Nicolas Petit, Windows Mobile : ‘La 2e vague des applications mobiles va déferler’

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A l’occasion du salon Mobile Office, le directeur de la division mobilité de
Microsoft France revient sur l’état du marché et les attentes des entreprises

En quelques années, Microsoft et son Windows Mobile s’est fait une place au soleil dans le domaine de la mobilité, notamment en multipliant les accords avec les fabricants de combinés. Mais si tout le monde parle de ‘bureau mobile’, l’adoption de solutions qui vont plus loin que le simple (mais utile) push e-mail est encore loin d’être une réalité.

Pour Nicolas Petit, nouveau patron de la branche Mobilité de Microsoft France (qui n’a pas fait d’annonce majeure lors de ce salon), les entreprises sont aujourd’hui prêtes à aller plus loin alors que de nouvelles applications métiers permettent une véritable valeur ajoutée en terme de retour sur investissement, principale angoisse des décideurs.

Comment observez-vous le marché de la mobilité professionnelle aujourd’hui ?

Il y a encore 18 mois, on parlait encore d’émergence, aujourd’hui, les conditions ont changé. 2007 sera certainement l’année du véritable décollage du bureau mobile, un décollage qui ira au-delà de la messagerie, même si, c’est cette application qui explose aujourd’hui.

Les applications métiers déployées que l’on peut observer sont encore assez basiques, quels types de solutions seront proposés à l’avenir ?

La première vague concernait les métiers de la logistique, de la maintenance. Désormais, une nouvelle vague va déferler: elle concernera les entreprises en phase de renouvellement et celles qui passent le cap d’un déploiement.

Outre l’extension de flottes mobiles dédiées à la maintenance et à la logistique, de nouvelles applications multitâches vont apparaître. Je pense notamment à des solutions CRM combinées à la géolocalisation et pourquoi pas au géomarketing. Il s’agira également d’intégrer des applications de type vidéo, photo ou RFID à ces nouvelles applications. Grâce aux nouveaux terminaux et aux réseaux rapides type 3G ou HSDPA, on combinera différents éléments existants pour déployer des projets dotés de richesses applicatives. Par exemple, le terminal pourra accompagner tout le cycle de vie d’un produit.

Pour autant, les entreprises ne se jettent pas sur ce type de solutions, quels sont les freins à l’adoption ?

La tarification de la data constitue le principal problème. Les entreprises veulent être rassurées et borner leurs dépenses. Or, en l’état actuel des choses, c’est quasiment impossible. On comprend alors pourquoi certains projets, notamment dans la logistique, utilisent avant tout le Wi-Fi pour échanger des données.

Les opérateurs mobiles doivent aller vers plus de simplicité et de flexibilité. Les entreprises veulent que les formules illimitées grand public via des forfaits soient adaptées au monde professionnel. On risque de se diriger vers un modèle de facturation de l’accès, comme pour l’ADSL, même si ce n’est pas la panacée.

Le manque d’interlocuteur unique représente le deuxième frein. Les entreprises, notamment les plus petites, ne savent pas vraiment à qui s’adresser: opérateur, intégrateur, éditeur ? Il est nécessaire de leur proposer des partenaires identifiés, labellisés et proches, un référent unique qui les accompagne de bout en bout avec des solutions packagées.

Enfin, les a priori sur le coût des déploiements, le coût d’acquisition et le retour sur investissement sont encore nombreux. Nous estimons que nos solutions permettent un ROI moyen de 30% sur 1 à 4 mois. Ces données sont encore peu connues.

Comme vos concurrents, vous attaquez fortement le marché grand public en portant notamment les services Live chez les opérateurs. Le gâteau sera-t-il assez gros pour tout le monde ?

Ce marché est en effet stratégique. L’activité pro de Windows Mobile représente 35% de notre activité. Le reste est généré par des professionnels qui passent par le circuit grand public pour s’équiper et par le grand public. Ce marché exige désormais de retrouver sur son mobile les services qu’il utilise su r son PC.

Les opérateurs mobiles ont bien essayé de développer leurs propres services mais cela n’a pas marché. Ils sont besoin de nous pour animer leurs bases de clients. D’où les accords entre Microsoft et Orange pour Messenger ou avec le MVNO Ten. Pour le moment, les opérateurs vont au plus simple et il y a de la place pour un certain nombre d’acteurs. Mais à terme, je pense que les opérateurs proposeront tout l’éventail des services Web disponibles.

Live Messenger est disponible chez Ten, chez Bouygues et chez Orange suite à un accord signé en grandes pompes. A quand chez SFR ?

On y travaille. C’est vrai qu’au départ, SFR privilégiait la solution Vodafone. Mais depuis l’accord avec Orange, SFR a repris les discussions avec nous.


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