Le WiMax débarque à Monaco (pour les riches)

Régulations

Monaco Telecom a réussi un test de liaison mer-terre

Après l’Orne, la Vendée et le Calavados, le WiMax (future technologie d’accès à Internet sans fil à très haut débit), est devenu une réalité à Monaco. Une réalité maritime puisqu’il s’agissait d’établir une liaison Internet à haut débit sans fil entre la mer et la terre. Une liaison image haute définition avec un bateau croisant à une vingtaine de kilomètres des côtes a été réalisée en partenariat entre Monaco Telecom et Intel.

“Le bateau était en visiophonie parfaite à 20 mégabits/seconde à une distance de 20 kilomètres et nous devrions pouvoir atteindre 70 mégabits/seconde dans un rayon d’une cinquantaine de kilomètres”, a souligné Antoine Véran, directeur général de Monaco Telecom dont l’ambition “est de bâtir un ‘Monaco Digital country’, un pays en avance sur son temps, un véritable show room des technologies de la communication”. Evolution du Wi-Fi, cette technologie hertzienne sans-fil dans la bande des fréquences de 3,5 Ghz promet un débit de 70 Mbit/s et une portée de 50 kilomètres. En réalité, les opérateurs parlent plutôt de 12 Mbit/s et de 20 kilomètres. Ainsi, avec quelques dizaines de stations de base, il est possible de couvrir tout un département. Il suffit ensuite d’installer des antennes relais sur les cheminées des habitations. A Monaco, le WiMax permettra d’abord aux richissimes propriétaires des luxueux yachts de se connecter en haut débit depuis le port par exemple. Dans cette ville, l’ADSL et l’UMTS sont pourtant déjà présents. Selon Antoine Véran, toutes ces technologies vont pouvoir coexister. “Tout sera une question de coût”, déclare-t-il. “L’utilisateur ne va pas se connecter sur WiMax à l’aide de son PDA (assistant personnel numérique) afin de passer un simple coup de fil”, ajoute-t-il. “Le WiMax n’est pas du tout en compétition avec le 3G (réseau de téléphonie mobile de 3ème génération) mais au contraire il est en complémentarité totale”, souligne Antoine Véran, précisant que cette nouvelle technologie sera commercialisée à l’aide de cartes prépayées selon des tarifs à définir. Mais cette technologie est surtout utile comme alternative à l’ADSL. “C’est très intéressant pour couvrir les zones blanches qui ne peuvent pas être desservies en ADSL par les moyens traditionnels du câblage en raison des coûts énormes que représentent ces infrastructures”, souligne Antoine Véran. Et ça marche. Altitude Telecom, seul opérateur français à posséder une licence WiMax parle même d’une “réalité du WiMax en France”. Sur les trois départements cités plus haut, Altitude Telecom a déployé cette technologie; aujourd’hui, le haut débit y est quasiment disponible pour les habitants, les entreprises ayant été servies les premières. Bref, le WiMax ouvre de réelles perspectives. Les usages se multiplient et le gouvernement l’a d’ailleurs bien compris. Le ministre de l’Equipement et de l’Aménagement du territoire Gilles de Robien a souhaité mettre à l’étude la possibilité de “confier des licences WiMax à des collectivités territoriales de niveau départemental pour qu’elles puissent utiliser cette technologie et développer leur propre réseau”, lors d’une table ronde sur le haut débit organisée par l’Autorité de régulation des télécoms (ART).


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