaires.

* Ces « données anonymisées » sont celles des quelque 25 000 clients utilisateurs des technologies regroupées sous la bannière SAP Business AI.

À consulter en complément :

SAP pousse IBM Watson dans l’ombre d’OpenAI
Datasphere : SAP a-t-il trouvé la bonne recette de data fabric ?
De Google à Salesforce, chacun cherche son ChatGPT
Microsoft Copilot : où, quand et pour qui ?
Oracle rejoint la bataille de la recherche vectorielle

Illustration principale générée par IA

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