Agence de l’Innovation: les premiers programmes

Régulations

Le conseil de surveillance de l’Agence pour l’Innovation Industrielle (AII), réuni à Paris à l’initiative de Jacques Chirac, vient de présenter cinq projets qui ont été approuvés, huit mois après sa mise en place le 30 août 2005. 15 projets devraient être présentés en 2006

Paris– L’Agence pour l’innovation industrielle (AII), agence d’État -financée à hauteur de deux milliards d’euros par le gouvernement, dont 1,7 milliard d’euros ont déjà été versé- est au c?ur d’un programme coopératif, crée pour répondre à l’ambition gouvernementale de relancer la création et l’innovation industrielle dans l’Hexagone.

La France, dans le domaine de l’innovation, a signé de belles réussites, du dernier Airbus, en passant par le nucléaire qui reste discutable, le TGV, et bien d’autres…

Pourtant, elle est en panne : manque d’imagination ou de moyens? Difficile, voire impossible, de répondre. Cependant, c’est un fait la cote de popularité des ingénieurs “franchouillards” est toujours à son zénith.

Comme l’indique le président du conseil de surveillance de l’AII et p-dg de Saint-Gobain, Jean-Louis Beffa: “Il y a urgence ! L’innovation industrielle qui est le fait de l’entreprise est fortement liée à la recherche. Bien entendu, il est important de respecter cette séparation de la recherche pure, qui est un bien public, de l’innovation industrielle. L’AII a été créé dans le cadre de la politique économique du gouvernement pour promouvoir des programmes mobilisateurs d’innovation. La France est en retard. D’ailleurs, certaines activités sortent du pays.”

Face à l’avance de pays comme le Japon et les États-Unis dans le domaine de la recherche et du développement technologique, et à l’émergence de l’empire du Milieu et de l’Inde, la création de l’AII est donc plutôt logique et bienvenue.

Quelques-uns s’interrogeront sur la nature de l’intervention de l’État, mais Jean-Louis Beffa se veut rassurant, ainsi, il rappelle : “L’agence ne va pas définir les programmes à développer. Mais dans le domaine de l’innovation, il y a la nécessité de prendre des risques et d’avoir une vision à long terme. Si l’on regarde au Japon ou aux États-Unis, l’intervention de l’État est forte.”

En réalité, le choix des programmes est laissé aux grandes entreprises qui doivent tout de même prendre en compte la nécessité de supporter la production, pour un marché prévisionnel de 500 à 600 millions d’euros.

Pas question donc, de suivre des avancées technologiques minimes. Pour autant, les PME innovantes vont être associées à ces programmes coopératifs. Jean-Louis Beffa a ainsi insisté sur ce point “les PME sont des partenaires à part entière, tout comme les laboratoires publics. Il est important de tenir ses liens. D’où la création de pôles de compétitivité”.

Cinq projets obtiennent le feu vert de l’AII

BioHub, la valorisation des ressources agricoles par les biotechnologies, présenté par Roquette Fréres, pour un effort total de R&D de 98 millions d’euros.

Homes, “le bâtiment économe” en énergie, présenté par Schneider Electric pour l’effort total de R&D de 88 millions d’euros.

Neoval, le système de transport modulaire automatique sur pneus, présenté par Siemens pour un effort total de R&D de 62 millions d’euros.

Quaero, la recherche et la reconnaissance de contenus numériques, présenté par Thomson pour un effort total de R&D de 250 millions d’euros.

TVMSL (Télévision mobile sans limite) présenté par Alcatel pour un effort total de 98 millions d’euros.

Ces programmes, de recherche et de développement représentent un montant global de 596 millions d’euros, et bénéficient d’un soutien de l’agence de 236 millions d’euros, répartis entre subventions et avances remboursables.

À noter qu’un sixième programme de recherche et de développement, dénommé, VHD pour Véhicule Hybride Diesel Electrique et proposé par PSA Peugeot Citroën, sera soumis pour décision au prochain Conseil de surveillance de l’AII prévue au mois de mai.

A court terme ces programmes de R&D mobiliseront 770 emplois hautement qualifiés, pour leur réalisation, et créeront 230 nouveaux postes.

Leur succès permettra la création de plusieurs milliers d’emplois directs et indirects. Ils ont pour vocation de s’étendre sur une durée de cinq à dix ans, et les financements publics, de l’ordre de 25 à 100 millions d’euros couvrent une durée moyenne de cinq ans.


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