Mobiles: l’Europe de l’Est s’y met aussi

Régulations

Si les solutions mobiles font rage en Europe Occidentale, elles pointent aussi le bout de leur nez sur l’Europe de l’Est. L’expansion des parcs GSM est là pour le prouver

Les marchés télécoms les plus actifs se situent entre le détroit de Bering et l’Oural. La Russie, mais aussi l’Ukraine, l’Azerbaidjan, le Kazakhstan et la Biélorussie, ont ouvert leur marché national à la concurrence si bien que de nombreux opérateurs s’y sont engouffrés. Il faut dire qu’avec une population consolidée de quelque 225 millions d’individus, et un taux de croissance moyen du parc des mobiles de 17 % l’an, il y a de quoi faire. D’autant plus que cette croissance continue du secteur télécoms ne s’est pas démentie sur les deux dernières années. C’est ainsi que sur le premier semestre 2003, sur l’ensemble des pays de l’ex URSS, le nombre d’abonnés aux services mobiles a grimpé de quelque 34 %. Qui plus est, ce score remarquable arrive pile après un doublement du parc sur 2001-2002.

Mais que font les opérateurs occidentaux ? Ceci n’empêche pas les opérateurs historiques européens de témoigner un intérêt pour le moins tiède sur ce marché, à l’exception toutefois de Deutsche Telekom et des scandinaves Telenor et Telia Sonera, lesquels ont pris quelques participations sur les opérateurs locaux (surtout dans les pays baltes). En bref, les grands gagnants de ce formidable marché sont les opérateurs locaux tels que MTS, VimpelCom et megaFon sur la Russie ; Kievstar et UMC (filiale de MTS) sur l’Ukraine ; Fintur et sa filiale Azercell sur l’Azerbaïdjan, K-Cell au kazakhstane et Velcom en Biélorussie. Tous ces opérateurs se font une concurrence acharnée, ce qui profite non seulement aux abonnés, puisque les prix baissent rapidement, mais également aux opérateurs eux-mêmes car ils doivent faire assaut de services pour maintenir leur part de marché. Conséquence: ils font désormais partie du ‘top 20’ mondial des opérateurs GSM. Des programmes nationaux ambitieux La concurrence n’est cependant pas le seul facteur qui provoque une telle évolution des services mobiles, les programmes de certains gouvernements y sont aussi pour beaucoup. C’est le cas notamment de la Russie, de la Biélorussie et de l’Ukraine. Ces trois voisins ont mis en place des programmes spéciaux baptisés e-programmes afin de stimuler l’e-commerce dans leurs contrées. L’objectif est de créer une infrastructure d’infocommunications optimale pour permettre la communication la plus ouverte et la plus directe possible entre les organisations gouvernementales et les citoyens. Et le but -inavoué?- c’est aussi, et surtout, de combler au pas de charge la fracture numérique entre l’Europe de l’Ouest et l’Est. D’où d’importants investissements effectués sur les infrastructures et, du fait du passage imminent aux services mobiles 2,5 et 3G, l’opportunité de proposer des services mobiles à foison. Quelques chiffres repères

Pays / Population / Abonnés GSM / Taux pénétration /Licences 3G ( M= millions) Russie /145 M / 31 M / 42% / 1er sem. 2004 Ukraine / 48 M / 4,5 M / 9% / fin 2004 Kazakhstan / 15 M / 1,1 M / 7% /(CDMA) fin 2003 Azerbaïdjan / 7,5 M / 1 M / 12% / nc Biélorussie / 10 M / 0,8 M / 8% / nc ( Source: J&M Conseil )


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