CITE DES SITES : un 2 décembre peut en cacher deux ou trois

Régulations

Le 2 décembre, nous fêterons le 200è anniversaire du couronnement de l’empereur Napoléon Ier. Et la bataille d’Austerlitz? Et un coup d’Etat?…

Le 2 décembre 1804, se fit couronner l’empereur Napoléon Ier. Ainsi 15 ans après la prise de la Bastille, 11 ans après la mise à mort de Louis XVI, un jeune général ? il a 35 ans ? décide de devenir monarque absolu et héréditaire, plus que roi puisque, comme Charlemagne, empereur. En plus cet homme, de toute petite noblesse corse, va attribuer à satiété des titres de princes, de ducs, de comtes, titres qui ont persisté jusqu’à nos jours. On se marie volontiers entre familles d’ancien régime et familles impériales.

C’est aberrant, c’est inimaginable, c’est sans précédent mais cela est. Et ce Napoléon il n’est pas si mal que ça. C’est ahurissant tout ce qu’il a conçu et réalisé. Liste non exhaustive : le code civil, le nouveau statut de la Comédie-française, les arcs de triomphe du Carrousel et de l’Étoile, la colonne Vendôme, l’église de la Madeleine, l’Assemblée Nationale, la rue de Rivoli, et surtout un empire beaucoup plus vaste que celui de son prédécesseur Charlemagne. « S’il n’avait pas fait la guerre, il serait toujours au pouvoir » avait dit un homme d’esprit. Et Jacques Bainville, historien royaliste, ose écrire « Sauf pour la gloire, sauf pour l’art, il eût probablement mieux valu qu’il n’eût pas existé. » La toile grandoise de David, procès-verbal Nous célébrons en ce moment le bicentenaire du sacre de l’empereur dont le portrait-souvenir est le fameux tableau de David, toile immense qui se voulait le procès-verbal de la grandiose cérémonie. À correction car ( nous le rappelle ce site ) Madame Mère a été rajoutée : « J. L. David a représenté la mère de l’empereur, Madame Laetitia, dans une loge placée au dessus du sacre. En réalité la mère de l’empereur n’était pas présente au sacre, mais Napoléon a exigé que le peintre la représente sur le tableau. La famille impériale ne devait pas paraître divisée, pour deux raisons : 1- L’importance de l’événement ne permettait pas le moindre signe de désaccord. 2- Le Code civil affirmait la famille comme une base essentielle de la société. La famille devait être unie sous l’autorité du mari. » Sur le site le tableau est? interactif : il suffit de cliquer sur les principaux personnages pour obtenir des explications ! Ainsi l’impératrice, d’une éclatante beauté : « Joséphine est agenouillée sur les marches, face à l’empereur qui s’apprête à la couronner. En cela le tableau de J.L. David traduit certains aspects du Code civil, affirmant l’autorité du père de famille, sur les enfants, et sur la femme. Tableau de propagande, la femme y est présentée soumise à son mari. » Austerlitz, bataille des trois empereurs « Le 2 décembre 1805, un an jour pour jour après son sacre, l’empereur Napoléon 1er remporte à Austerlitz sa victoire la plus éclatante,nous rappelle le site Herodote « En quelques heures, sous un soleil hors saison, il vainc deux autres empereurs, François II d’Allemagne et Alexandre 1er de Russie (Austerlitz est appelée pour cela bataille des Trois empereurs). Il est en partie redevable de son triomphe à la chance et à un brouillard matinal qui a caché ses mouvements à l’ennemi. (?) « Napoléon 1er vainc les Autrichiens du général Mack à Ulm, en Bavière, le 20 octobre (mais au même moment, la flotte franco-espagnole est anéantie à Trafalgar, ruinant tout espoir de soumettre l’Angleterre). « Poursuivant les restes de l’armée autrichienne, l’empereur entre triomphalement à Vienne (c’est la première fois de son Histoire que la capitale des Habsbourg doit s’incliner devant un conquérant). (?) « Le 19 novembre, l’armée française est à Brünn (aujourd’hui, Brno, chef-lieu de la Moravie, en république tchèque). Ses premières lignes dépassent même le village d’Austerlitz, à 9 kilomètres. « Dans une situation inconfortable, Napoléon 1er veut contraindre l’ennemi à la faute pour le vaincre.(?) « Le 30 novembre, Napoléon reçoit le prince Dolgoruky et propose un armistice. Mais les Russes se montrent trop exigeants et le dialogue est rompu. La bataille aura donc lieu à l’endroit souhaité par l’empereur, avant que les Austro-Russes aient le temps d’y concentrer toutes leurs forces. « Napoléon reconnaît le terrain et prépare son plan. La nuit se passe à attendre, dans un bivouac qu’illuminent les flambeaux des soldats. « Au petit matin, comme prévu, les 40.000 hommes du général Buxdowen descendent du plateau du Pratzen pour attaquer la partie la plus faible du dispositif français, du côté des villages de Telnitz et Sokolnitz. Négligeant les avertissements de Koutouzov, les deux empereurs alliés tombent ainsi dans le piège prémédité par Napoléon. (?) Comme prévu, Davout arrive à point nommé de Vienne vers le milieu de la matinée pour prêter main forte à la division Legrand. Les Français peuvent reconstituer leurs forces après un engagement qui aura duré au total 3 heures. Au centre, tapies dans le brouillard, deux divisions de Soult attendent. « C’est sans compter avec Napoléon 1er. Accompagné de son état-major et de sa Garde Impériale, il fait mouvement dans la zone de combat. Les cavaleries des deux empereurs s’affrontent en un duel qui va durer un quart d’heure. Les Français l’emportent, la Garde russe se désorganise, la lutte pour le Pratzen est terminée. (?) « La cavalerie russe couvre la fuite