Nokia: une entreprise ‘comme il faut’ – jusqu’en Chine?

Régulations

Un documentaire pointe l’environnement déplorable des sous-traitants chinois. Diffusion ce jour -heure tardive

Au départ, une idée louable. Soucieuse de surveiller ses partenaires et leur éthique, Nokia, premier fabricant mondial de mobiles, a décidé d’aller inspecter ses sous-traitants, notamment en Chine. Il s’agit de répondre à la pression de plus en plus grande des consommateurs et surtout des fonds de pension, principaux investisseurs des géants industriels, qui désormais mettent en avant les bons comportements socio-économiques…

Convaincue que ses sous-traitants ne sont pas d’infâmes et impitoyables exploiteurs, la firme a autorisé un documentaliste et ethnologue, Thomas Balmès, à suivre les responsables éthiques de Nokia dans leurs pérégrinations chinoises. Elle s’en mord les doigts aujourd’hui. Car la situation n’est pas à l’honneur de Nokia. Le documentaliste suit pas à pas les employés de Nokia. Et les déconvenues s’accumulent très vite. Dans une usine de Shenzhen, qui s’occupe de produire des chargeurs, l’ambiance et les conditions de travail s’apparentent à celles d’un camp de travail. Les salariés, uniquement des femmes, n’ont pas de contrat, touchent un salaire de misère, sont mal nourries, vivent sur place, entassées, travaillant 10 heures par jour, 6 jours sur 7. Les produits chimiques sont stockés dans les toilettes, la chaleur est étouffante. Lorsque l’aimable finlandais tente de discuter avec l’une d’entre elles, il doit le faire en présence du directeur chinois de l’usine. “Je veux juste assister aux entretiens, je suis sûr que cela leur est égal parce que je suis avant tout leur ami”, dit-il. Bien sûr! Et lorsque ces fournisseurs apprennent que le film n’est pas destiné à un usage interne, le ton change radicalement… Thomas Balmès estime néanmoins que Nokia n’est ni pire ni mieux que les autres. “C’est le rapport aux profits que j’ai voulu évoquer dans ce documentaire. En le découvrant, les dirigeants de Nokia n’ont pas caché leur malaise à l’égard de leurs sous-traitants”. Pourtant, la fin du documentaire se passe de commentaires: conscientes de la futilité de leur mission et des risques de manipulations, les deux “experts” éthiques décident de quitter Nokia. Contre Courant: “Une Entreprise Comme Il Faut”, vendredi à 23h50 sur France 2


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