4e licence mobile : appel à candidature en mars ?

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Le prix du précieux sésame tournerait autour de 200 millions d’euros

Les choses s’accélèrent dans le processus d’attribution de la 4e licence de téléphonie mobile. On savait déjà que le gouvernement a opté pour l’ouverture de trois lots de 5 Mhz dont deux ouverts à tous (c’est-à-dire aux trios opérateurs en place), et le troisième réservé à un nouvel entrant“de façon à permettre une amélioration de l’offre des opérateurs”.

Comme nous l’avait confiéNathalie Kosciusko-Morizet, fraîchement nommée secrétaire d’Etat à l’Economie numérique, un débat sur la question doit avoir lieu cette semaine à l’Assemblée nationale. Reste que selon Les Echos, le calendrier concocté par le gouvernement semble bouclé.

Les fréquences pourraient être attribuées en deux temps : le lot réservé au nouvel entrant sera prioritaire et un appel à candidatures pourrait être lancé par l’Arcep, le régulateur des télécoms, dès la mi-mars pour une attribution dès cet été. Le second appel à candidature interviendrait dans la foulée.

Toujours selon le quotidien économique, le prix de la licence (619 millions d’euros) sera divisé en trois puisqu’il y a trois lots de distribués. L’opérateur qui emportera le morceau devra donc débourser environ 200 millions d’euros pour le précieux sésame. “D’une part, car il est juridiquement plus pertinent, d’autre part, car le nouvel entrant retenu pourra s’intéresser aux deux autres lots en connaissance de cause” précise une source ministérielle aux Echos.

Ce scénario semble avoir été écrit pour Free qui jusqu’à aujourd’hui est le seul candidat officiel à la 4e licence (rappelons que sa candidature avait été rejetée en 2007). Non seulement le calendrier lui est favorable mais aussi le prix. Le trublion des télécoms conditionnait jusqu’à aujourd’hui son offre sur la baisse du prix de la licence ou sur l’étalement de son paiement.

Concernant ses ambitions dans le mobile, Free ne change pas de discours: son objectif, faire baisser la facture d’un foyer de 1.000 euros par an.“C’est simple, le coût de production d’une minute de communication s’élève entre 1 et 3 centimes d’euros. Or, la minute est actuellement facturée 34 centimes au-delà du forfait. En France, les forfaits sont très élevés”, affirme Maxime Lombardini son directeur

Par ailleurs, Free confirme que ses objectifs sont nationaux :“Notre projet, c’est clairement une couverture nationale. Nous n’allons pas exclure les zones de faible densité. Au contraire, l’arrivée d’un 4e opérateur, cela veut dire plus d’argent pour réduire les zones blanches, si les autres opérateurs sont volontaires”.Néanmoins,pour parvenir à ses fins, Free devra investir au moins 1 milliard d’euros dans des infrastructures.

Reste que l’éventuelle arrivée de Free ne fait pas que des heureux. Les fédérations CFE-CGC et Unsa des télécommunications ont dénoncé une décision qui “ne pourra qu’alourdir l’ampleur des restructurations à venir”.

La CFE-CGC et Unsa “protestent énergiquement contre cette mesure, qui exonère d’emblée le nouvel entrant de tout respect du service universel et des contraintes d’aménagement du territoire”, écrivent-elles dans un communiqué. Quant à Martin Bouygues, patron du groupe du même nom, il s’emporte : “déployer un réseau 3G pour 1 milliard d’euros, comme l’affirme Free, me paraît impossible, sauf à faire le coucou sur le réseau des opérateurs en place”.


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