L’italien Wind est désormais égyptien

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L’acquisition de l’opérateur télécoms, filiale d’Enel, est sur les rails. Elle sera finalisée au plus tard lors au premier semestre 2006

Le très long feuilleton de la cession de Wind semble se terminer. Sa maison mère, le groupe d’énergie italien Enel a accepté l’offre de Weather Investments, un fonds d’investissement égyptien. D’ici l’été, 62,7% du capital de l’opérateur passera sous pavillon égyptien. Le solde sera réglé au premier semestre 2006.

Weather Investments, dirigé par l’homme d’affaires Naguid Sawiris paiera le prix fort: 12,14 milliards d’euros, dont 7,4 milliards de reprise de dette. Wind est le troisième opérateur mobile italien et le deuxième dans la téléphonie fixe. Il compte 12,6 millions de clients. En mars, Enel avait reçu deux offres provisoires pour sa filiale, l’une de Weather, l’autre du fonds américain de capital-risque Blackstone. Ce dernier semble avoir été écarté après une dernière offre à 11,9 milliards d’euros. Pour Enel, la solution égyptienne présenterait un plan industriel plus séduisant notamment en opérant une fusion avec Orascom, l’opérateur téléphonique contrôlé par Weather Investments (17 millions d’abonnés dans 21 pays contre 9 millions il y a un an). Par ailleurs, en cédant Wind, Enel prendra 50% d’Orascom. Une très bonne affaire! Avec l’apport de Wind, Orascom pourra revendiquer une porte-feuille de 30 millions d’abonnés. Naguid Sawiris a pour ambition de créer un opérateur présent sur tout le bassin méditerranéen. Il est déjà présent, via Orascom, en Algérie, au Bengladesh, en Irak, en République Démocratique du Congo, en Tunisie, au Zimbabwe…. Wind est lourdement endetté: 6,6 milliards d’euros à la fin septembre 2004. Le groupe a réalisé en 2003 un chiffre d’affaires de 4,383 milliards d’euros, en hausse de 11,8% sur 2002 et a subi une perte nette de 588 millions en 2003, réduite par rapport aux 900 millions perdus en 2002. La société prévoit d’atteindre un résultat net positif pour 2005. France Télécom, un temps interressé…

Entre la fin 2004 et le début 2005, des rumeurs concernant l’éventuel intérêt de l’opérateur français sur son concurrent italien se sont multipliées. Il faut dire que les deux groupes ont une histoire commune. On se souvient que France Télécom, pressé de reconstruire sa trésorerie, avait cédé ses parts dans Wind (26%) il y a deux ans, à Enel. Le montant de la vente s’était élevé à 1,5 milliard d’euros. Enel et France Télécom s’étaient alliés il y a six ans pour lancer Wind, le deuxième opérateur télécoms italien. Ce dernier est devenu le numéro trois des mobiles en Italie (8,1 millions d’abonnés) et le numéro deux de la téléphonie fixe.


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