R&D: La France veut combler son retard

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Les crédits consacrés à la Recherche progressent. Démonstrations et chiffres à l’appui, les intervenants du 3ème colloque Stic, réunis à la Villette le 5 novembre, démontrent tous les efforts consentis pour rendre à l’innovation ses lettres de noblesse

La France a décidé de ne plus être le parent pauvre de la recherche mondiale. La troisième édition du colloque STIC placée sous l’égide de l’ANR (Agence nationale de la recherche) a pour but de faire le point sur cette question.

Le malaise des chercheurs n’est pas très loin. Leur présence aurait sans doute permis de quantifier avec plus de justesse les avancées annoncées par les participants. Si Philippe Gillet, directeur de cabinet de la ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche souligne l’importance de la création de l’ANR, il rappelle que les nouvelles technologies sont l’ « une des cinq priorités du gouvernement « .

Doté d’un budget de 23,9 milliards d’euros selon les chiffres du ministère de tutelle, le budget dédié à la Recherche et à l’Enseignement supérieur se voit complété d’une rallonge de 320 millions d’euros accordés à plus de 500 projets. Le budget consacré aux Stic (Sciences et techniques de l’information et de la communication) devrait être augmenté de 120 millions d’euros. Une succession de chiffres qui illustre la volonté gouvernementale de faire progresser la recherche.

Promis, juré, il ne s’agira pas de déshabiller Pierre pour habiller Paul. Les organismes de recherche tels que l’Inserm ou l’Inria verront eux aussi leurs budgets respectifs progresser de 11%.

La recherche est bien au centre de toutes les préoccupations. Au coeur de la compétition mondiale, les innovations françaises et européennes sont confrontées à des concurrents internationaux aussi décidés.

L’Europe reste toutefois loin du compte. Les pays de l’Union consacre 1% de leur PIB en moyenne à l’innovation alors que les Etats-Unis y consacrent environ 2,5% de leur richesse nationale. Selon les Echos,lebudget fédéral US pour l’année 2007, consacré à la recherche, devrait se situer aux alentour de 136,9 milliards de dollars dont plus de la moitié ira aux unités de recherche militaire.

L’Union européenne devrait attribuer à la recherche et à l’innovation un budget de 50,5 milliards d’euros, étalé sur une période allant de 2007 à 2013.

Ce colloque fournit aussi l’occasion aux acteurs du secteur de montrer les progrès à venir et l’approfondissement des relations entre acteurs des secteurs publics et privés. Un problème historique dans la recherche française. Alain Berthoz, neurophysiologiste, chercheur au CNRS et professeur au Collège de France, dévoile ainsi le lien grandissant qu’entretiennent les neurosciences et la réalité virtuelle. Analyser les sens humains, mieux comprendre les fonctionnalités du cerveau ou encore diminuer les attaques de paniques provoquées par l’agoraphobie, toutes ces actions sont rendues possibles par le recours à la réalité virtuelle.

Le travail de recherche se fait en collaboration avec des partenaires. « Par exemple, nous collaborons avec leCEA (Commissariat à l’énergie atomique) pour voir s’il est possible de substituer un sens par un autre par le biais de la réalité virtuelle« , indique Alain Berthoz.

Les grands acteurs du secteur public ne sont pas absents de l’innovation. David Sanz, directeur de la branche innovation et recherche de la SNCF, relate tous les moyens mis en place par son entreprise pour créer des solutions innovantes. La SNCF planche ainsi sur des projets aussi diverses que la visite virtuelle d’une gare ou la géolocalisation. Cette dernière avancée offre des applications intéressantes pour les personnes à mobilité réduite, dont la prise en charge pourrait être accélérée grâce à cette solution.

David Sanz explique que sa société a également passé du temps à concevoir une solution de connexion Internet, susceptible de permettre aux usagers qui le souhaitent, de rester connectés tout au long de leur trajet, tunnels compris. Après plusieurs essais, connexions satellites et WiFi ont été choisies pour leur côté complémentaire.

SNCF et Orange poursuivent leurs efforts sur le ‘sans contact’ Le mobile portefeuille est décidément très à la mode. Après la RATP, la SNCF y va e son expérimentations avec Orange. Muni d’un terminal ‘sans contact’ et d’une carte SIM spéciale, une cinquantaine de voyageurs de la région de Rennes, testent pendant deux mois un nouveau service. Objectif: permettre aux usagers de valider leur titre de transport avec…leur mobile. Des étiquettes NFC (Near Field Communication) dispersées dans la gare permettront également aux voyageurs équipés du terminal de connaître les horaires de leur train.Orange mène encore d’autres projets. Début 2008, la filiale de France Telecom proposera à 50 supporteurs de l’équipe de football Manchester United de tester l’entrée au stade équipés de leur seul mobile.

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