Plan de Continuité d’Activité : les entreprises françaises en retard?

Régulations

Face à l’évolution des grands risques, le développement de plans de
continuité et leurs mises en commun sont indispensables

Inondations géantes, catastrophes climatiques, pandémies, attaques terroristes…, autant de risques auxquels les entreprises doivent faire face. Les causes de sinistres se multiplient et deviennent de plus en plus imprévisibles.

Pour les entreprises, la question de la continuité d’activité dans un contexte de crise devient donc de plus en plus critique. Car le secours informatique n’est pas suffisant, il faut assurer la continuité des métiers.

Mais si les entreprises britanniques ou américaines ont déjà mis en place des PCA (Plans de Continuité d’Activité), en France où l’on parle plus volontiers de PRA (plan de reprise d’activité) , on observe, paraît-il, un certain retard en la matière.

Car la continuité d’activité est un ensemble complexe. Il ne s’agit pas seulement de prendre des mesures préventives mais aussi et surtout de prévoir les scenarii de crise, de maintenir les prestations de services essentielles de l’entreprise et d’assurer la reprise d’activité. D’où l’importance stratégique de la fonction de RPCA ou Responsable du plan de continuité d’activité.

Selon une étude réalisée auprès de RPCA d’une centaine d’entreprises par le Club de la Continuité d’Activité (lire notre encadré), seulement 63% des sondés affirment que la fonction de RPCA est affectée à un poste dédié. “Savoir que 37% des entreprises interrogées n’ont pas de poste dédié pour cette fonction est plutôt inquiétant”, s’alarme Tarek Akrout de Devoteam Consulting, membre du club.

Pire, seulement 51,5% des RPCA interrogés déclarent que leurs rôles et responsabilités sont décrits dans une fiche de poste; Traduction : un peu moins de la moitié de ces responsables n’a pas une vision détaillée de ses missions ! “Ce qu’on leur demande n’est pas clair !”, poursuit le spécialiste.

Il faut dire qu’en France, la prise de conscience, est récente. “Les création des postes de RPCA ont commencé à décoller après les attaques du 11 septembre 2001”, précise Tarek Akrout.

En effet, 70% des RPCA interrogés indiquent que leur poste ou leur fonction a été créé entre 2001 et 2004.

Pour autant, si les RPCA ne sont pas présents dans toutes les grandes entreprises, leur niveau de responsabilité est élevé. Plus de 50% des RPCA sont rattachés à la direction générale ou à la direction des risques.

Par ailleurs, ils ne travaillent pas de façon isolée. 52% des RPCA interrogés disposent de collaborateurs (en moyenne 2). Surtout, 65% d’entre eux s’appuient sur des relais, comme des correspondants PCA, en moyenne 13.

Pour le Club de la Continuité d’Activité, si la fonction de RPCA commence à s’imposer en France, il reste beaucoup de travail à faire. “Les liens avec les services du gouvernement, notamment avec la Défense, doivent être beaucoup plus étroits afin que les plans mis en place soient efficaces. Par ailleurs, les entreprises travaillent encore chacune dans leur coin. Il faut partager et mettre en commun les connaissances et les réalisations dans ce domaine. C’est ce que font les banques car elles en ont l’obligation. Si un grand sinistre, comme une pandémie de grippe aviaire par exemple, n’est pas gérer en coordination, ce sera la catastrophe”, conclut avec angoisse Tarek Akrout.

Le Club de la Continuité d’Activité Conscient des enjeux stratégique de cette fonction, trois responsables de l’offre PCA de Devoteam ont créé en 2006 le Club de la Continuité d’Activité. Cette association réunit une soixantaine de RPCA français et européens afin de partager les visions et pérenniser les actions.Trois groupes de travail thématiques se réunissent tous les mois et rédigent bonnes pratiques ou livres blancs. Pour plus d’infos…

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