CITE DES SITES: au Québec, Internet se consomme froid

Régulations

Voyage aux pays des sites francophones, suite: du côté du lac Saint-Jean, Tadoussac, Gatineau, Trois-Rivères, jusqu’au bord du Saint-Laurent…

Internet est désormais inséparable de la presse écrite: il est son amont et son aval. Ce nouveau média doit montrer le quotidien au jour le jour, conserver sa mémoire et afficher toute information nouvelle qui sera publiée sur papier le lendemain. C’est heureusement le lot de beaucoup de publications dont j’ai déjà parlé ici dans cette chronique. Je pensais qu’il en était de même au Québec, cette immense terre francophone, trois fois grande comme la France et sept fois moins peuplée. Il n’en est rien. Est-ce le froid (j’ai vu l’autre jour sur TV5 un match de hockey sur glace qui se déroulait dans un stade à ciel ouvert du Québec, à moins 30°) qui rend si frileuse la presse québécoise ? Quelques exemples :

« Hôpital Saint-Charles-Borromée: Violence psychologique contre une patiente handicapée Se doutant que leur soeur handicapée recevait de mauvais traitements à l’hôpital Saint-Charles-Borromée, les membres de sa famille ont caché un magnétophone dans sa chambre et enregistré une série de menaces, de moqueries, de propos méprisants, violents et à caractère sexuel. » « Cher lecteur, le reste de cet article est réservé aux abonnés. Si vous êtes membre de ledevoir.com et abonné au journal, entrez votre adresse électronique pour poursuivre la lecture de cet article. » Et ceci, encore: « Un voyage légal au pays des hallucinogènes

Le Nouvelliste Trois-Rivières« Une drogue commence à faire parler d’elle en Mauricie non pas à cause de ses effets hallucinogènes semblables à ceux du LSD mais surtout parce qu’elle est légale. Son nom: la salvia divinorum également connue sous le nom de sauge des devins. « Il s’agit en effet d’une plante faisant partie des nombreuses espèces de sauge, cette épice que l’on utilise pour assaisonner nos plats. Cependant, leurs effets et leur composition n’ont rien de semblable puisque la salvia contient une substance chimique, la salvorine. Et c’est dans la salvorine que se retrouvent les effets psychoactifs recherchés. « Originaire du Mexique, la Salvia était auparavant utilisée par les chamans d’Amérique du Sud. Elle est donc très ancienne. Au Québec, on la retrouve en circulation depuis deux ou trois ans. À Trois-Rivières, elle a fait son apparition il y a un an et demi. La Salvia se présente sous forme de flocons semblables au cannabis. Il existe différentes façons de la consommer, la plus courante étant de la fumer dans une pipe.” « Pour plus d’informations, consultez Le Nouvelliste du mardi 25 novembre » Les différents quotidiens du Québec sont tous logés à la même enseigne: Le Devoir, La Presse Le Soleil, Le Nouvelliste et Le Quotidien de Saguenay qui, toutefois, traite in extenso de ce délicat problème, ô combien déconcertant: « Pleurer au moment de l’orgasme peut avoir plusieurs significations « Par Andrée Boily « Il y a une chose qui me travaille depuis longtemps et dont je n’ai jamais parlé à personne, j’aimerais avoir une explication: ma femme pleure au moment où elle est sur le point d’atteindre l’orgasme. Se peut-il qu’il y ait un rapport avec le fait qu’elle a été victime d’inceste entre 12 et 15 ans? De plus, elle a beaucoup de difficulté à s’ouvrir et à exprimer des sentiments positifs. Comment faire pour l’aider? « Jipi » Et puis, je suis tombé sur http://www.mylinea.com/journauxdumonde/ qui permet de toucher 1285 sites de journaux du monde entier et qui offre de les traduire. C’est une manne étonnante. J’ai appelé Le Monde et je suis tombé sur mon propre abonnement nominatif au Monde.fr. Ô mystères des liaisons Internet ! Il y a aussi Le Canard enchaîné qui n’a pas de site quoiqu’il y songe. Le Canard étant absent, un collaborateur de Mylinea l’a fait naître et cela donne ceci en ce moment : « La Crème de Canard ferme définitivement. Cette fermeture fait suite à une plainte portant sur la mise en ligne d’informations nominatives concernant une mise en examen. « La peine encourue étant très importante, je ne peux me permettre en tant que particulier de prendre le risque de me faire attaquer à tout moment. L’instruction suit son cours.» Sans doute pour se rentabiliser Mylinea a adjoint à son site des compléments disons galants qui gâchent quelque peu le paysage. Dommage.


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