Intel lâche le marché des smartphones et tablettes non convertibles

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Petit à petit, l’Atom cède du terrain au sein du catalogue d’Intel : serveurs, smartphones et tablettes sont progressivement abandonnés.

Nouvel épisode dans la crise qui touche Intel, premier acteur mondial du secteur des semi-conducteurs. Selon PCWorld, la firme mettrait purement et simplement fin à ses puces Atom Sofia et Broxton. Des modèles conçus pour les terminaux mobiles : smartphones et tablettes non convertibles.

Intel préférerait parier sur des puces plus rentables, proposant des marges plus intéressantes. Un choix logique. Contrairement aux concepteurs de processeurs ARM, Intel axe sa stratégie sur des processeurs de hautes performances, très rentables. Difficile dans ce contexte de conquérir les tablettes (en baisse) ou les smartphones (à la croissance nulle). Deux marchés où la concurrence devient rude et les marges très faibles pour les concepteurs de composants.

L’arrêt de ces gammes de processeurs signe dans la pratique la sortie d’Intel du marché des smartphones et tablettes non convertibles. Ce n’est pas une première, la firme de Santa Clara ayant précédemment abandonné le secteur des set-top boxes et des télévisions connectées.

Mais ce n’est pas tout : Intel met un autre coup de canif dans la gamme Atom, avec un abandon progressif des Atom X5 dédiés aux tablettes et machines convertibles. Ils seront remplacés par des Pentium et Celeron de la génération « Apollo Lake », des puces plus performantes.

Quels marchés pour l’Atom ?

La firme se recentre donc sur le haut de gamme, au détriment de ses puces Atom qui pourraient purement et simplement disparaître. Il n’y a guère en effet que dans le secteur des serveurs que les composants Atom arrivent encore à sortir leur épingle du jeu. Mais pour combien de temps, sachant que cette gamme n’est plus mise à jour et que la société mise maintenant sur ses SoC Xeon ?

Autre secteur qui pourrait sauver l’Atom, celui de l’Internet des Objets, où ces composants ont encore une carte à jouer pour faire le lien entre les x86 classiques et les cœurs Quark, bien moins performants. Ce marché reste toutefois en devenir, et ne saurait assurer la continuité des puces Atom… pour le moment.

Du netbook au néant

Big fail donc pour Intel, qui avait créé l’Atom pour investir le marché des netbooks, des ordinateurs ultraportables low cost. Un marché en grande partie tombé en désuétude sous l’impulsion d’Intel, qui avait tardé à renouveler ses gammes de puces Atom.

Depuis, les changements de stratégie ont été multiples. L’Atom, initialement pensé comme une puce économique, adoptait à ses débuts une finesse de gravure et des technologies d’ancienne génération. Plus tard, Intel a souhaité faire de cette famille de composants l’égal des Core, avec une finesse de gravure identique et des cœurs nettement plus performants.

Par la suite, certains Pentium et Celeron ont adopté des technologies issues de la gamme Atom. La boucle est maintenant bouclée, avec l’abandon progressif de cette famille de composants.

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