PeopleSoft conclut avec Oracle pour 10,3 milliards de dollars

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Les deux conseils d’administration se sont finalement mis d’accord. PeopleSoft baisse les bras mais Oracle déboursera 10,3 milliards de dollars pour avaler son challenger!

Coup de théâtre. Oracle annonce ce lundi la conclusion définitive de son offre de rachat hostile sur son concurrent et challenger PeopleSoft. L’éditeur des bases de données professionnelles a déclaré avoir signé un accord sur la base de 26,50 dollars par action portant le montant total à 10,3 milliards de dollars. Une somme historique.

Le groupe dirigé par Larry Ellison a donc une nouvelle fois ré-évalué son offre afin de faire céder son concurrent; la dernière en date valorisait PeopleSoft à hauteur 9,2 milliards de dollars. Théoriquement, cette offre devait être la dernière. La toute première, lancée à l’été 2003 proposait la moitié: 5 milliards de dollars! Le dernier obstacle en date, le refus du conseil d’administration de PeopleSoft, a donc été levé. La transaction sera bouclée début janvier. PeopleSoft a confirmé l’opération, ajoutant que l’offre révisée apporterait une bonne plus-value à ses actionnaires. Sans blague? Cet accord historique met fin à 18 mois de luttes intenses entre les deux groupes, PeopleSoft ayant systématiquement refusé les avances d’Oracle. Mais les uns après les autres, les obstacles à cette méga-fusion ont été levés. Les autorités américaines et européennes ont donné leur feu vert, rejetant donc les arguments de risque de monopole avancés par PeopleSoft. En novembre dernier, Oracle obtenait l’adhésion de 60,8% de part des voix des actionnaires de PeopleSoft, suite à une dernière offre à 24 dollars par action. Mais le conseil d’administration y était toujours opposé, brandissant son arme: la “pilule empoisonnée” ou “poison pill”. On se souvient que pour tenter de bloquer l’OPA, la direction de PeopleSoft avait engagé l’entreprise à verser un dédommagement à tous ses clients en cas de cession à un acheteur. Cette clause, si elle avait été appliquée, aurait coûté une petite fortune au nouveau groupe. La dernière offre d’Oracle, à 26,50 dollars par action, a finalement fait la différence. PeopleSoft a accepté, abandonnant cette fameuse clause de blocage. Larry Ellison a donc réussi son ambitieux pari: Oracle retrouve sa place de numéro 2 comme éditeur de logiciels pour entreprise -rang que lui avait ravi durant quelques mois PeopleSoft lorsque ce dernier, en juin 2003, avait pris le contrôle de JD Edwards. Desormais les deux groupes pèseront 12,7 milliards de dollars de chiffre d’affaires annuel et 2,9 milliards de profits nets. Il s’explique aujourd’hui: “cette fusion marche parce que nous aurons plus de clients, ce qui accroîtra notre capacité à investir dans le développement d’applications et les services de support”,. Harry You, le directeur financier, a précisé que la fusion avec PeopleSoft permettrait des économies substantielles au niveau des coûts de marketing et une réduction d’environ 150 à 200 millions de dollars des frais de recherche et développement du nouveau groupe. Il faudra également compter avec des suppressions d’emplois même si l’on n’en connaît pas encore le nombre: “A l’évidence nous n’avons pas besoin de deux p-dg ni de deux directeurs financiers. Des emplois seront supprimés chez PeopleSoft, et chez Oracle aussi”, a souligné Lary Ellison. Oracle emploie 41.658 personnes, PeopleSoft, 11.779. En France, pour l’heure, PeopleSoft se refuse à tout commentaire. Résultats en nette progression

Une bonne nouvelle n’arrive jamais seule. Oracle annonce un bénéfice par action en hausse de 35% au deuxième trimestre de son exercice, grâce à une demande toujours soutenue pour ses logiciels de base de données. La firme californienne a annoncé un bénéfice net de 815 millions de dollars, ou 16 cents par action, contre 617 millions de dollars (12 cents par action) un an plus tôt. L’éditeur de progiciels a déclaré que son chiffre d’affaires avait grimpé de 10% sur la période, à 2,76 milliards de dollars. Sa marge opérationnelle au deuxième trimestre est montée à 41% contre 37% un an plus tôt.


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