Une station de travail Power8 en approche

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IBM Power 8 (c) IBM
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Raptor Engineering réfléchit à la commercialisation d’une carte mère ATX pour stations de travail, équipée d’une puce Power8 d’IBM. Une offre puissante, ouverte, sécurisée, mais aussi assez chère.

Les RS/6000, System p et IntelliStation Power sont-ils en passe de revenir ? Pas chez IBM, qui ne compte pas se relancer dans le secteur des stations de travail Power. Ni chez Apple, qui a abandonné il y a plusieurs années le PowerPC au profit des processeurs x86.

Mais d’autres ne partagent pas cet avis. Si Tyan ne distribue pas de carte mère Power8, mais uniquement des barebones de serveurs OpenPower à 8 et 10 cœurs, un acteur américain se penche sur le secteur des stations de travail : Raptor Engineering.

Made in USA

La société affiche la couleur : le patriotisme économique, avec une fabrication assurée aux États-Unis, mais aussi sécuritaire, avec un design totalement ouvert, des plans de la carte mère, en passant par le firmware. Une offre dont le nom est évocateur : Talos Secure Workstation. Talos est le gardien de la Crète dans la mythologie grecque.

Talos Secure Workstation prendra la forme d’une carte mère ATX intégrable dans un boitier standard de PC. Son prix de 3100 dollars (environ 2800 euros HT) ne la mettra pas à portée de toutes les bourses, mais demeure raisonnable face aux plus puissantes des stations x86, comme celles d’Apple.

Les premiers benchmarks réalisés par Raptor Engineering montrent une puissance par cœur globalement à la hauteur de celle atteinte par des Xeon et Opteron de même fréquence. Voilà qui est plutôt encourageant pour une architecture processeur qui reste encore confidentielle.

IBM Power

Au menu, un processeur Power8 8 cœurs 130 W (64 threads) probablement cadencé aux alentours de 2,9 GHz ; 8 emplacements mémoire, permettant d’installer jusqu’à 128 Go de RAM ; deux ports CAPI haute vitesse et quatre connecteurs PCI Express 8x ; 6 ports SATA à 6 Gb/s, deux connecteurs Ethernet Gigabit, 6 prises USB 3.0 et une sortie HDMI.

Le tout livré avec des firmwares de premier et second niveau Open Source et non signés, qui seront donc modifiables librement. La société compte ajouter de quoi opérer du développement hardware (ports série, GPIO, suite de développement de FPGA).

D’autres versions sont évoquées, équipées de puces à 190 W comprenant 8 cœurs (3,3 GHz), 10 cœurs (2,9 GHz) et 12 cœurs (pas de données sur les GHz).

Success-story ?

Reste que ce produit n’est pas encore disponible. Raptor Engineering cherche actuellement à évaluer l’intérêt pour une telle station de travail. Les développeurs travaillant sur des serveurs Power, ainsi que certains acteurs gouvernementaux travaillant sur des sujets liés à la sécurité, pourraient être intéressés par la Talos Secure Workstation. Il leur est demandé de se faire connaître sur cette page web, afin que ce projet devienne rapidement réalité.

Les acteurs français pourraient toutefois préférer à cette offre une solution ‘made in Europe’. Par exemple à base de puce ARM serveur, avec un design de carte mère placé en Open Hardware et un firmware publié sous licence Open Source. Une offre ‘souveraine’ qui n’a pas encore soulevé beaucoup d’intérêt dans l’Hexagone, alors même qu’elle serait réalisable à coût raisonnable. Une offre similaire à Talos pourra-t-elle devenir le gardien de l’Europe ?

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Crédit photo : © IBM

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