La Silicon Valley gatée par Bush

Régulations

Le Président des Etats-Unis a été généreux: les dépenses high-tech vont augmenter de 7%. Mais cette manne est d’abord destinée à la sécurité et à l’espionnage

Centre économique d’un État démocrate, la Silicon Valley n’a pas à se plaindre de la politique budgétaire républicaine pour 2006. Un paradoxe alors que la quasi-totalité des budgets est à la baisse.

Les dépenses high-tech progressent ainsi de 7%, ce qui correspond à plusieurs centaines de millions de dollars. Les grandes universités, les laboratoires de recherche, ainsi que les start-ups, devraient également bénéficier de la hausse de 4% (5,6 milliards de dollars) de la National Science Fondation. Mais certains domaines seront mieux lotis que d’autres. Ainsi, les firmes technologiquement les plus avancées, évoluant dans le domaine de la sécurité et de l’espionnage, qui fournissent les logiciels-espions, les drones (avions sans pilotes) et les techniques de surveillance électronique sont les nouvelles « chouchoutes » d’un gouvernement, chantre de la lutte antiterroriste et donc de l’espionnage électronique. Les gagnants de cette politique Sur la liste des bénéficiaires, le ministère de la Sécurité intérieure va recevoir 175 millions de dollars supplémentaires pour l’amélioration de la surveillance des frontières, le perfectionnement des drones et la surveillance électronique. Les firmes locales spécialisées dans ce domaine peuvent d’ores et déjà se frotter les mains. Les spécialistes, estiment aussi que le budget de In-Q-Tel, le bras capitalistique de la CIA, va connaître un nouveau déferlement de capitaux. Toutes ces sociétés sont spécialisées dans la robotique ou dans les logiciels de surveillance en ligne. Elles permettent aux espions fédéraux de mieux surveiller le Net, de façon codée et dans des langues « suspectes ». Le lobbying high-tech de Washington a donc remporté une nouvelle victoire, en faveur d’un financement dirigiste de cette industrie. Force est de constater, qu’aux États-Unis peu de voix s’élèvent pour critiquer la hausse et l’objet des dépenses fédérales.


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