HUMEUR: Internet, thèses mémoire et… fraude

Régulations

Tout le monde sait que les documents remis par les élèves du secondaire pour leurs travaux personnels, proviennent, pour une grande part, de ‘copier-coller’ issus d’Internet, ou de d’encyclopédie comme Encarta ou Larousse… Les profs, indulgents, espèrent seulement que l’élève a lu le document “pompé”!
Et pour les étudiants thésards?

Le problème devient plus grave lorsque cette pratique concerne la rédaction de thèses ou de mémoires qui concluent, assortis d’une soutenance, les études supérieures. En effet, c’est par un travail personnel de recherche ou de synthèse que se ponctue, en principe, un cycle de formation.

La rédaction d’une thèse ou d’un mémoire est destinée à valider la capacité du candidat à conduire un projet d’une certaine envergure et surtout à montrer qu’il peut mettre en ?uvre les sciences et les techniques qu’on lui a enseignées. C’est dire l’importance de ce travail. De ces travaux sont issus parfois des documents remarquables. Certains méritent d’être publiés parce qu’ils apportent un regard nouveau non conventionnel, ou parce qu’ils réalisent une synthèse sur une démarche ou une technologie ouvrant des voies nouvelles. Malheureusement, la rédaction de ces travaux est fatigante. Elle exige de la rigueur, des recherches bibliographiques, un gros effort de rédaction afin de produire un texte d’une centaine de pages. La tentation est grande de piocher sur le web des textes et de les emballer dans un contenu personnel. La démarche est d’autant plus facile à mener que certains professeurs ne prennent pas la peine de lire les thèses qui leur sont présentées et qu’ils entérinent ainsi ce qui constitue un délit de plagiat (L’article 335-3 du Code de la propriété intellectuelle), forme littéraire de la contrefaçon. Or, on décèle assez facilement les emprunts, et en cas de doute,on interroge un moteur de recherche qui a généralement la bonté de fournir l’origine du document. J’ai vu des thèses présentées sans vergogne par des étudiants, constituées à 90 % par des “copier-coller” provenant du Web, et qui en outre présentaient de nombreuses contradictions. Les jurys, lecteurs assidus de ces thèses et mémoires, trouvent pourtant un enrichissement personnel dans les travaux de leurs élèves. C’est un moyen d’accéder à des études portant sur des techniques nouvelles qu’ils ne maîtrisent pas. J’ai personnellement un souvenir précis de la plupart des travaux que mes élèves ont présentés. L’apport de documents provenant du Web est en mesure d’enrichir et d’illustrer une présentation. Pour éviter de tomber sous le coup d’une démarche illicite sanctionnée par un zéro, le plus simple est de signaler dans le texte l’origine de l’emprunt. (*) Professeur, chargé de cours, Ecole Centrale de Paris


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