Linux ? ‘Non ! Je reste fidèle à Microsoft’?

Régulations

Tout le monde ne cède pas aux sirènes de Linux et du logiciel libre? De nombreux acteurs de l’informatique et de l’Internet restent fidèles à Microsoft. Pourquoi ? Nous avons rencontré l’un d’entre eux, une SSI de province, Add-on Multimédia

Meung-sur-Loire, à quelques kilomètres d’Orléans, une petite ville historique en bord de Loire, au charme suranné, et qui respire un calme tout provincial. Nous y avons rencontré Christian Effoudou, d-g d’Add-On Multimédia, une SSII qui emploie six salariés et vient de fêter son dixième anniversaire.

Loin des débats sur Linux et l’Open-source, et loin de la concurrence parisienne, ce manager tient un discours qui a le mérite d’être clair : fidélité à Microsoft, et rien que Microsoft ! Un lien historique Lancée en 1994, la SSII a suivi le parcours classique de la fin du vingtième siècle, développer pour le ‘off line‘ sous Windows 3.x, puis 2000 et NT, puis basculer sur le ‘on line‘ avec un premier site réalisé ? “bricolé !” – dès 1997, mais faisant déjà appel aux bases de données. Aujourd’hui, Add-On Multimédia exerce trois métiers : le développement, l’hébergement et la connectivité. Parmi ses clients, quelques PME de province, mais surtout des grandes entreprises, comme Ineo (électricité) ou Harrys (pain de mie), ainsi que tous les sites Web des réseaux d’un grand constructeur automobile. Mais là, silence sur le nom de ce client -prudence et discrétion de l’hébergeur ! Côté développement, parcours identique, avec une acquisition progressive des compétences sur les bases de données, d’Access à SQL, passage par Internet, les systèmes serveurs et ASP.NET. Pourquoi Microsoft ? Pour Christian Effoudou, au-delà des liens historiques avec les outils de Microsoft, travailler avec le premier éditeur mondial présente de nombreux avantages, dont le moindre n’est pas l’accumulation de compétences durant ces dix années. Et il ajoute: “On s’habitue aussi au confort !“. Travailler avec Microsoft, c’est d’abord profiter du support performant de MSDN et des mises à jour. “Il y a des gens (chez Microsoft) très compétents. Le support technique est de très très grande qualité. Pour nous, développeurs, c’est primordial“. Et les clients ? Et l’engouement pour Linux et l’Open-source ? Sur le terrain, Add-On Multimédia ne ressent pas la concurrence de Linux ! “C’est de la politique ! On ne joue pas avec les ‘Fortune 500’. L’informatique chez nos clients, c’est un outil, pas une fin en soi, s’ils pouvaient s’en passer, ils le feraient !“. L’Open-source ? “Le jour où il y aura autant d’applications sous le domaine libre que sous Microsoft, il faudra se poser la question. Mais Microsoft proposera toujours des solutions. Il y a bien l’adoption des ERP et CRM, mais personne ne sait vraiment s’en servir. Même chez Microsoft, car personne n’est formé sur la ‘business intelligence’. Ça dépendra de l’attitude des clients et de la maîtrise des SSII“. Loin des géants de l’informatique et de leurs gros partenaires SSII, Microsoft Business Solution reste encore exotique, toujours en phase de déploiement. “Adapter l’entreprise aux outils de traitement de l’information, ça ne marche pas ! Je reste confiant. Si les solutions de Microsoft sont de bonnes solutions, elles s’imposeront“. Christian Effoudou n’envie pas ses confrères qui ont fait le pas vers Linux et le libre. “Les vendeurs sur les plates-formes Linux n’ont pas de solutions à proposer. C’est la faille générale de l’Open-source face à Office“. Et puis, l’Europe favorise les regroupements des entreprises de même taille, donc les PME se tourneront toujours vers les petites SSII. “Ce qu’on oublie le plus souvent dans ces stratégies, ce sont les relations humaines et la confiance dans la personne qui vend“. Et l’argument du prix de l’OS et des logiciels libres?? “Le prix de possession des systèmes est le même, quel que soit l’environnement, l’ERP ou le CRM“. “J’ai essayé Linux, mais j’ai renoncé !” Christian Effoudou l’admet: ayant cédé à la curiosité, il a installé une distribution de Linux, pour voir ! “C’est un dilemme ! Adopter Linux, ce serait remettre en cause nos connaissances. Et la démarche est faussée par le coût d’acquisition des compétences. Et puis, je n’ai pas retrouvé mes marques“. “Je ne vois pas d’intérêt à avoir une plate-forme Linux ! C’est plus complexe que de comprendre le système Apple ! Linux, c’est une planète à part. Sans parler des applications, plus complexes sur le noyau Linux“. Non, finalement, vous ne ferez pas changer Christian Effoudou d’avis. Il restera fidèle à Microsoft, c’est un choix stratégique et réfléchi. Tout n’est pas si rose sur la planète Microsoft !

Faire le choix de Microsoft, ce n’est pas non plus si simple ! Add-On Multimédia a choisi de confirmer son engagement auprès du premier éditeur mondial, de qualifier ses connaissances sur l’environnement Windows, et vise la certification MCP.

Pour cela, la SSII joue le jeu, paye ‘cher’ le support, suit les formations dispensées par Microsoft ? sauf que parfois ces formations ne sont pas géographiquement accessibles, voir dans certains domaines inexistantes – se présente aux examens de certification sur Windows Server, .NET, SQL Server ou Windows XP. “Et c’est pas facile !“. Ça l’est d’autant moins que Microsoft a changé ses règles pour l’attribution des certifications. En particulier, Microsoft exige la certification de deux personnes par module. “Le programme ne privilégie pas les petites SSII. Nous avons six salariés, je ne peux pas mobiliser un tiers de mon staff pour suivre les formations et passer les examens“. Par contre, la certification MCP apportera des avantages certains à la SSII, comme aux 900 qui ont suivi le programme. Parmi eux, l’inscription sur les bases de données de Microsoft. Et puis, le support pour tous les collaborateurs, et une seule licences pour tous, une sacrée économie pour une SSII qui est fière de rappeler que chaque logiciel utilisé par l’entreprise a sa licence. MCP, c’est surtout la reconnaissance d’une compétence, associée à la présence du logo Microsoft sur les documents de la SSII certifiée. Sans oublier les ‘leads‘, les demandes de clients que Microsoft renvoie sur son réseau. Seulement voilà, “Les critères d’éligibilité restent difficilement accessibles aux petites sociétés“. D’autant plus que pour une SSII, la compétence ne se mesure pas seulement sur un module, mais sur un ensemble, comme le cumul du développement, de l’environnement, des réseaux et des bases de données, mais se signifient rien seules? Deux certifications obligatoires pour chaque module, faites le calcul ! “Mais, bon, on va y arriver, dans le temps?“.


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