LA CITÉ DES SITES : à Ouest (France) du nouveau sur Internet

Régulations

Cap à l’Ouest, pour une visite à Ouest France, un géant aux pieds? à l’Ouest

Le Nouvel Obs nous l’apprend : «

Selon la Newsletter de l’hebdomadaire Stratégies, Serge Dassault, propriétaire de la Socpresse, “est entré récemment en discussions avec le groupe Ouest France pour lui céder son pôle de journaux régionaux de l’Ouest. L’opération concernerait Le Courrier de l’Ouest (97 238 ex.), Presse Océan (53 653 ex.) et Le Maine libre (47 837 ex.), “soit un pôle de 200 000 exemplaires selon l’OJD 2003”» Et le même site fait un sondage dont voici le résultat actuel : La concentration dans les médias (Dassault, Lagardère) me fait peur : 80.5% m’indiffère : 10.4% est inévitable : 9.2%. Aujourd’hui, les quotidiens appartiennent à des groupes de moins en moins nombreux et, donc, de plus en plus riches. Autrefois, Paris-Soir appartenait à Prouvost, Le Matin à Bunau-Varilla, l’Ami du Peuple au parfumeur Coty, le Petit Journal au colonel de La Rocque, La Montagne à Alexandre Varenne, etc. Et chaque quotidien était un royaume qui assurait à son prince une importance et des revenus considérables. Tout a changé et chaque journal est la propriété d’un Charles-Quint qui ne sait plus où s’arrête son empire tant il est vaste et divers. Et existe la tentation – je suis sûr que Robert Hersant, papivore initial, l’eut – de ne faire qu’un seul quotidien national avec des “régionales” différentes selon les titres que porteraient les journaux. Voici, par www.diplomatie.gouv.fr/, une excellente définition des quotidiens régionaux : «S’ils consacrent une part de leur contenu à l’information internationale, nationale et régionale, l’essentiel des quotidiens régionaux est consacré à l’information locale. L’information régionale est liée à l’activité de la métropole régionale. Ils ne sont régionaux que par leur zone de diffusion ; ils sont locaux par leur contenu. Au minimum chaque canton, sinon chaque commune, voit son activité reflétée par le journal. Cela explique la démultiplication des éditions : 30 (en fait 42) éditions locales différentes pour Ouest-France, 11 pour La Dépêche du Midi. « Ces quotidiens proposent donc essentiellement un reflet des activités locales, susceptible de fidéliser les lecteurs. Leur contenu en devient très anecdotique : compte rendu des conseils municipaux, des assemblées générales d’associations diverses, reportage sur les fêtes et kermesses, quelques informations culturelles et, surtout, informations de services : médecin ou pharmacien de garde, cours de certains produits, carnet, spectacles, petites annonces» Le plus important des quotidiens régionaux, c’est précisément Ouest France qui, par la même occasion, a le plus fort tirage des quotidiens français, dépassant Le Monde, le Figaro et ses différents confrères parisiens qui ont toutefois plus d’importance que lui. Ouest Éclair est né en 1899 – le jour même où s’ouvrait à Rennes le procès en appel du capitaine Dreyfus – fondé par un ancien Commissaire de la Marine, Emmanuel Desgrées du Lou et par l’abbé Trochu – Léon Daudet avait dit d’un autre Trochu qu’il était le participe passé du verbe trop choir – un ecclésiastique ayant des idées de gauche, ce qui était très rare à l’époque. Devenu un grand quotidien régional, Ouest Éclair se transforma sans coup férir à la Libération en Ouest France. Le site www.france-ouest.com reflète le gigantisme de ce quotidien en racontant le journal heure par heure. Ce qui se fait et ceux qui le font. Par exemple les rédacteurs sportifs : «ils sont en grande majorité répartis sur les 12 départements que couvre Ouest-France (53 des 61 journalistes sportifs sont sur le terrain, les 8 autres sont au siège). Tout au long de l’année, ils sont assistés de 450 correspondants, qui vont les aider à couvrir l’ensemble des compétitions sportives de grand Ouest». Ouest France s’offre le luxe d’inventer un mot : UNIER. Le unier, les permanenciers «Alors que les pages du journal sont déjà transmises à la fabrication, l’arrivée tardive d’une nouvelle information nécessite de modifier certaines pages. L’information ne s’arrête jamais. Chaque soir il faut modifier le journal en cours de fabrication pour donner l’information la plus fraîche possible. Chaque soir, une garde est assurée pour modifier le contenu des éditions qui ne sont pas encore fabriquées, au cas où un événement important surviendrait. Le Unier (on ne dit pas l’unier et on prononce comme s’il y avait un h aspiré !) est le journaliste qui a en charge la réalisation de la première page : il commence son travail de maquettage dans l’après-midi. La Une est finalisée vers 21h.00. Il reste une partie de la soirée pour superviser les évolutions de l’actualité, d’édition en édition, mais aussi pour la modifier en cas d’événement important. Plusieurs journalistes, que l’on appelle des permanenciers, délégués du rédacteur en chef, restent jusqu’au lancement de la dernière édition sur les rotatives