Microsoft : bilan 2007 et feuille de route 2008

Régulations

Une année chargée se termine pour l’éditeur? Une année nouvelle, riche en
nouveautés, commence… En voici les jalons

>>En page 2 : la ‘roadmap’ de Microsoft pour 2008 >>>

L’exercice 2007 de Microsoft, clos à fin juin, aura été des plus riches : lancement de 40 nouveaux produits – dont Windows Vista, Office 2007, Windows Mobile 6, SharePoint Server 2007, ou encore des solutions de sécurité et de management -, nombreuses acquisitions, et 13.000 embauches directes.

Le résultat ne s’est pas fait attendre, Microsoft a enregistré au cours de l’exercice 2007 une croissance à deux chiffres de ses revenus, de plus de 15%, donc nettement supérieure au marché.

Et pour Microsoft France ? Laurent Delaporte, directeur général adjoint de la filiale, ne cache pas non plus sa satisfaction: “Microsoft est le numéro un des entreprises où il fait bon travailler“. Et avec ses 1.200 salariés, Microsoft France a quasiment enregistré “le même rythme de croissance qu’au plan mondial.”

Nous avons même enregistré des croissances supérieures à 20 % sur certaines lignes stratégiques, comme SQL Server, les outils développement, de management, ou encore notre ligne Business Solution (ERP).

L’année 2007 aura surtout été marquée par le lancement des dernières évolutions de deux produits phares de l’éditeur, le système d’exploitation (OS) Windows Vista et la suite bureautique Office 2007, “Un vrai succès” pour Laurent Delaporte.

Les chiffres Windows Vista

Vista affiche 60 millions de licences à fin juin, avec un rythme d’adoption doublé par rapport à Windows XP, affirme l’éditeur. L’OS serait présent sur 77% des PC vendus en France. Les 2,1 millions de composants matériels aujourd’hui reconnus lui assurent également une compatibilité matérielle à 96 %. S’agissant des logiciels, 95 % du top 300 des applications grand public sont désormais supportées et 100 % du top 50 des applications critiques d’entreprises.

Petit bémol, cependant, Vista reste pour le moment principalement cantonné sur les nouveaux PC. “Vista est principalement supporté par les nouveaux PC et l’équipement des PME. Et 80 % des revenus de la division Windows proviennent pour le moment des OEM“, nous a confié Microsoft.

Et pour les entreprises ? “Les grandes entreprises sont toutes en phase de test et le taux de renouvellement des licences Software Assurance est des plus élevé. Mais nous ne pouvons pas encore faire état physiquement de gros déploiement…

Office 2007

Côté Office 2007, l’éditeur annonce 70 millions de licences à fin juin, avec une évolution de croissance supérieure à 10 %. “Cette nouvelle version a également marqué une évolution de notre mode de commercialisation, avec 8,5 millions de téléchargements pour tester le produit“. En revanche, Microsoft se refuse à publier le taux de transformation des versions ‘tests’ en versions ‘commerciales’ avec acquisition de licence…

Dernier point, Laurent Delaporte a tenu à rappeler le succès de SharePoint Server 2007, qui affiche un taux de croissance supérieur à 35 % avec un chiffre d’affaires de 800 millions de dollars.

La stratégie S+S de Microsoft

La stratégie de Microsoft s’inscrit désormais dans une équation simple, S+S (Software + Services). Elle est tournée vers les usages, le logiciel pour un usage en ligne ou local, et des services pour un usage en ligne de ‘services Web’.

Notre challenge est de permettre utilisation on line/off line de nos produits, selon le choix de l’utilisateur, et avec les mêmes fonctionnalités. Cela demande des technologies spécifiques et des technologies serveurs pour s’appuyer sur des serveurs, tourner sur le poste de travail, et être accessible en ligne.

Moteur de croissance, la stratégie S+S de Microsoft s’appuie à la fois sur une évolution sensible des habitudes de consommation, la consumérisation, et sur son écosystème partenarial auquel l’éditeur reste fidèle. Même si de toute évidence le monétisation des services demeure un point sensible et flou sur lequel Microsoft doit encore travailler.

Microsoft fait ici le simple constat qu’une application ou un service devront désormais se décliner sur non plus deux mais trois supports dans l’architecture du système d’information, tout en proposant les mêmes fonctionnalités : le serveur, le poste de travail et le Web.

On retiendra en particulier le focus de Microsoft autour de quatre axes, qui vont guider ses développements et les prochaines annonces : les services aux personnes, les services aux développeurs, les services aux entreprises et les services aux intégrateurs.

Ajoutons ce difficile constat : “La consumérisation est un accélérateur de la consommation, mais c’est également une pression sur les entreprises, qui doivent continuer d’apporter plus de garantie de sécurité et de confidentialité“.

Sur son écosystème, Microsoft ne cache pas son ambition de développer de nouveaux partenariats autour des services Web et du développement Web. C’est l’exemple des communications unifiées, qui reposent sur Exchange Server 2007 en interne ou hébergées, ainsi, que sur Office Communication Server 2007 qui sera annoncé prochainement. Une réponse à la pression des entreprises sur l’infrastructure de leurs systèmes d’information.

Quid de la sécurité ?

A notre remarque sur la disparition du focus sur la sécurité qui dominait lors des précédents points annuels de Microsoft, Bernard Ourghanlian, directeur technologie et sécurité de Microsoft France, nous a confié comme une boutade : “Si on en parle moins, c’est a priori un bon signe !

En réalité, “la sécurité est un voyage, pas une destination“. Les menaces sont toujours présentes, les ‘hackers‘ mafieux toujours plus actifs, les autorités manquent toujours autant de ressources. Et de constater le réel déficit de communication et de sensibilisation des utilisateurs sur les problématiques de sécurité.

D’autant plus que “les attaques sont de plus en plus ciblées“, ce qui les rend plus difficiles à détecter et à contrer. Avec un regret pour Microsoft, que la loi française n’exige pas, comme c’est le cas dans certains Etats américains, que les cas de failles de sécurité et de vols de données soient rendus publiques par les entreprises et organisations qui en sont victimes.

Mais là, Microsoft n’y peut pas grand-chose, en dehors d’être l’un des acteurs de l’industrie les plus actifs…

>>>A suivre en page 2 la ‘roadmap’ 2008 de Microsoft >>>


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