Les PME se réorganisent autour des Tics

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Les Tics appliquées aux secteurs d’activité traditionnelle, et aux PME. C’est l’enjeu du programme « Tic&PME 2010 » qui fait son bilan de mi-parcours

« Nous voulons simplifier, rationaliser les processus d’échange entre les donneurs d’ordre, les PME et les distributeurs. Nous cherchons l’efficacité opérationnelle au quotidien » a résumé Jean-Pierre Corniou, pour le Medef, lors d’une rencontre « TIC&PME 2010 », qui se tenait le 14 octobre à Paris.

C’était l’occasion de faire un bilan de mi-parcours et de présentation de projets pour ce programme, lancé il y a trois ans, et mené en concertation entre la DGE, Direction générale des entreprises du ministère de l’Economie, le Medef, les organismes professionnels des filières d’activité, les collectivités territoriales, et avec le soutien des éditeurs de logiciels. Son objectif : inciter : inciter les acteurs d’une même filière à mutualiser leurs efforts pour développer les outils dont elles ont besoin, dans le cadre des standards internationaux.

Au total, une vingtaine de filières de secteurs d’activité traditionnelles, comme l’aéronautique, la chaussure, l’emballage ou encore les jouets, se sont mobilisés dans le cadre de ce programme. Deux types de projets ont été développés : certains visent à optimiser les échanges au sein d’une même filière, d’autres concernent toutes les entreprises.

Le projet Tracenet, par exemple, porté par la Fédération française des industries jouet –puériculture, concerne spécifiquement le secteur du jouet, caractérisé par une très forte saisonnalité des ventes, qui se concentrent autour de Noël, et un réseau de distribution hétéroclite.« Auparavant ,nous travaillions en nous envoyant des mails, des CDRom, des catalogues papier… » explique Annie Schouttenten, représentante du projet.

La concertation des acteurs du secteur a permis la constitution d’un catalogue électronique qui facilite le dialogue. Lorsque les distributeurs s’y connectent, ils peuvent obtenir des données plus complètes, fiables et à jour. Et la suite du projet concerne la gestion de la supply chain, pour résoudre des problèmes de réassort, source de perte de chiffres d’affaires, ainsi que les relations avec l’administration.

Au-delà de l’amélioration des performances d’une filière, l’adoption de standards, peut même ouvrir de nouveaux marchés. C’est le cas du « passeport du bovin » pour le secteur agricole, prévu par le projet Res-Agri, pour faciliter l’exportation dans des pays qui exigent de vérifier la tracabilité des produits.

Projets intersectoriels

Le projet interfinance, porté par Edifrance, avec le Crédit Agricole, Eurofactor et l’éditeur de logiciels SAGE, est un projet intersectoriel qui vise à répondre à un enjeu stratégique : permettre aux pme d’être plus facilement financées. Pour ce, « il s’agit de traiter la facture dématérialisée, encore peu diffusée dans la société » explique Rui Texieina Guerra, coordinateur du projet.

En effet, une étude a montré que les PME trouvent peu d’intérêt à cette pratique, et peu d’outils simples. Le projet, qui est encore à un an de sa réalisation, consiste donc à identifier les standards applicables, liés au processus de facturation, de financement et de paiement. Car, si, pour la facture, les travaux d’Edifrance fournissent un standard de facture intersectoriel, international, simple, il n’en est pas de même pour les processus de financement. « Nous sommes donc entrain de d’écrire le message de « cession d’une facture », qui permettra à une PME de céder la facture à une société d’affacturage. Nous créons de nouveaux échanges ». Le projet a déjà abouti à la production d’un « guide d’implémentation de la facture simple ».

Un autre projet e-export PME, vise à faciliter l’intégration des tics pour le commerce international dématérialisé, en traitant les aspects commerciaux, légaux, techniques et de gestion.

D’après la DGE, le travail collaboratif mené au sein des filières a déjà produit, au-delà d’un socle de connaissance indispensable,« la division par 5 du temps de traitement des commandes dans l’horlogerie »,et « la réduction d’un facteur 10 des erreurs de conception grâce à la conception collaborative dans l’aéronautique ».


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