d’une partie des quatre colonnes. Des soldats de celles-ci entreprennent de traverser le lac gelé de Satschan dont la glace va se rompre, bombardée par l’artillerie de la Garde. Ils se noient tristement. Toutefois, le nombre de victimes ne s’élève pas à dix mille comme annoncé dans le 30e Bulletin de la Grande Armée mais à quelques centaines. (?) « Il ne reste plus à la Garde impériale commandée par Bessières qu’à compléter la victoire, tandis que se lève un splendide soleil, en milieu de journée. La légende retiendra d’Austerlitz la harangue de Napoléon 1er à ses troupes : « Soldats, je suis content de vous. Je vous ramènerai en France. Là, vous serez l’objet de mes plus tendres sollicitudes. Mon peuple vous reverra avec joie et il vous suffira de dire : j’étais à la bataille d’Austerlitz pour que l’on vous réponde : voilà un brave !» « 50 drapeaux enlevés à l’ennemi vont orner la voûte de l’église Saint-Louis des Invalides. Le bronze des 180 canons ennemis est employé pour fondre la colonne Vendôme, à Paris (il s’agit d’une copie de l’antique colonne Trajane qui célèbre à Rome la victoire de l’empereur romain sur les Daces).» … et le coup d’Etat du Second Empire À Paris, le long du quai de la Gare, qui n’a aucun rapport avec le transport ferroviaire, on inaugura la gare d’Austerlitz. En face, il y a un bistro qui s’appelle « Au Soleil d’Austerlitz» et, un jour, Marie-Pierre de La Chapelle organisa une vente en précisant qu’elle aurait lieu le 2 décembre, anniversaire d’Austerlitz? Était-ce pour commémorer le sacre de son oncle ou la bataille d’Austerlitz que Louis-Napoléon Bonaparte, premier président de la Seconde République, décida de déclencher son coup d’État le 2 décembre 1851. Cette abominable action est plus ou moins tombée dans les poubelles de l’Histoire en dépit des écrits de Victor Hugo, “Napoléon le Petit” et “Histoire d’un Crime“. Aussi est-il bon de saluer l’existence d’une association toujours vivace qui ne veut pas refermer la plaie. Ce site nous la raconte : « Pourquoi commémorer la résistance de 1851 ? « Notre avenir, s’il se veut avenir de responsabilité citoyenne et de démocratie, se fonde sur des valeurs héritées de notre histoire. Sans naïveté ni passéisme, nous savons compter avec l’héritage. Dans cet héritage, la résistance au coup d’état de 1851, fondée sur l’espérance de la république démocratique et sociale, apporte des éléments précieux à bien des égards : la responsabilité citoyenne, l’autonomie d’initiative, la confiance dans la combativité populaire, la coordination horizontale des mouvements ne sont sans doute pas les moins importants. Quand le président Louis-Napoléon étrangla la République, la France sembla accepter le coup d’état ou s’y résigner. La France de l’Ordre, effrayée par la perspective d’une victoire démocrate aux élections de 52, accueillit avec soulagement le nouveau régime. La France républicaine attendit, en vain, que Paris donne une fois de plus le signal de la lutte. Mais, à l’initiative des sociétés secrètes de la Montagne, la résistance souleva une vingtaine de départements. Une couronne au nord du Massif Central (Loiret, Yonne, Nièvre) rejoignant les versants du sillon de la Saône (Saône-et-Loire, Allier, Jura, Ain) et du sillon rhodanien, (Ardèche, Drôme, Gard, Vaucluse, Var, Basses-Alpes) et par l’Hérault, les Pyrénées orientales, rejoignant la zone insurgée du Sud-Ouest (Gers, Lot-et-Garonne, Tarn-et-Garonne, Lot, Aveyron). Solidement tenues par la troupe, privées par la répression de chefs avisés, les grandes villes de ces régions ne bougèrent pas. D’autant que dans la région lyonnaise, la répression des insurrections ouvrières de 49 avait brisé le mouvement. « La résistance fut avant tout le fait des paysans, des artisans de la campagne et des petites villes. Très combatif (citons en particulier les soulèvements de la Drôme et du Var), et parfois victorieux (Basses-Alpes), le mouvement ne cessa que quand il apparut que Paris et la France ne suivaient pas. « Le pouvoir a justifié la terrible répression en dénonçant la jacquerie rouge, portée aux pires excès. Alors que, à l’évidence, le soulèvement populaire fut extraordinairement respectueux des personnes et des biens. « De bons esprits ont vu depuis dans le mouvement la révolte grégaire de paysans non éduqués, non politisés, suivant des chefs bourgeois. La dernière des “émotions” paysannes d’Ancien Régime. « Il nous apparaît au contraire que le mouvement résulte de la rencontre de la conscience républicaine propagée par les “élites” politiques éduquées, avec les aspirations populaires à la démocratie, à l’éducation, au mieux-être, au progrès social. Il témoigne de l’articulation complexe entre aspirations démocratiques et lutte des classes. « Par là même, après la chute de l’Empire, il a donné au parti républicain ses lettres de noblesse, liant démocratie et progrès social. Il ne nous semble pas inutile, aujourd’hui, de continuer à s’en réclamer. René Merle» On a le sens de la commémoration des dates chez les Bonaparte. Le 20 novembre 1852, le plébiscite restaure l’Empire par 7.390.000 oui et 253.000 non. Il prend effet le… 2 décembre 1852 (jour anniversaire du sacre de Napoléon 1er, d’Austerlitz et… du coup d’État) par un simple décret qui énonce : « Louis-Napoléon Bonaparte est empereur des Français sous le nom de Napoléon III»… Je ne pense pas que ce 2 décembre-là soit beaucoup célébré?


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