Free et Neuf Cegetel sur les rangs pour reprendre AOL France

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Selon des sources industrielles citées par les Echos, ces opérateurs auraient déposé des “expressions d’intérêts” pour la filiale du géant américain

Malgré les démentis de Time Warner, AOL Europe est bien en voie de démantèlement. Depuis avril, l’on sait qu’AOL aurait mandaté la banque américaine Citigroup afin de conduire la vente de ses activités en France, en Grande-Bretagne et en Allemagne.

Et le processus avance. Selon les Echos, Deutsche Telekom, Free et Neuf Cegetel seraient intéressés par la reprise d’AOL France (450.000 abonnés ADSL). Les trois opérateurs auraient déposé des “expressions d’intérêt” ce lundi pour la filiale du géant américain. “Nous regardons AOL France comme toutes les opportunités”, a déclaré Jacques Veyrat, pd-g de Neuf Cegetel, lors du Forum Economie Télécoms organisé par Les Echos. Selon le Daily Telegraph, AOL France serait valorisé à 250 millions d’euros. Si l’opération se réalisait, elle donnerait un nouveau coup d’accélérateur à la concentration du marché des FAI français. Selon les observateurs, ce marché est encore trop morcelé et à terme, seuls quelques acteurs de poids vont subsister. Le rachat d’AOL permettrait à Free de se rapprocher d’Orange (avec un total de 2,1 millions d’abonnés ADSL) ou à Neuf Cegetel de dépasser son grand rival Free avec un total de 1,7 million d’abonnés ADSL contre 1,6 pour Free. Les Echos indiquent également que AOL Grande-Bretagne suscite l’intérêt de France Télécom, de BSkyB et de BT. AOL espère tirer 1 milliard de livres de cette vente. AOL conserverait toutefois ses activités de portails généralistes et de services, désormais ouverts à tous les internautes (lire notre article). Ces éventuelles cessions s’expliquent facilement. AOL est toujours au centre des préoccupations de Time Warner. Considéré comme un boulet financier, de nombreux actionnaires du géant américain des médias réclament depuis plusieurs mois la sortie du fournisseur Internet du giron du groupe. Et cela malgré l’entrée de Google dans le capital d’AOL à hauteur de 5% pour 1 milliard de dollars. De son côté, Ed Adler, un porte-parole de Time Warner à New York a, en avril dernier démenti ces rumeurs. “Nous sommes engagés dans notre activité AOL Europe”, a-t-il déclaré. Néanmoins, AOL constitue toujours un foyer de perte pour Time Warner. Au premier trimestre 2006, la division Internet accuse une perte de 835.000 abonnés, ce qui réduit son nombre d’abonnés aux Etats-Unis à 18,6 millions, et même en Europe. Pas de surprise alors pour le chiffre d’affaires d’AOL qui a reculé de -7 %, alors que ses revenus publicitaires ont progressé de 26 %… D’autant plus que le groupe devra verser pas moins de 2,6 milliards de dollars aux actionnaires lésés lors de la fusion du siècle AOL-Time Warner. Rappelons qu’au moment où American Online fusionnait et prenait le contrôle du géant des médias Time Warner, la justice américaine démontrait que les résultats comptables d’AOL avaient été artificiellement gonflés durant 15 mois ? de 1998 à 2000 – par des budgets de publicité en ligne, fictifs ou litigieux. La vente d’AOL Europe pourrait donc permettre en partie de provisionner cette très lourde condamnation de la justice américaine.


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