pour modifier certains articles, voire certaines pages en fonction de l’évolution de l’actualité dont ils ont connaissance par les agences de presse, les rédactions locales et les correspondants du journal en France et à travers le monde. En cas de gros événement, on peut décider de « casser la Une », c’est-à-dire de la refaire entièrement (incendie du Parlement de Bretagne, assassinat du préfet Érignac, etc.). Dans ce cas, le rédacteur-en-chef revient avec du renfort. Passé 01h.30, il est trop tard pour intervenir. Les permanenciers terminent leur journée.» «Si Ouest-France publiait toutes les informations qu’il reçoit chaque jour, le journal ferait en moyenne 550 pages, et coûterait environ 7,65 ?. Des journalistes se chargent de sélectionner les informations les plus importantes et de les rendre accessibles» Là ou le bât blesse c’est quand on s’aperçoit que beaucoup d’informations sont soumises à un péage même celles du jour. Heureusement quelques informations échappent comme «Brest-Vladivostok à vélo : record battu par un Costarmoricain (sic) ! « En ralliant Brest à Vladivostok (Extrême-Orient russe) en moins de 66 jours, Zef Jégard, résidant à Yffiniac (Côtes d’Armor), vient de battre le record de la traversée transeurasienne en vélo. Au delà du défi sportif (14 000 km), l’homme de 68 ans espérait établir un lien entre “l’Ouest et l’Est”. Cet ancien éleveur qui a pédalé pendant deux mois au rythme de 200km par jour, a avoué avoir eu des difficultés à parcourir “l’autoroute de l’Amour”, une voie russe en chantier, caillouteuse et sans ponts.» ou ce très intéressant point sur la langue bretonne : «Trois mille personnes dimanche à Carhaix pour «sauver le breton » « Langue bretonne : changer de braquet La première « Journée de la langue bretonne » a réuni 3 000 personnes sur le site des Vieilles Charrues, dimanche, à Carhaix. Un rassemblement militant et festif au cours duquel un message a été lancé : « Il faut sauver le breton.» Et changer de braquet, dit Lena Louarn, la présidente de l’office de langue bretonne. Elle s’appelle Devezh ar Brezhoneg et a l’intention de s’inscrire dans le calendrier comme « un rendez-vous incontournable », dit Anne-Lise Deléon, la jeune présidente de l’association Dazont ar Yezh, l’avenir de la langue. L’objectif de ce rassemblement : donner à voir tout ce qui se fait en breton, faire se rencontrer le maximum de brittophones. Anne-Lise Deléon, enseignante à l’école Diwan de Carhaix, s’inquiète : la langue bretonne est menacée. Pourtant « il existe aujourd’hui un consensus pour dire qu’il faut la sauver. Tant dans la population en général que chez les élus ». Alors, dit-elle, « il est temps de se donner des objectifs précis et de définir les moyens pour les atteindre. Dans les cinq départements… » Et surtout, « il n’y a pas de temps à perdre. » (?)« Il faut mettre un terme à l’effondrement du nombre de locuteurs le plus tôt possible en ouvrant de nouveaux terrains à la langue afin que l’on puisse l’utiliser en toutes occasions. Et en favorisant le lien entre les différentes générations de locuteurs. » Le débarquement de juin 1944 ayant eu lieu sur ce qui devait être une « terre » d’Ouest France un feuilleton du à Jean Quellien se déroule jusqu’à fin août, « 90 jours pour la victoire à l’Ouest » : «14 juin 1944 « Merde alors ! C’est De Gaulle ? « Le 14 juin 1944, début d’après-midi. Deux gendarmes circulent sur la route entre Bayeux et Creully. Une jeep s’arrête à leur hauteur. Un militaire portant deux étoiles sur son képi les hèle. Les pandores saluent impeccablement cet officier inconnu. «Mes amis, je suis le général De Gaulle…». Du coup, les bicyclettes tombent par terre.» La rubrique mavilletv est particulièrement réussie. De nombreux sujets sont illustrés par une vidéo. Par exemple «4 millions de sourds en France, 4000 en Loire-Atlantique dont 1000 pratiquent la langue des signes et une seule interprète pour tout le département… L’association CSCS 44 lutte pour l’officialisation de la langue des signes en instance de ratification au Sénat…» ou «La ville de Pornichet ouvre son remblai tous les mercredis de l’été à partir de 19h00 à tous les amateurs de roller : un rendez vous familial et convivial qui rassemble plus de 3000 personnes.» C’est parfait ? et gratuit? J’ajoute, pour faire couleur locale, que les « chiens écrasés » se muent ici en poissons crevés : «Après une mortalité spectaculaire de poissons durant l’été 2001, Ploërmel surveille et traite son lac dès que les algues bleues sont en surnombre.» Ouest France est une véritable armée représentée partout sur son territoire. Pensons aux correspondants locaux, régionaux – je connais celui de Cholet autrefois qui, maintenant, est un journaliste très apprécié à Paris – à toute l’équipe de Rennes où l’on ne se trompe jamais de page d’une édition l’autre, et aussi aux humbles porteurs qui, à chaque aurore, apportent aux abonnés « leur » Ouest France.


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