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Rencontre avec Draka, le fibreur de Free

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Ce géant hollandais est peu connu, pourtant, c’est un des leaders mondial de la fabrication de fibres optiques

Amsterdam- « Chaque jour, nous produisons assez de fibre optique pour faire le tour de la planète », annonce fièrement Karel Helsen, Vice-Président de Draka Communications. Discrète entreprise hollandaise, Draka est pourtant un géant, spécialisé dans les câbles (mais aussi dans l’énergie, les réseaux…). Il est un des leaders mondial de la fibre optique et a réalisé l’an passé 2,8 milliards d’euros de chiffre d’affaires (pour 9.500 employés)… Désormais, le groupe batave entend faire connaître son leadership…

Exemple parfait des grandes entreprises familiales hollandaises (ses fondateurs ont fait fortune dans des mines au sud du pays), Draka est en effet longtemps restée dans l’ombre mais avec l’explosion médiatique du FTTH (fibre to the home) et après une réorganisation interne, la compagnie a décidé de reprendre sa communication en main.

L’entreprise fournit de nombreux opérateurs de la planète, historiques ou pureplayers. Depuis deux ans, les projets auxquels Draka a participé en Europe (France, Espagne Irlande, Pays-Bas, Scandinavie) a permis de fibrer 200.000 personnes. Mais Draka estime que le marché européen atteindra 17 millions de foyers connectés en 2012…

En France, il fournit à Free les fibres optiques que le FAI est en train de déployer dans les grandes villes françaises. « Nous les aidons à déployer leurs réseaux et dans le même temps à améliorer leurs business cases », poursuit le VP. Avec l’essor de ce marché (évalué à 20 milliards d’euros), Draka se frotte les mains.

Le fabricant joue sur deux tableaux : les innovations techniques de ses fibres et l’accompagnement des opérateurs. Concernant la fibre, le groupe propose aujourd’hui une technologie de fabrication permettant d’augmenter sa courbure, un des problème de taille de ce câble. Trop courbée, la lumière ne passe plus ou mal, conséquence le signal est affaibli. « Notre technologie BendBrightXS permet de quasiment multiplier par deux la courbure ce qui permet un déploiement plus simple dans les appartements. Free utilise cette fibre actuellement », souligne Karel Helsen.

Le groupe a également développé de nouveau type de cassettes (les boîtiers qui renferment les fibres qui sont ensuite distribuées dans les appartements), plus petites et plus faciles à utiliser par les techniciens. Objectif : raccourcir les délais et réduire les coûts.

Selon Draka, ces différentes technologiques permettent de ramener le coût du câble fibrée à 4% du total (ou19% des matériels qui représentent eux mêmes 23% de l’ensemble).

Du côté de l’accompagnement, Draka a développé une suite logicielle (XS-Net) qui permet aux opérateurs de schématiser un réseau dans un quartier, une ville (mapping), d’anticiper sur les besoins en matériels et en travaux, d’évaluer le coût (projet, production), de gérer les matériels, de monitoriser et de maintenir les réseaux de façon interactive et de dresser des plans qui prennent en compte les informations du cadastre et des immeubles. Très pratique pour accélérer le mouvement…

Avec cette offre de bout en bout, Draka semble bien placé pour s’imposer auprès des opérateurs mais aussi des collectivités. L’équipementier participe ainsi à l’ambitieux projet CityNet qui vise à fibrer un nouveau quartier d’Amsterdam (celui des Docks). Un projet qui tranche particulièrement avec ce qui se fait en France (modèle économique, technologies utilisées…). Nous y reviendrons très prochainement avec un reportage sur place.