ADSL: AOL France lance sa box. Qui ne sort pas du lot

Régulations

Très tardivement, le FAI lance son modem-routeur permettant le ‘triple-play’

AOL France veut passer à la vitesse supérieure. Absent des médias depuis plusieurs mois, le FAI veut à nouveau occuper le terrain après les multiples annonces d’Alice, Club-Internet, Free et Neuf Cegetel.

Mais la filiale française du géant américain Time Warner ne fait pas dans l’originalité. Et ses nouveautés risquent de ne pas vraiment bouleverser les consommateurs. Le fournisseur annonce ainsi sa ‘AOL box’, un modem-routeur triple-play déjà disponible chez la plupart de ses concurrents depuis plusieurs mois déjà. Seule originalité, cette box sert de base à un téléphone sans fil DECT fabriqué par Thomson via sa filiale Inventel, à qui on doit déjà la LiveBox de France Télécom. Elle permet également la téléphonie sur IP, la mise en place d’un réseau local Wi-Fi mais pour la télévision, il faudra repasser plus tard, à savoir, le premier trimestre 2006. Cette absence risque de pénaliser le FAI. Côté tarifs, AOL France propose en zone dégroupée une offre ADSL 18 Mbits/s à 19,90 euros par mois. Avec la téléphonie sur internet illimitée, le prix passe à 29,90 euros par mois. En zone non dégroupée, l’ADSL 4Mbits/s et la téléphonie illimitée sont à 44,90 euros. Là encore, le FAI ne sort pas du lot face à la concurrence. L’AOL box est vendue 49,90 euros, le téléphone DECT est proposé à 34,90 euros et la carte de communication Wi-Fi 29,90 euros. Soit un investissement de base de 114,70 euros si l’on souhaite toutes les options. Cher ! AOL semble bien conscient que cette nouvelle offre, soutenue par une massive campagne de communication, ne provoquera pas une arrivée massive d’abonnés. D’autant plus que le FAI, contrairement à ses concurrents directs, ne dispose pas de son propre réseau. Il est dépendant en termes de prix de Neuf Telecom, son dégroupeur, un point faible aujourd’hui car tous les acteurs du marché investissent dans le réseau, seul moyen selon eux de perdurer. Ainsi, Carlo d’Asaro Biondo, p-dg déclare: « Le marché français est, au moins en Europe, celui où la compétition est la plus exacerbée.Notre priorité était de conserver nos clients car le recrutement coûte cher. Notre objectif est de vendre 60.000 box d’ici la fin de l’année, nous n’avons pas d’objectif chiffré pour 2006. Aujourd’hui, nous avons un taux d’attrition parmi les plus faibles du marché, soit 1,3% en ADSL par mois alors que la moyenne du marché est entre 2,8% et 4% ». Il semble donc clair qu’AOL est en quête de rentabilité et ne peut se lancer dans une large conquête d’abonnés puisqu’il n’a pas vraiment les moyens de s’engager dans une guerre des prix. « Avec 1,2 million de clients, dont 520.000 en ADSL, nous avons 9% du marché internet français. Nous voulons conserver 8% à 10% du marché d’ici 2008 », a-t-il précisé. Il s’agira donc de convertir en priorité les abonnés bas débit du FAI, ils sont 700.000 aujourd’hui. Mais le FAI aurait pu mettre l’accent sur de nouveaux services avec par exemple une hot-line gratuite, à l’image d’Alice… Néanmoins, AOL France promet le dégroupage total pour début 2006 et compte capitaliser sur ses services existants: logiciel de navigation maison avec contrôle parental, AOL Mail, messagerie instantanée… Mais résister à des concurrents comme Alice (Telecom Italia) qui vise 500.000 clients à fin 2005 et 1 million à fin 2006 (contre 380.000 aujourd’hui) et qui va investir 350 millions d’euros dans les infrastructures ou dans une moindre mesure Club-Internet sera difficile. Quant à revenir dans le top3, occupé par Wanadoo (3,7 millions d’abonnés), Free (environ 1,3 million) et de Neuf Cegetel (850.000 à 1 million), la mission s’avère presque impossible. Tous les tarifs, toutes les offres: lisez notre dossier « Tableau de bord du haut débit ». Cliquez ici’.


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