Microsoft fait-il du spam anti-Linux?

Régulations

Microsoft fait du ‘Canada Dry’ marketing avec l’e-mail anti Linux de Steve Ballmer: il a la forme du spam, il a le goût du spam, et s’il ne provenait de Microsoft, ce serait du spam !

Voici qui ressemble à une anecdote, en marge du débat Windows contre Linux relancé par Steve Ballmer:

La semaine dernière, Microsoft a expédié à la communauté technologique pro Windows une ‘executive letter‘ de Steve A. Ballmer. Le mémo (lire nos articles) est destiné à argumenter contre Linux et l’Open source. “Je vous écris à vous et aux autres décisionnaires et professionnels (IT) pour partager quelques données autour de ce choix clé, et pour vous donner des exemples de clients qui ont choisi la plate-forme Windows plutôt que Linux“. Où est l’anecdote ? Et bien Microsoft aurait expédié cette missive sans respecter les règles du CanSpam Act, la loi fédérale américaine contre le ‘spam’, ces e-mails non sollicités envoyés en masse. Nombreux sont en effet les dirigeants d’entreprises américaines qui ont reçu ce mail sans l’avoir sollicité – ils ignoraient même qu’ils figuraient dans les fichiers de Microsoft ? et surtout l’e-mail ne disposait pas de l’option de désabonnement imposé par le loi. C’est du Canada Dry version Microsoft : il a la forme du spam, il a le goût du spam, et s’il ne provenait pas du premier éditeur mondial, ce serait du spam ! Bref, piégé? Depuis un an, Microsoft fait pourtant l’éloge du CanSpam Act ! La réaction à cette ‘erreur’ ne s’est pas fait attendre, mais paradoxalement elle n’est pas venue des opposants à Microsoft, en particulier de la communauté de l’Open source, mais des militants anti-spam et… opposants au CanSpam Act (nous ne sommes plus à un paradoxe prêt !). En effet, nombreux sont les opposants à cette loi qui a démontré son inefficacité (lire nos articles). Selon eux, le CanSpam Act fait la part belle aux grands groupes en les autorisant par leur notoriété à partir de l’opt-out (l’internaute doit indiquer ‘a fortiori’ qu’il ne souhaite pas recevoir d’e-mail en provenance de cette entreprise, et non s’inscrire ‘a priori’ pour recevoir l’e-mail) à pratiquer un spam ‘légal’. L’e-mail de Microsoft est l’exemple type des dérives marketing d’un ‘spam’ qui ne s’annonce pas comme tel. Il a la forme et contenu du ‘spam’ ? envoie en masse et pas de possibilité de se désabonner ? mais comme il provient d’une firme de forte notoriété, ce n’est pas du ‘spam’ ! On pourra argumenter qu’il s’agit d’une erreur, même les plus grands en commettent – et c’est très probablement le cas pour Microsoft, vu l’aspect exceptionnel de ce courrier…


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